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Tampons pĂ©riodiques: Un documentaire qui oublie l’essentiel
C’est une belle occasion manquĂ©e. Le mardi 25 avril, France 5 diffusait un documentaire intitulĂ© « Tampon, notre ennemi intime » (1). En cause, la composition des tampons pĂ©riodiques, accusĂ©e d’ĂȘtre Ă  l’origine de deux pathologies : le syndrome du choc toxique et l’endomĂ©triose (voir encadrĂ©). De fait, une opacitĂ© intolĂ©rable rĂšgne sur la composition de ces protections bien qu’elles soient en contact Ă©troit et prolongĂ© avec les muqueuses. Alors que le moindre savon doit dĂ©tailler ses ingrĂ©dients, l’étiquetage de ces produits, qui n’appartiennent pas Ă  une catĂ©gorie encadrĂ©e par une rĂ©glementation spĂ©cifique (comme les cosmĂ©tiques), reste dĂ©sespĂ©rĂ©ment muet. Les femmes ont beau rĂ©clamer la transparence, notamment via une pĂ©tition qui a dĂ©jĂ  recueilli prĂšs de 300 000 signatures (2), rien ne bouge, ni du cĂŽtĂ© des fabricants, ni du cĂŽtĂ© du lĂ©gislateur. Une surditĂ© incomprĂ©hensible qui attise lĂ©gitimement l’inquiĂ©tude.

Pour autant, ce documentaire fait fausse route en Ă©tablissant de maniĂšre aussi insistante un lien entre les deux pathologies et la composition chimique des tampons. Ayant publiĂ© un article et un test sur les tampons l’annĂ©e derniĂšre, et n’étant pas parvenus Ă  la mĂȘme conclusion, nous avons recontactĂ© deux des chercheurs interrogĂ©s par notre consƓur. Le professeur GĂ©rard Lina d’abord. Ce mĂ©decin qui, au Centre de rĂ©fĂ©rence des staphylocoques Ă  Lyon, recense les dĂ©clarations de cas de syndrome du choc toxique (SCT), tient Ă  apporter d’emblĂ©e une prĂ©cision : « Il ne faut pas confondre les cas dĂ©clarĂ©s et les cas tout court. Nous avons bien enregistrĂ© une augmentation : on passe de 2 Ă  5 dĂ©clarations par an au dĂ©but des annĂ©es 2000 Ă  une dizaine en 2005-2009 et 17 l’an dernier. Mais comme ce n’est pas une maladie Ă  dĂ©claration obligatoire, il n’est pas possible de dire si cela reflĂšte une hausse rĂ©elle des cas ou si les mĂ©decins les dĂ©clarent davantage, tout simplement parce que notre centre est dĂ©sormais mieux connu. Ou encore parce que la maladie est mieux diagnostiquĂ©e car elle a Ă©tĂ© trĂšs mĂ©diatisĂ©e rĂ©cemment. » Sur le lien entre composition chimique des tampons et syndrome du choc toxique, lĂ  encore, son discours diffĂšre de celui du documentaire : « C’est une hypothĂšse parmi d’autres, mais les autres ont Ă©tĂ© passĂ©es sous silence. La flore vaginale des femmes concernĂ©es pourrait ĂȘtre en cause, de mĂȘme que le mode d’utilisation des tampons, indĂ©pendamment de leur composition. »

Concernant l’endomĂ©triose aussi, Dominique Lison, le chercheur belge prĂ©sentĂ© comme soupçonnant une culpabilitĂ© des dioxines parfois retrouvĂ©es dans les tampons, est formel : « Nous avons cherchĂ© Ă  savoir s’il y avait un lien entre cette maladie et l’utilisation de tampons et n’en avons pas trouvĂ©. Il est bien exact que nous avons mis en Ă©vidence un lien entre risque d’endomĂ©triose et taux de dioxines dans le sang, mais les traces de ces substances toxiques retrouvĂ©es dans certains tampons sont infimes par rapport Ă  ce que peut nous apporter l’alimentation. »

Ces approximations sont d’autant plus gĂȘnantes qu’à aucun moment n’est Ă©voquĂ©e l’hypothĂšse rĂ©guliĂšrement avancĂ©e par les chercheurs, en particulier pour le syndrome du choc toxique : une cause mĂ©canique. La directrice du Centre de rĂ©fĂ©rence des staphylocoques, Anne Tristan, nous le rappelait l’an dernier : « Le facteur que l’on retrouve systĂ©matiquement, c’est le port prolongĂ©. MĂȘme si les tampons Ă©taient 100 % coton, cela ne changerait rien. L’atmosphĂšre confinĂ©e, le fait que le vagin soit totalement “bouchĂ©â€ et que les tissus, trĂšs vascularisĂ©s, ne soient pas oxygĂ©nĂ©s, favorise la production de la toxine par la bactĂ©rie. »

Si on peut donner un conseil aux femmes, c’est de ne jamais dĂ©passer 4 heures de port. Cela aussi bien pour les tampons que pour la coupe menstruelle, le nouveau dispositif en vogue depuis quelques annĂ©es. Plusieurs cas de syndrome du choc toxique ont Ă©tĂ© dĂ©crits avec le port d’une coupe. Et, contrairement Ă  ce qu’a prĂ©tendu le gynĂ©cologue invitĂ© en plateau aprĂšs la diffusion du documentaire, la durĂ©e d’utilisation des protections n’est pas fonction de l’abondance du flux de chaque femme ! Le repĂšre de 4 heures maximum vaut pour toutes. C’est le message Ă  faire passer en prioritĂ© si on cherche avant tout Ă  informer les femmes.

Syndrome du choc toxique et endométriose

Nous avons alertĂ© les femmes sur le syndrome du choc toxique et l’importance, pour l’éviter, de changer frĂ©quemment de tampon, dĂšs
 1992 ! Cette maladie est provoquĂ©e par une toxine produite par une bactĂ©rie, le staphylocoque dorĂ©. Elle se caractĂ©rise par une forte fiĂšvre, des symptĂŽmes de type gastroentĂ©rite, une Ă©ruption cutanĂ©e fugace (donc pas toujours remarquĂ©e) et une sensation de malaise gĂ©nĂ©ral. Ses consĂ©quences peuvent ĂȘtre graves.
L’endomĂ©triose est une maladie gynĂ©cologique qui touche une femme sur dix. LiĂ©e Ă  la prĂ©sence de tissu semblable Ă  la muqueuse utĂ©rine en dehors de l’utĂ©rus, elle se caractĂ©rise par des douleurs invalidantes et peut conduire Ă  l’infertilitĂ©. Ses causes, probablement multiples, sont mal connues.

