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Stratégie nationale de santé: Enfin le temps des mesures courageuses ?
Dans la consultation qui s’engagera alors, l’UFC–Que Choisir insistera auprès de la ministre pour que les pouvoirs publics passent la surmultipliée sur ces thèmes récurrents qui, trop souvent, ont donné lieu à des mesures décevantes. Ainsi, alors que la ministre annonce une attention toute particulière apportée aux jeunes et aux enfants, la politique de prévention de l’obésité ne pourra pas encore passer par l’appel à une illusoire autorégulation des acteurs de l’agroalimentaire. Étiquetage nutritionnel simplifié, encadrement strict du marketing alimentaire à la télé ou sur internet, amélioration de l’équilibre nutritionnel dans les cantines scolaires sont autant de priorités qui devront être inscrites dans cette stratégie nationale.

De même concernant les déserts médicaux : leur progression année après année, encore rappelée en 2016 par l’UFC–Que Choisir (voir notre carte interactive de l’offre médicale), est la preuve de l’échec sans cesse renouvelé des politiques exclusivement incitatives. Parsemer à grand frais le territoire de maisons de santé qui ne trouvent pas de médecin pour y exercer ou multiplier les aides financières ne suffiront pas à inverser la tendance. Nous appelons les pouvoirs publics à mettre en œuvre un conventionnement sélectif des médecins, qui ne devraient pouvoir s’installer en zone sur-dotée que s’ils exercent en secteur 1, c’est-à-dire sans dépassement d’honoraires.

Le volontarisme de la nouvelle ministre de la santé, qui souhaite que les premières mesures aboutissent dès cette fin d’année, est une belle occasion d’agir pour une plus grande égalité de tous devant la santé. Nous nous engagerons pour qu’elle ne soit pas manquée !
Que Choisir en Ligne
Alain Bazot


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Thyroïde: Un changement de formule houleux
Maux de ventre, nausées, vertiges, fatigue, douleurs musculaires, irritabilité, voire asthme sévère : nombreux sont les effets indésirables rapportés suite au changement de formulation, en avril dernier, du Levothyrox (lévothyroxine), un médicament prescrit suite à une ablation de la thyroïde ou en cas d’insuffisance de cette glande. Au point qu’une pétition signée par 70 000 utilisateurs réclame le retour à l’ancienne composition ! Et qu’un numéro vert a dû être mis en place par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) : le 0800 97 16 53 est accessible du lundi au vendredi, de 9 h à 17 h.

Rien n’a été modifié, pourtant, au niveau de la molécule active : les comprimés contiennent toujours les mêmes quantités de lévothyroxine. Ce sont les excipients qui ont changé : par souci de stabilité du médicament, et à la demande de l’ANSM, le laboratoire Merck a remplacé le lactose par du mannitol et de l’acide citrique.

Pour la grande majorité des trois millions de patients qui prennent ce produit quotidiennement, la transition n’a pas posé de problème. Mais il se peut que, pour une partie d’entre eux, le changement ait fait légèrement varier l’absorption de la molécule par l’organisme. Or, quelques microgrammes en plus ou en moins, s’agissant d’une hormone, sont susceptibles d’avoir un impact sensible.

En pratique, les personnes chez qui le nouveau Levothyrox entraîne des effets indésirables inhabituels et handicapants doivent consulter leur médecin. Il ne faut surtout pas stopper brutalement le traitement ! Un dosage des hormones thyroïdiennes par prise de sang permettra de voir si, effectivement, il y a un déséquilibre. Dans ce cas, un ajustement suffira sans doute à rétablir la situation.

Par ailleurs, un signalement de pharmacovigilance, soit par le médecin, soit par le patient directement, est indispensable. La procédure est accessible par Internet, via le site de l’ANSM (1). Attention, il faut être en mesure de fournir un dosage postérieur au changement de formule.
Notes
(1) http://ansm.sante.fr/Declarer-un-effet-indesirable/Votre-declaration-concerne-un-medicament/Votre-declaration-concerne-un-medicament/
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Anne-Sophie Stamane


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Vaccins obligatoires: Un passage obligé ?
Onze vaccins vont être rendus obligatoires pour les enfants de moins de 2 ans. Cette décision, annoncée le 5 juillet par Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, devrait mettre un terme à une situation bancale qui prévaut en France depuis plusieurs années. D’une part, 3 vaccins sont obligatoires : contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP). D’autre part, 8 autres vaccins sont seulement recommandés : contre l'haemophilus influenzae B (bactérie provoquant notamment des pneumopathies et des méningites), la coqueluche, l’hépatite B, la rougeole, les oreillons, la rubéole, le méningocoque C et le pneumocoque. Or il n’y a pas de justification médicale particulière à cette différence de statut réglementaire. La décision a donc été prise de les rendre tous obligatoires, en 2018. La mesure a reçu un accueil très favorable dans la presse et auprès des instances médicales. Pour autant, quelques critiques sérieuses ont été émises par certains professionnels de santé, qui s’interrogent sur le bien-fondé et la pertinence de l’obligation.