Notes:
(1) . Rediffusion le jeudi 11 mai Ă  23h55.
(2)
https://www.change.org/p/rendre-visible-la-composition-des-tampons-et-serviettes-hygi%C3%A8niques
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Fabienne Maleysson


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Étiquetage nutritionnel simplifiĂ©: Le modĂšle officiel dĂ©jĂ  adoptĂ© par 4 grandes marques alimentaires !
Trois ans aprĂšs la pĂ©tition lancĂ©e par 31 sociĂ©tĂ©s savantes, l’UFC-Que Choisir et de nombreuses autres associations, en faveur d’une information nutritionnelle comprĂ©hensible, les engagements signĂ©s aujourd’hui en prĂ©sence de la Ministre de la SantĂ© M. TOURAINE et de l’UFC-Que Choisir, mettent enfin en application les enseignements des expĂ©rimentations consacrant la supĂ©rioritĂ© du modĂšle ‘Nutriscore’.

‱ L’intĂ©rĂȘt nutritionnel d’un aliment en un coup d’Ɠil : les tests sur les consommateurs montrent que cet Ă©tiquetage Ă  la fois synthĂ©tique et coloriel est le mieux compris par les consommateurs pour traduire simplement et immĂ©diatement la valeur nutritionnelle d’un aliment. Lorsqu’il sera apposĂ©, il permettra d’éclairer les consommateurs et de lutter contre certaines idĂ©es reçues, par exemple sur les plats cuisinĂ©s, en dĂ©cernant des macarons verts au Chili con carne Auchan, au couscous marocain de Fleury Michon, au petit salĂ© aux lentilles de la marque ‘Claude LĂ©ger’ d’IntermarchĂ© ou encore au cassoulet toulousain de la marque ‘CĂŽtĂ© Table’ de Leclerc !

‱ Une comparaison facilitĂ©e entre produits : les tests rĂ©vĂšlent Ă©galement que ce modĂšle est de loin le plus efficace pour aider les consommateurs Ă  classer les aliments selon leur intĂ©rĂȘt nutritionnel. Ainsi pour le petit-dĂ©jeuner, on prĂ©fĂšrera pour une consommation quotidienne par exemple le pain de mie complet ‘Epi d'or’ de Leclerc, les tartines craquantes au blĂ© complet ‘Chabrior’ d’IntermarchĂ© ou encore les muffins Ă  toaster nature de chez Auchan qui, mĂȘme avec un ajout de confiture, prĂ©senteront une pastille vert clair. On ne s’interdira pas pour autant le plaisir de manger les crĂȘpes fourrĂ©es chocolat ‘Rik & Rok’ d’Auchan, ni les biscuits ‘P'tit DĂ©li’ choco noisette de Leclerc, mais informĂ© par leurs macarons orange clair, on les consommera un peu moins souvent ou en portions plus rĂ©duites.

‱ Le modĂšle officiel, seul rempart contre la cacophonie nutritionnelle : si les nombreux modĂšles d’étiquetage proposĂ©s jusqu’alors (par ex. ‘Nutricouleur’ promu par 6 sociĂ©tĂ©s agro-alimentaires2, ‘Nutrimark’ de Leclerc, ‘NutrirepĂšre’ de l’Association Nationale des Industries Alimentaires, les ‘RepĂšres Nutritionnels Journaliers’ utilisĂ©s par de nombreux industriels et ‘Sens’ de la FĂ©dĂ©ration du Commerce et de la Distribution) ont pu un moment contribuer aux discussions, le dĂ©bat est maintenant clos ! C’est pourquoi, le maintien d’autres modĂšles concurrents, Ă  l’instar de ce qu’ont dĂ©jĂ  annoncĂ© Coca-cola, NestlĂ©, Mars, Mondelez, Pepsico et Unilever, va contre l’intĂ©rĂȘt des consommateurs en les empĂȘchant de comparer les produits. L’étiquetage nutritionnel ne saurait en effet ĂȘtre un banal outil de promotion marketing ou pire pour certains professionnels un moyen de maquiller la vraie valeur nutritionnelle d’un produit par le biais de tailles de portions irrĂ©alistes. En tout Ă©tat de cause, l’UFC-Que Choisir ne manquera pas de s’élever contre l’utilisation de tout autre modĂšle d’étiquetage nutritionnel.


Alors que les maladies liĂ©es Ă  la mauvaise qualitĂ© de notre alimentation constituent plus que jamais un problĂšme majeur de santĂ© publique, l’étiquetage nutritionnel simplifiĂ©, au cĂŽtĂ© d’autres mesures (Ă©ducation, dĂ©pistage et prise en charge de ces maladies, lutte contre la sĂ©dentaritĂ©, encadrement du marketing Ă  destination des enfants 
) est un outil particuliĂšrement efficace pour aider les consommateurs Ă  rĂ©Ă©quilibrer leur alimentation, mais aussi une puissante incitation pour les industriels Ă  amĂ©liorer leurs recettes. Dans ce contexte, l’UFC-Que Choisir :
- Se félicite des engagements pris par Auchan, Fleury-Michon, Intermarché et Leclerc,
- Appelle les autres fabricants et distributeurs Ă  se rallier rapidement au modĂšle d’étiquetage officiel en l’apposant sur leurs produits,
- En attendant, invite les consommateurs qui le souhaitent Ă  utiliser son calculateur nutritionnel basĂ© sur le ‘Nutriscore’3.

Notes:


1 Soit en l’apposant directement sur les emballages de leurs produits soit, dans le cas de Leclerc, sur les sites Internet des magasins drive.
2 Le systĂšme d’étiquetage basĂ© Ă  la portion ‘NutrirepĂšre’ a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© en mars 2017 par Coca-cola, NestlĂ©, Mars, Mondelez, Pepsico et Unilever.
3 L’algorithme du calculateur nutritionnel, consultable sur le site quechoisir.org, est conforme aux dispositions du projet d’arrĂȘtĂ© dĂ©finissant le nouvel Ă©tiquetage officiel français. Pour le moment, il conserve le visuel du modĂšle ‘5C’ proposĂ©e en 2015 par le Prof. S. HERCBERG. Ce visuel est cependant trĂšs proche et en cohĂ©rence avec celui retenu pour le modĂšle officiel ‘Nutriscore’.
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Perturbateurs endocriniens: Quand Bruxelles joue avec notre santé
BientĂŽt huit ans que les autoritĂ©s europĂ©ennes ont promis de prendre Ă  bras-le-corps le problĂšme des perturbateurs endocriniens. Huit ans et, concrĂštement, rien n’a changĂ© pour les citoyens, qui continuent Ă  y ĂȘtre exposĂ©s quotidiennement. C’est par un rĂšglement publiĂ© en octobre 2009 que tout commence. Il concerne les pesticides et interdit que soient approuvĂ©es pour cet usage les substances « considĂ©rĂ©es comme ayant des effets perturbateurs endocriniens pouvant ĂȘtre nĂ©fastes pour l’homme ». Dans les annĂ©es qui suivent, des restrictions similaires apparaissent dans la rĂ©glementation sur les biocides (1), les produits cosmĂ©tiques ou les substances chimiques en gĂ©nĂ©ral (Reach). Mais pour encadrer les perturbateurs endocriniens (PE), encore faut-il les identifier. La science qui Ă©tudie ces substances est jeune, en pleine construction, il n’existe pas de liste officielle et mĂȘme pas encore de dĂ©finition rĂ©glementaire. La Commission doit donc en Ă©tablir une, qui servira de base aux rĂ©glementations Ă  venir. C’est ce Ă  quoi elle aurait dĂ» s’employer sans dĂ©lai, avec le concours des scientifiques les plus reconnus, puisque l’Union est supposĂ©e « garantir la protection de la santĂ© humaine dans toutes ses politiques ». Mais « les institutions europĂ©ennes n’ont pas le budget pour payer des experts indĂ©pendants, du coup elles travaillent avec quiconque veut bien faire profiter de son expertise gratuitement. Une aubaine pour les scientifiques payĂ©s par ailleurs par des industriels », dĂ©plore Martin Pigeon, chargĂ© de l’agroalimentaire Ă  l’association Corporate Europe Observatory, qui met au jour le pouvoir des groupes de pression.

Un sujet explosif

Pour ceux qui s’intĂ©ressent Ă  la façon dont l’Union lĂ©gifĂšre, ce dossier va devenir un cas d’école. Car le sujet est explosif : si la dĂ©finition des PE est large, de trĂšs nombreuses substances chimiques pourraient en faire partie, avec les contraintes rĂ©glementaires et les impacts Ă©conomiques que cela implique. Mois aprĂšs mois, le processus va s’enliser, pris en otage par des luttes d’influence sans fin aux dĂ©pens des citoyens europĂ©ens. Conflits entre directions de la Commission et entre États membres, selon qu’ils prĂ©fĂšrent prĂ©server la santĂ© ou le business, coups tordus des diffĂ©rents lobbies (produits chimiques, matiĂšres plastiques, pesticides, cosmĂ©tiques
) : tout concourt Ă  retarder la dĂ©cision, comme le dĂ©taille de façon trĂšs prĂ©cise la journaliste StĂ©phane Horel dans son livre Intoxication (2). Fruit d’une enquĂȘte minutieuse, l’ouvrage dĂ©crypte les stratĂ©gies des lobbies industriels pour instiller dans les esprits le doute sur la nocivitĂ© des PE et se prĂ©munir contre des rĂ©glementations trop rigoureuses. Le point culminant de cette guĂ©rilla rĂ©side dans une attaque aussi massive qu’inĂ©dite : Ă  l’initiative de scientifiques largement financĂ©s par l’industrie, une lettre ouverte paraĂźt simultanĂ©ment dans 14 revues de toxicologie, remettant en cause la particularitĂ© des PE et invoquant, de façon trĂšs surprenante de la part de scientifiques, le « bon sens ». Les chercheurs indĂ©pendants spĂ©cialistes de la question ont beau rĂ©agir vertement, appelant Ă  la transparence sur les conflits d’intĂ©rĂȘts et fustigeant le mĂ©lange entre science et politique, le mal est fait. En septembre 2013, la Commission dĂ©cide de demander une Ă©tude d’impact pour mesurer l’effet des diffĂ©rentes options ­rĂ©glementaires qui s’offrent Ă  elle. « En gĂ©nĂ©ral, nous estimons que de telles Ă©tudes constituent un outil pour amĂ©liorer les politiques publiques, prĂ©cise Pelle Moos, responsable de ce dossier au Beuc (Bureau europĂ©en des unions de consommateurs), dont l’UFC-Que Choisir est membre fondateur. Mais en l’occurrence, il s’agit d’une manƓuvre de l’industrie et de certaines personnes au sein de la Commission pour retarder et finalement faire dĂ©railler le processus dĂ©mocratique. C’est inacceptable ! »

La Commission condamnée pour avoir failli

Un avis partagĂ© par de nombreuses parties prenantes, Ă  commencer par le ­gouvernement suĂ©dois qui, soutenu par plusieurs pays, dont la France, et par le Parlement europĂ©en, traduit la Commission devant la Cour de justice de l’Union europĂ©enne au motif du retard pris Ă  lĂ©gifĂ©rer sur la dĂ©finition des PE. Fait rarissime, en dĂ©cembre 2015, la Cour condamne la Commission pour avoir failli Ă  son obligation. DĂ©montant un Ă  un tous ses arguments, elle l’invite Ă  respecter l’équilibre entre le bon fonctionnement du marchĂ© intĂ©rieur et le niveau Ă©levĂ© de protection de la santĂ© humaine, animale et de l’environnement prĂ©vu par les textes, et souligne que l’impact Ă©conomique ne doit influer en rien sur la dĂ©finition de critĂšres scientifiques. La Commission ne peut plus reculer. En juin 2016, elle prĂ©sente une proposition de dĂ©finition des PE
 et dĂ©clenche un concert de protestations. Le projet prĂ©voit que soient considĂ©rĂ©es comme PE les substances qui rĂ©pondent Ă  trois conditions : un mode d’action endocrinien, un effet indĂ©sirable sur la santĂ© humaine et l’existence d’un lien de causalitĂ© entre les deux. Cette troisiĂšme condition est inacceptable aux yeux des experts indĂ©pendants, car la preuve est quasi impossible Ă  apporter scientifiquement. Ou alors cela peut prendre des gĂ©nĂ©rations comme le montre le cas du distilbĂšne, dont les effets dĂ©lĂ©tĂšres ne sont apparus que dans la descendance des femmes qui en ont pris pendant leur grossesse. « Les critĂšres exigĂ©s par la Commission sont trop stricts pour protĂ©ger les populations. Elle a mis la barre si haut que mĂȘme les produits chimiques pour lesquels il existe des preuves sĂ©rieuses de leur toxicitĂ© auront des difficultĂ©s Ă  l’atteindre », s’inquiĂšte alors l’Endocrine Society, une sociĂ©tĂ© savante regroupant des mĂ©decins et chercheurs de tous pays. De fait, avec cette dĂ©finition, mĂȘme le bisphĂ©nol A, dont aucun scientifique sĂ©rieux ne conteste les propriĂ©tĂ©s de perturbation endocrinienne, passerait entre les mailles du filet !

Un projet de rùglement favorable à l’industrie

Comme le gouvernement français, le Beuc et bien d’autres, l’Endocrine Society prĂ©conise une classification semblable Ă  celle des ­cancĂ©rogĂšnes (certain, probable ou possible). Un moyen de taper vite et fort sur les PE les plus prĂ©occupants et de prĂ©voir des contraintes rĂ©glementaires adaptĂ©es aux Ă©volutions des connaissances scientifiques pour les autres. Las, Bruxelles fait la sourde oreille : par deux fois, en dĂ©cembre et fĂ©vrier dernier, elle publie un nouveau projet de rĂšglement mais sans prendre en compte cette proposition. « Refuser la classification graduĂ©e est trĂšs choquant, s’indigne le Pr Bernard Jegou, directeur de recherches Ă  l’Inserm et Ă  l’École des hautes Ă©tudes en santĂ© publique. S’il faut que des preuves formelles soient apportĂ©es avant que la rĂ©glementation se mette en place, on va attendre 20 ans ! Les preuves scientifiques sont au centre de mon travail et de mes convictions, mais l’incertitude est consubstantielle Ă  la science. Au lieu d’en tenir compte, la Commission s’embourbe dans les contre-feux mis en place par l’industrie. Le poids des lobbies et le cynisme de ce qu’elle est en train de mettre en place sont intolĂ©rables. » Le mot est faible : loin de dessiner des critĂšres plus protecteurs pour la santĂ© humaine, la proposition de dĂ©cembre prĂ©voit, contre toute logique, (Ă  part celle du lobby phytopharmaceutique) une tolĂ©rance pour les pesticides conçus pour agir comme perturbateurs endocriniens sur les ravageurs ! Une dĂ©rogation qui n’a « aucune raison d’ĂȘtre » selon les autoritĂ©s françaises, qui ont fait savoir leur opposition. Reste Ă  espĂ©rer que la vigilance de notre gouvernement sur ce dossier perdurera quel que soit le rĂ©sultat de l’élection prĂ©sidentielle.
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Fabienne Maleysson


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Perturbateurs endocriniens: Comment s’en prĂ©munir ?
L’effet des perturbateurs endocriniens est particuliĂšrement dĂ©lĂ©tĂšre pendant certaines « fenĂȘtres d’exposition » : la vie fƓtale (d’oĂč l’importance pour les femmes enceintes d’ĂȘtre vigilantes), les premiĂšres annĂ©es de vie et la pubertĂ©, qui dĂ©bute parfois dĂšs huit Ă  neuf ans. L’enfant n’est pas Ă  l’abri, car son systĂšme nerveux est en dĂ©veloppement. On peut donc considĂ©rer que la pĂ©riode Ă  risque s’étend de la conception Ă  la post-pubertĂ©. Celles et ceux qui projettent d’avoir un enfant doivent aussi ĂȘtre prudents, car l’exposition prĂ©conceptionnelle des parents pourrait avoir des rĂ©percussions sur l’enfant. Pour les autres pĂ©riodes de la vie, la littĂ©rature scientifique est moins abondante. Voici les bons rĂ©flexes pour circonscrire l’exposition aux PE.

Alimentation

- N’utilisez pas de rĂ©cipients en polycarbonate. Ils contiennent du bisphĂ©nol A. Ils portent parfois le sigle PC ou le chiffre 7 Ă  l’intĂ©rieur d’un triangle (ce marquage n’est cependant pas obligatoire). Ils sont dĂ©sormais interdits Ă  la vente. Si vous en avez, ne vous en servez pas.
- Ne faites pas chauffer les ­aliments dans du plastique. TransfĂ©rez sur une assiette les plats prĂ©parĂ©s du commerce et utilisez une casserole en Inox plutĂŽt qu’une bouilloire en plastique pour faire bouillir de l’eau. PrĂ©fĂ©rez les rĂ©cipients (biberons inclus) en verre.
- N’abusez pas des produits type fast-food car leurs emballages en carton ou papier (carton Ă  pizza, cornet de frites, Ă©tui Ă  sandwich) peuvent aussi ĂȘtre contaminĂ©s par les PE.
- Consommez moins d’aliments transformĂ©s. En effet, la chaĂźne de fabrication et/ou l’emballage peuvent donner lieu Ă  des ­contaminations. Limitez les chewing-gums avec BHA (E320) ou BHT (E321).
- PrĂ©fĂ©rez les fruits, lĂ©gumes et cĂ©rĂ©ales biologiques. Vous diminuez l’exposition aux pesticides potentiellement perturbateurs endocriniens. À dĂ©faut, pelez les vĂ©gĂ©taux qui peuvent l’ĂȘtre.
- Consultez notre carte interactive de la qualitĂ© de l’eau. Si vous habitez une des rares communes desservies par une eau contaminĂ©e en pesticides, prĂ©fĂ©rez l’eau en bouteilles.

Santé et beauté

- i vous ĂȘtes enceinte, Ă©vitez autant que possible les antalgiques (paracĂ©tamol, aspirine, ibuprofĂšne). En tout cas, ne prenez pas d’ibuprofĂšne pendant le premier trimestre de grossesse.
- Consultez notre dossier pour Ă©viter les cosmĂ©tiques contenant des PE. Évitez surtout ceux qui ne se rincent pas ou ont un long temps de pose avant rinçage. Pour votre bĂ©bĂ©, soyez sobre : bannissez le parfum, utilisez eau et savon plutĂŽt que lingettes et produits pour le change.
- Si votre enfant a des poux, n’utilisez pas un insecticide neurotoxique. Choisissez un produit Ă©touffeur.
- PrĂ©fĂ©rez le dispositif intra-utĂ©rin (stĂ©rilet) Ă  la pilule contraceptive. La pose d’un stĂ©rilet est envisageable mĂȘme chez la jeune fille.
- N’achetez pas de vĂȘtements antibactĂ©riens. Ils contiennent souvent du triclosan, un PE.

Air intérieur et extérieur

- Ne fumez pas et évitez les atmosphÚres enfumées.
- Bannissez tous les produits supposĂ©s parfumer ou assainir l’atmosphĂšre et prĂ©fĂ©rez une bonne aĂ©ration.
- Passez l’aspirateur trĂšs rĂ©guliĂšrement puis la serpilliĂšre humide pour que les enfants jouent sur un sol dĂ©poussiĂ©rĂ©.
- Peignez et meublez la chambre d’un bĂ©bĂ© Ă  naĂźtre bien Ă  l’avance et aĂ©rez abondamment. Si vous ĂȘtes la maman, laissez les travaux de peinture Ă  d’autres.
- Luttez contre les mouches avec des moyens mécaniques (bandes collantes, tapette).
- Portez des gants si vous devez utiliser des biocides (antiparasitaires pour animaux domestiques, produits de traitement du bois). Éloignez les enfants et aĂ©rez ; faites-le dehors si c’est possible.
- Jardinez sans pesticides, de nombreuses techniques sont efficaces (associations de plantes, rotations, paillage, etc.).

Lire aussi

- L'enquĂȘte de l'UFC sur les perturbateurs endocriniens
- RĂ©sultats de notre test portant sur la recherche de BPA et d’autres bisphĂ©nols dans des conserves et des canettes
- RĂ©glementation sur les perturbateurs endocriniens : l'influence des lobbies Ă  Bruxelles
- Notre décryptage pour repérer les perturbateurs endocriniens dans les objets du quotidien
- Notre infographie sur les effets possibles sur l'organisme



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Fabienne Maleysson


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Renoncement aux soins: L’Assurance maladie lance un accompagnement personnalisĂ©
Le renoncement aux soins est un phĂ©nomĂšne complexe. Mais une chose est sĂ»re, il touche du monde. Selon une enquĂȘte de l’Observatoire des non-recours aux droits et services (ODENORE) auprĂšs de 29 000 personnes dans 18 caisses primaires d’assurance maladie (CPAM), un quart d’entre elles Ă©taient en situation de renoncement aux soins. Les soins dentaires sont les plus concernĂ©s, qu’il s’agisse de prothĂšses ou de soins conservateurs. Normal : ce sont les moins bien couverts par la solidaritĂ© nationale. Les consultations de spĂ©cialistes et l’équipement optique viennent ensuite.

Sans surprise, la principale raison du renoncement est le reste Ă  charge, c’est-Ă -dire la somme qui n’est remboursĂ©e ni par l’Assurance maladie, ni, Ă©ventuellement, par la complĂ©mentaire santĂ©, et que le patient doit payer de sa poche. Les soins dentaires et optiques, coĂ»teux et traditionnellement peu pris en charge, sont particuliĂšrement concernĂ©s. L’ODENORE note toutefois que les dĂ©lais de rendez-vous trop longs, liĂ©s Ă  la dĂ©sertification mĂ©dicale, et la mĂ©connaissance des droits jouent aussi : des personnes pouvant prĂ©tendre Ă  une aide Ă  la complĂ©mentaire santĂ© (ACS), par exemple, ne savent pas que le dispositif existe, et ne l’utilisent pas.

Plusieurs CPAM ont rĂ©agi en instaurant des dispositifs pour rĂ©amorcer la dynamique de soins chez ceux et celles qui ont jetĂ© l’éponge par manque d’argent. Dans le Gard et dans la Somme, dĂ©partements pionniers, l’effort porte d’abord sur le repĂ©rage des personnes dans le besoin, en mobilisant les agents d’accueil, les personnels des centres d’examen, mais aussi les professionnels de santĂ© libĂ©raux. Une fois identifiĂ©es, elles se voient proposer un bilan de leurs droits, parfois au-delĂ  du domaine de la santĂ©, ainsi qu’un accompagnement personnalisĂ© par un conseiller qui reste le mĂȘme tout au long du processus. L’aide peut aller jusqu’au conseil sur le choix d’un professionnel de santĂ©, Ă  la comparaison des devis et Ă  la recherche de financements complĂ©mentaires si les aides accordĂ©es ne suffisent pas Ă  couvrir les coĂ»ts.

Depuis le 1er mai 2016, 21 CPAM ont adoptĂ© un schĂ©ma d’intervention similaire. La gĂ©nĂ©ralisation Ă  tout le territoire français devrait s’achever d’ici Ă  un an. Un premier bilan montre que dans le Gard, un dossier sur trois a abouti Ă  la rĂ©alisation de soins.
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Anne-Sophie Stamane


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Carafes filtrantes: Inutiles, voire pire !
« Boire une eau plus saine que celle du robinet et moins chĂšre que celle en bouteille ». C’est la promesse faite par les carafes filtrantes. Des systĂšmes de filtrage adoptĂ©s par plus de 20 % des foyers français dĂ©sireux d’une alternative Ă  l’eau en bouteille, qui pĂątit de son prix Ă©levĂ© – 65 fois plus coĂ»teuse en moyenne que l’eau du robinet – et de son impact environnemental, mais Ă©galement soucieux d’obtenir une eau de meilleure qualitĂ© que celle du robinet. Car bien que l’immense majoritĂ© des Français reçoivent aujourd’hui une eau conforme aux normes de potabilitĂ© sur l’ensemble des critĂšres Ă  respecter, la confiance en l’eau du robinet reste trĂšs relative et beaucoup d’utilisateurs craignent des risques de pollution ou dĂ©plorent plus simplement son goĂ»t parfois jugĂ© trop chlorĂ© ou sa duretĂ© (richesse en calcaire).

Mais selon l’Agence nationale de sĂ©curitĂ© sanitaire (Anses) qui publiait le 13 mars les rĂ©sultats d’une enquĂȘte sur ces systĂšmes de filtration, l’efficacitĂ© de ces carafes est plus que discutable.

Métaux : des résultats contrastés

Dans son rapport, l’Agence note en effet que l’usage de carafes filtrantes peut conduire au relargage de diffĂ©rents contaminants (ions argent, sodium, potassium, ammonium) dans l’eau de boisson. Certaines carafes filtrantes entraĂźnent Ă©galement un abaissement du pH de l’eau. Or des Ă©tudes canadiennes et britanniques ont montrĂ© qu’une eau au pH faible peut faciliter le relargage de certains mĂ©taux, en particulier quand elle est chauffĂ©e au contact d’ustensiles en mĂ©tal ou en cĂ©ramique (bouilloire, casserole). Toutefois, « les donnĂ©es actuellement disponibles ne permettent pas de mettre en Ă©vidence un risque pour la santĂ© du consommateur », prĂ©cise l’agence.

Enfin, si l’Anses estime que la plupart des carafes filtrantes respectent les normes en vigueur sur la diminution de l’odeur, la saveur, des concentrations en chlore, plomb et cuivre, ces donnĂ©es ne permettent pas d’évaluer l’efficacitĂ© rĂ©elle de toutes les carafes filtrantes commercialisĂ©es. Et prĂ©cise que les rĂ©sultats des diffĂ©rents modĂšles vendus en France sont trĂšs variables concernant la rĂ©duction du calcaire. On pourra toutefois s’interroger sur l’utilitĂ© de « filtrer » le calcaire qui est en rĂ©alitĂ© du calcium, ainsi que le cuivre alors que des franges Ă©levĂ©es de la population prĂ©sentent des apports infĂ©rieurs Ă  leurs besoins nutritionnels estimĂ©s en ces deux minĂ©raux.

Microbiologie : de vrais nids à bactéries

Mais surtout, l’Agence de sĂ©curitĂ© sanitaire met en garde les usagers contre de possibles contaminations microbiologiques dues Ă  un mauvais usage des dites carafes. En 2010, nous avions dĂ©jĂ  effectuĂ© des analyses montrant que si les carafes filtrantes tiennent plutĂŽt bien leur promesse en laboratoire, il en va autrement quand elles sont utilisĂ©es Ă  la maison ! À domicile, les contaminations bactĂ©riologiques sont quasi systĂ©matiques et sur les 31 foyers s’étant alors prĂȘtĂ©s Ă  l’expĂ©rimentation d’une carafe, tous voyaient la qualitĂ© de leur eau dĂ©gradĂ©e par la carafe filtrante.

Quelques conseils

L’Anses rappelle aux personnes qui souhaiteraient malgrĂ© tout utiliser ces systĂšmes, les rĂšgles d’hygiĂšne indispensables pour limiter la prolifĂ©ration bactĂ©rienne :

- remplacer réguliÚrement la cartouche ;
- conserver la carafe filtrante et son eau au réfrigérateur ;
- consommer l’eau filtrĂ©e rapidement, idĂ©alement dans les 24 heures aprĂšs filtration.

Enfin, sachez qu’il n’est pas nĂ©cessaire de filtrer l’eau pour Ă©liminer le goĂ»t de chlore : il suffit de la placer une heure au rĂ©frigĂ©rateur !

Que Choisir en Ligne
Marie-Noëlle Delaby


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Surcoûts de l'optique: Les dérives continuent
Un marché toujours en surchauffe, malgré le plafonnement des remboursements

Les surcoĂ»ts français de l’optique, vĂ©ritable exception avec un budget supĂ©rieur en France de 50 % Ă  la moyenne europĂ©enne, ont deux origines principales : un trop grand nombre de points de vente, et des remboursements parfois trop gĂ©nĂ©reux de la part des complĂ©mentaires santĂ©, qui se sont traduits par une inflation incontrĂŽlĂ©e. Concernant les magasins d’optique, leur nombre a encore progressĂ© de 11 % depuis 2012. Dans ces conditions, avec une moyenne de seulement trois paires de lunettes vendues par jour et par magasin, le taux de marge brute des opticiens (estimĂ© Ă  233 % par nos travaux) n’est pas prĂšs de baisser.

S’agissant des consĂ©quences des remboursements parfois trĂšs Ă©levĂ©s, le gouvernement a jurĂ©, mais un peu tard, que l’on ne l’y prendrait plus, et dĂ©cidĂ© de les plafonner depuis avril 2015, en montant (de 470 € Ă  850 € selon la correction) comme en frĂ©quence (une paire tous les deux ans au maximum). Cette mesure, alors dĂ©noncĂ©e comme trop tardive par l’UFC – Que Choisir, n’a pas permis d’inverser durablement la tendance. Les dĂ©penses d’optique des Français, aprĂšs avoir semblĂ© marquer le pas au deuxiĂšme semestre 2015, sont dĂ©jĂ  reparties Ă  la hausse en 2016 (+2,2 % au 1er semestre) .

Des écarts de prix et de taux de recours entre départements injustifiés

Par ailleurs, il ressort de donnĂ©es dĂ©partementales enfin rendues publiques par l’Assurance maladie des Ă©carts de prix injustifiĂ©s entre dĂ©partements. Une paire de lunettes Ă  verres unifocaux verra son prix moyen (316 € au national) varier de moins de 270 € dans les CĂŽtes-d'Armor, la Creuse ou l’Aveyron, jusqu’à prĂšs de 390 € Ă  Paris ou dans les Hauts-de-Seine, soit prĂšs de 45 % d’écart. De mĂȘme pour les montures Ă©quipĂ©es de verres progressifs (613 € au national), qui valent moins de 550 € par exemple dans l’Aude ou l’Aisne mais dĂ©passent les 700 € dans d’autre dĂ©partements, comme les Yvelines ou encore les Hauts-de-Seine (prĂšs de 30 % d’écart).

Comment s’étonner alors des Ă©carts interdĂ©partementaux trĂšs Ă©levĂ©s concernant le taux de recours (c’est-Ă -dire la part de la population ayant achetĂ© une paire de lunettes en un an, correction faite de la structure d’ñge), qui est infĂ©rieur Ă  14 % en Corse ou en Creuse, quand il dĂ©passe les 20 % en IsĂšre, dans l’Oise ou en VendĂ©e ? De mĂȘme, la part des lunettes Ă  verres progressifs dans le total des ventes du dĂ©partement est infĂ©rieure Ă  30 % en Corse ou dans les Alpes-Maritimes, mais atteint plus de 45 % par exemple dans le Jura ou dans la Sarthe.

Campagne prĂ©sidentielle : un « 100 % » qui tient du vƓu pieu

Alors que plusieurs candidats Ă  l’élection prĂ©sidentielle ont annoncĂ© une prise en charge Ă  100 % de l’optique au cours du prochain quinquennat, ces tendances confirment que cela tient du vƓu pieu. Ces propositions de prise en charge intĂ©grale, publique ou intĂ©grant les complĂ©mentaires santĂ© selon les programmes, se traduiraient dans tous les cas par des prĂ©lĂšvements supplĂ©mentaires. Surtout, il est par dĂ©finition impossible de rembourser intĂ©gralement un bien mĂ©dical dont le prix varie d’un magasin Ă  l’autre. En l’absence d’un tarif rĂ©glementĂ© de l’optique, illusoire, ces promesses n’engagent dĂ©cidĂ©ment que ceux qui les entendent.

AttachĂ©e Ă  des mesures concrĂštes et pragmatiques en faveur de l’accĂšs de tous Ă  des soins de qualitĂ©, l’UFC – Que Choisir :

- Appelle Ă  une refonte du systĂšme de plafonnement des remboursements en optique, qui ne doit s’appliquer qu’aux contrats de complĂ©mentaires santĂ© ne prĂ©voyant pas l’accĂšs Ă  un rĂ©seau de soins ;

- Dans cette attente, invite les consommateurs à faire jouer la concurrence entre points de vente physiques et en ligne, notamment à travers les réseaux de soins.

Notes


[1] Source : Etudes de marché GFK
[2] http://www.ameli.fr/l-assurance-maladie/statistiques-et-publications/rapports-et-periodiques/points-de-repere/n-43-depenses-d-optique-medicale-en-2014.php
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Etiquetage nutritionnel : enfin un systĂšme officiel coloriel !
Plus d’un an aprĂšs l’adoption de son principe dans la Loi de SantĂ© publique, et alors que les initiatives isolĂ©es des industriels se multipliaient, renforçant un peu plus la cacophonie informative des consommateurs, le modĂšle officiel d’étiquetage nutritionnel simplifiĂ© vient d’ĂȘtre annoncĂ© par la Ministre de la SantĂ©. C’est donc un systĂšme coloriel comme rĂ©clamĂ© de longue date par l’UFC-Que Choisir, qui doit ĂȘtre officialisĂ© par arrĂȘtĂ© dĂ©but avril. Plus particuliĂšrement, l’expĂ©rience grandeur nature et le sondage auprĂšs des consommateurs dĂ©montrent, comme le soulignait l’UFC-Que Choisir, l’inefficacitĂ© totale du systĂšme ‘NutrirepĂšre’ proposĂ© par l’industrie agroalimentaire du fait de son extrĂȘme complexitĂ© et de l’absence de code coloriel. A l’inverse, les 3 autres systĂšmes coloriels, et notamment le ‘Nutriscore’, une vignette Ă  5 couleurs qui va du vert Ă  l’orange foncĂ© en fonction de la qualitĂ© du produit, sont les plus efficaces pour orienter le choix des consommateurs vers les produits les plus sains.

Cette annonce coupe court aux doutes instillĂ©s ces derniĂšres semaines. Loin de jeter un pavĂ© dans la marre, le rĂ©cent avis de l’ANSES soulignant -sans grande surprise- qu’il existe (faute de recul suffisant) « un niveau de preuve insuffisant pour dĂ©montrer (sa) pertinence au regard des enjeux de santĂ© publique » ne saurait remettre en cause l’intĂ©rĂȘt informatif premier de ce dispositif. Le Haut Conseil Pour la SantĂ© Publique a d’ailleurs rĂ©pliquĂ© Ă  l’ANSES que l’étiquetage nutritionnel simplifiĂ©, en permettant au consommateur de faire un choix Ă©clairĂ©, est un des Ă©lĂ©ments d’une politique nutritionnelle de santĂ© publique efficace, et constitue, qui plus est, une recommandation de l’OMS.

A quelques jours de l’officialisation par arrĂȘtĂ© du modĂšle officiel d’étiquetage nutritionnel, la balle est dĂ©sormais dans le camp des industriels et distributeurs. En effet, cette vignette est facultative. Compte tenu de la trĂšs forte attente des consommateurs d’une information nutritionnelle simplifiĂ©e, les professionnels seraient bien inspirĂ©s de ne pas les laisser sur leur faim.

Pour entĂ©riner l’avancĂ©e annoncĂ©e ce jour, l’UFC-Que Choisir appelle donc les industriels et les distributeurs Ă  se positionner publiquement en indiquant clairement s’ils reprendront le modĂšle officiel.

Notes:


(1) La journĂ©e mondiale des consommateurs a Ă©tĂ© instituĂ©e en 1983 par Consumers International, association regroupant les principales organisations de consommateurs mondiales et dont l'UFC-Que Choisir est membre. Le thĂšme de la JournĂ©e mondiale des droits des consommateurs est pour 2017 'les droits des consommateurs à l'Ăšre du numĂ©rique'.
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Cosmétiques: Des substances indésirables dans 400 produits !
Si la majoritĂ© des ingrĂ©dients des produits cosmĂ©tiques sont d’une parfaite innocuitĂ©, pour certains composants en revanche, les experts(1) ont demandĂ© des restrictions d’utilisation, voire des interdictions pures et simples, qui ne sont toujours pas prises en compte dans la rĂ©glementation. Or, mĂȘme si ces composĂ©s sont obligatoirement mentionnĂ©s dans les listes de compositions, pour le consommateur, les dĂ©busquer, au milieu d’une foule d’autres termes scientifiques, reste particuliĂšrement ardu. GrĂące au travail de fourmis de ses enquĂȘteurs, mais aussi aux consommateurs eux-mĂȘmes qui ont passĂ© au peigne fin les listes des ingrĂ©dients, l’Association publie sa base de donnĂ©es rĂ©actualisĂ©e qui, en seulement un an d’existence, a plus que doublĂ© pour atteindre dĂ©sormais prĂšs de 400 produits.

‱ 11 composants indĂ©sirables trouvĂ©s dans 400 cosmĂ©tiques : 11 substances ou familles de substances indĂ©sirables prĂ©occupantes ont ainsi Ă©tĂ© recherchĂ©es dans les rayons des produits cosmĂ©tiques pour arriver Ă  une liste de prĂšs de 400 produits les contenant. Au premier rang des substances recherchĂ©es se trouvent les perturbateurs endocriniens, tels que le BHA ou encore les butyl- et propyl-parabens, des conservateurs trouvĂ©s par exemple dans le Rouge Baiser ou dans la crĂšme Scholl anti-crevasses. Au rayon des allergĂšnes, ce sont la methylisothiazolinone (MIT) et la methylchloroisothiazolinone (MCIT) qui se rĂ©vĂšlent les plus inquiĂ©tantes, Ă  tel point que ces conservateurs viennent d’ĂȘtre interdits dans les produits non rincĂ©s. Pourtant on continue Ă  les trouver entre autres dans les colorations capillaires (KĂ©ranove d’EugĂšne Perma, Les Rayonnantes et Les RaffinĂ©es d’EugĂšne Color), associĂ©es Ă  la p-phenylenediamine, ce qui accroit encore le risque de dĂ©clencher des rĂ©actions allergiques graves. De nombreux autres produits cumulent ces substances indĂ©sirables, tel le gel purifiant ‘Eau prĂ©cieuse’ qui contient non seulement des perturbateurs endocriniens : le triclosan et le propylparaben, mais en outre le mĂ©lange trĂšs allergisant MIT - MCIT !

‱ MĂȘme les produits pour bĂ©bĂ© ne sont pas Ă©pargnĂ©s : on serait en droit d’attendre des compositions irrĂ©prochables dans les produits destinĂ©s aux tout-petits, notamment dans le cas des produits non rincĂ©s. Pourtant on continue encore Ă  trouver du phenoxyethanol, un conservateur toxique pour le foie(2), dans la crĂšme pour le change ‘Mixa bĂ©bé’ ou les cold cream AvĂšne et Klorane bĂ©bĂ©. Nous pouvons en outre dĂ©plorer que les produits continuent Ă  utiliser des mentions faussement rassurantes, telles que ‘hypoallergĂ©nique’ ou ‘sans parabĂšnes’.

‱ Sur un an, 90% de produits inchangĂ©s : une amĂ©lioration par les industriels de la composition de leurs produits est pourtant possible, comme le montrent par exemple la disparition du cyclopentasiloxane, du butyl-paraben et du propyl-paraben dans l’aprĂšs-soleil de Biotherm, ou la suppression du BHA de la crĂšme pour le corps Petit Olivier. Quant aux lingettes Pampers et Ă  l’eau nettoyante pour bĂ©bĂ© ‘PĂ©diatril’ d’AvĂšne, elles sont dĂ©sormais exemptes de phenoxyethanol. Mais ces changements de formules restent malheureusement bien trop rares, puisqu’un an aprĂšs notre premiĂšre Ă©tude, 90% des produits incriminĂ©s en 2016 contiennent toujours les mĂȘmes substances indĂ©sirables, au dĂ©triment de la santĂ© des consommateurs !
Malheureusement mis Ă  part quelques rares produits en infraction avec la loi, la prĂ©sence de ces composĂ©s indĂ©sirables est lĂ©gale, Ă  la faveur d’une rĂ©glementation laxiste. S’agissant par exemple des allergĂšnes prĂ©sents dans les parfums, alors qu’au niveau europĂ©en les experts du Scientific Committee on Consumer Safety avaient alertĂ© dĂšs 2012 pour trois allergĂšnes particuliĂšrement problĂ©matiques, la rĂ©glementation ne prĂ©voit leur retrait effectif que pour
 2021 !
Quant aux perturbateurs endocriniens, les projets de définitions proposés par la Commission européenne exigent un niveau de preuve si élevé que, dans la pratique, aucune substance ne se verrait interdite.

DĂ©cidĂ©e Ă  garantir aux consommateurs une utilisation des produits cosmĂ©tiques en toute confiance, l’UFC-Que Choisir :

- Presse les pouvoirs publics europĂ©ens de mettre en Ɠuvre sans dĂ©lai les recommandations des experts en matiĂšre de retrait des substances, d’encadrer strictement les allĂ©gations d’étiquetage et, plus gĂ©nĂ©ralement, de proposer une nouvelle dĂ©finition des perturbateurs endocriniens permettant un retrait effectif de ces substances nocives,

- Met gratuitement à la disposition des consommateurs La liste des produits cosmétiques contenant un ou plusieurs ingrédients indésirables, les fiches sur les ingrédients les plus problématiques ainsi que leur niveau de risque selon les utilisateurs, la carte-repÚre listant les noms des molécules les plus à risque et le formulaire vous permettant de signaler les produits cosmétiques qui contiennent des ingrédients indésirables et qui ne sont pas référencés dans notre liste.

Notes


(1) Notamment l’Agence Nationale de SĂ©curitĂ© du MĂ©dicament, l’Agence nationale de sĂ©curitĂ© sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail et l’Association Française de Dermatologie pour la France et au niveau EuropĂ©en le Scientific Committee on Consumer Safety–SCCS, ainsi que la Commission EuropĂ©enne

(2) Bien que le comitĂ© d’experts europĂ©ens considĂšre que le phenoxyethanol peut ĂȘtre autorisĂ© pour tout type d’usage et tous types de consommateurs, en France l’Agence nationale de sĂ©curitĂ© du mĂ©dicament (ANSM) maintient qu’il devrait ĂȘtre encadrĂ© dans les produits pour tout-petits : interdits dans ceux destinĂ©s au siĂšge et en concentration limitĂ©e dans les autres.
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IngrĂ©dients indĂ©sirables dans les cosmĂ©tiques: Les 10 produits Ă  modifier d’urgence



BĂ©bĂ©s, enfants, adolescents, femmes enceintes, autant d’utilisateurs dont les fabricants de cosmĂ©tiques devraient prendre particuliĂšrement soin. MĂȘme si reformuler un produit est un exercice dĂ©licat, rendre plus sĂ»rs les cosmĂ©tiques destinĂ©s aux plus fragiles devrait ĂȘtre une prioritĂ©. Or, non seulement certains fabricants laissent sur le marchĂ© des rĂ©fĂ©rences pour bĂ©bĂ©s ou enfants contenant de la MIT, au risque de dĂ©clencher de douloureuses allergies, mais d’autres (ou les mĂȘmes) n’hĂ©sitent pas Ă  maintenir des perturbateurs endocriniens dans des cosmĂ©tiques destinĂ©s aux groupes de populations les plus sensibles Ă  ces ingrĂ©dients nocifs. Quelques exemples : Activilong propose un Spray magique junior ultralissant pour cheveux qui cumule trois perturbateurs endocriniens (ethylhexyl methoxycinnamate, cyclopentasiloxane et BHT). Les formules magiques « sans paraben » et « Ă  l’amande douce bio » que porte l’emballage ne doivent pas faire illusion. Deux crĂšmes largement utilisĂ©es chez les bĂ©bĂ©s attirent aussi l’attention : la cold cream d’AvĂšne contient un perturbateur endocrinien et du phenoxyethanol que l’Agence nationale de sĂ©curitĂ© du mĂ©dicament juge toxique pour les plus petits ; la crĂšme Dexeryl renferme du propylparaben (voir encadrĂ©). Quant Ă  la crĂšme PrĂ©vention vergetures d’Elancyl, elle contient du cyclopentasiloxane que les femmes enceintes devraient Ă©viter.


Quatre perturbateurs endocriniens dans un produit !



Autre cas de figure, les « cumulards », ces rĂ©fĂ©rences qui contiennent quatre Ă  cinq ingrĂ©dients indĂ©sirables. Le plus stupĂ©fiant ? Le gel purifiant Eau prĂ©cieuse, a priori particuliĂšrement adaptĂ© aux adolescents, contient pas moins de deux perturbateurs endocriniens et deux allergĂšnes majeurs, la MIT et la MCIT. Idem pour le gel douche nourrissant sans savon de Klorane. Aussie propose une petite variante Ă  ce cumul Ă©bouriffant : son soin intensif Miracle douceur soyeuse cumule deux allergĂšnes (MIT et MCIT) et deux parabens. Le mal nommĂ© Protectyl d’Yves Rocher, spray solaire potentiellement utilisĂ© par toute la famille, contient quatre perturbateurs endocriniens, un record. Quant aux lingettes intimes de Carrefour, elles en renferment trois associĂ©s Ă  un irritant particuliĂšrement malvenu en l’occurrence : le sodium lauryl sulfate.
Enfin, le dernier de ce « top 10 » n’est pas un produit mais une catĂ©gorie : les colorations capillaires cumulent frĂ©quemment MIT, MCIT et p-phenylenediamine. Un cocktail d’allergĂšnes majeurs explosif. Mais lĂ©gal : MIT et MCIT ne sont interdits que dans les cosmĂ©tiques non rincĂ©s. Or, les colorations font partie des produits rincĂ©s
 mĂȘme si leur temps de pose leur laisse largement le temps de faire des dĂ©gĂąts.

Dexeryl : la réponse du laboratoire



InterrogĂ© sur la prĂ©sence d’un perturbateur endocrinien dans son produit frĂ©quemment utilisĂ© en automĂ©dication par les parents de jeunes enfants, le laboratoire Pierre Fabre argue qu’il ne s’agit pas d’un cosmĂ©tique mais d’un mĂ©dicament dont la balance bĂ©nĂ©fice/risque a Ă©tĂ© jugĂ©e favorable par les autoritĂ©s de santĂ©. « Dexeryl crĂšme est indiquĂ© dans le traitement d'appoint des Ă©tats de sĂ©cheresse cutanĂ©e de certaines dermatoses telles que dermatite atopique, Ă©tats ichtyosiques, psoriasis et dans le traitement d'appoint des brĂ»lures superficielles de faibles Ă©tendues. En dehors de ces indications mĂ©dicales autorisĂ©es, l’utilisation du mĂ©dicament n’est pas recommandĂ©e, puisque le laboratoire, n’ayant pas fait d’études cliniques, ne peut garantir ni l’efficacitĂ© ni la sĂ©curitĂ© du mĂ©dicament. » Avis donc aux parents qui l’utilisent pour soulager la sĂ©cheresse cutanĂ©e ou les irritations du siĂšge chez leur bĂ©bĂ© : mĂȘme le laboratoire le dit, ce produit n’est pas fait pour ça !


Des nouvelles du « top 7 » millésime 2016

En mars 2016, nous avions dressĂ© un premier palmarĂšs des produits douteux. Depuis, leurs fabricants se sont rarement amendĂ©s. Seule la marque Corine de Farme a supprimĂ© les ingrĂ©dients indĂ©sirables de sa crĂšme pour le change. Leclerc, s’il respecte la loi, devrait avoir retirĂ© des rayons son lait de toilette sans rinçage contenant de la MIT. Pour le reste, RogĂ© CavaillĂšs s’obstine Ă  vendre des produits destinĂ©s Ă  la zone intime qui contiennent un perturbateur endocrinien bien connu, le triclosan, Caudalie n’a pas changĂ© la formule de son fluide antirides et Fess’nett a laissĂ© sur le marchĂ© ses lingettes dĂ©sormais destinĂ©es au postĂ©rieur des adultes ! Celles de Poupina n’ont pas changĂ© de formule et contiennent toujours du propylparaben. Physelia a Ă©galement maintenu deux allergĂšnes majeurs, MIT et MCIT, dans son gel « protecteur » pour la toilette intime ainsi que dans deux autres gels similaires (« apaisant » et « quotidien »).


Tout sur les ingrédients indésirables dans les cosmétiques

La liste des produits cosmétiques contenant un ou plusieurs ingrédients indésirables
Les fiches sur les ingrédients les plus problématiques ainsi que leur niveau de risque selon les utilisateurs
Téléchargez et imprimez notre carte-repÚre listant les noms des molécules les plus à risque et glissez-la dans votre portefeuille
Le formulaire vous permettant de signaler les produits cosmétiques qui contiennent des ingrédients indésirables et qui ne sont pas référencés dans notre liste
Les demandes de l’UFC-Que Choisir auprĂšs des pouvoirs publics europĂ©ens.


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Fabienne Maleysson


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