À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle ?

Cette extension de l’obligation vaccinale a été présentée comme un impératif de santé publique. Historiquement, l’obligation vaccinale s’inscrit dans cette logique, par exemple avec le vaccin contre la terrible variole au début du XXe siècle. Aujourd’hui, la situation est nettement différente. La couverture vaccinale n’est pas optimale au regard des objectifs de 95 % mais elle n’est pas catastrophique non plus – 70 % des enfants reçoivent déjà les 11 vaccins. Pour certains vaccins, comme celui contre le méningocoque C, on note une progression régulière du taux de petits vaccinés. Quant à la rougeole souvent citée en exemple comme justification de l’obligation, elle entraîne entre 1 et 2 morts par an (10 morts entre 2008 et 2016). Ce sont des décès dramatiques mais on ne peut pas parler d’une mortalité massive. La situation n’est donc pas d’une gravité exceptionnelle qui imposerait de décréter une mesure exceptionnelle comme l’obligation. La Société française de santé publique (la SFSP, que l’on peut difficilement qualifier de secte anti-vaccinaliste) s’est d’ailleurs prononcée l’an dernier pour la levée de l’obligation actuelle (DTP) et explique ne pas être en faveur d’une obligation vaccinale en routine. « Il serait préférable, explique son vice-président le Dr Yves Charpak, de garder la possibilité d’une obligation vaccinale comme une mesure d’urgence, pour protéger la population en cas de vraie menace épidémique brutale. »

Quelle efficacité ?

Au-delà des fondements, on peut aussi s’interroger sur l’efficacité de cette mesure. Actuellement, il est indéniable que les vaccins obligatoires (DTP) bénéficient de la meilleure couverture vaccinale. Il en va de même pour ceux de la coqueluche et de l'haemophilus influenzae qui sont de fait administrés en même temps que les trois obligatoires. L’extension de l’obligation est donc susceptible d’augmenter le taux d’enfants vaccinés. Mais ce n’est pas une certitude : « il n’y a aucun élément scientifique pour attester que cette mesure aboutisse à une meilleure protection », avertit le Collège national des généralistes enseignants qui juge l’obligation vaccinale « simpliste et inadaptée ». D’autant que les obligations s’accompagnent en général d’amendes en cas de non-respect. Or, dans le cas des vaccins, la ministre de la Santé a déclaré ne pas vouloir favoriser la voie des sanctions mais travailler à une « clause d’exemption ». Cette clause autoriserait les familles qui sont contre à ne pas faire vacciner leur enfant. Être obligé de faire quelque chose sauf si on ne le veut pas, ça n’est plus vraiment une obligation ! À moins que tout le monde veuille désormais le faire…

Hésitants ou opposants

C’est le pari que font les partisans de l’obligation, qui estiment que cette mesure va restaurer « la confiance » dans la vaccination. Pas sûr. Cette question de confiance a été au cœur de la concertation citoyenne sur la vaccination qui a eu lieu en 2016. Le jury de professionnels de santé réuni pour l’occasion avait conclu : « le principe d’obligation vaccinale n’instaure pas la confiance, pire il est contre-productif. Au titre de la liberté individuelle, le citoyen se place dans une position de défiance, voire de défense ». La SFSP le craint elle aussi : « étendre l’obligation peut transformer des hésitants en opposants ». Imposer les vaccins pourrait accréditer l’idée qu’il y a quelque chose à cacher. À l’heure où l’efficacité de certains vaccins (contre la grippe chez les personnes âgées ou le zona) apparaît comme minime, c’est important. Pour restaurer la confiance et accroître la couverture vaccinale, les autorités auraient pu faire le choix d’une campagne d’information solide sur les bénéfices et les risques de chacun des vaccins infantiles. Cette mesure aurait comme avantage de permettre aux patients d’exercer leur consentement éclairé, préalable légal à la réalisation des actes de soins.
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Perrine Vennetier


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Régime amaigrissant: Ce qu’il faut faire et ne pas faire
Il ne faut pas forcément chercher à maigrir

Il semble une évidence que plus on est mince, mieux c’est. Or, les canons de la mode ne sont pas ceux de la médecine. En termes de santé, on recommande souvent de viser un indice de masse corporelle (IMC) compris entre 18,5 et 25 (1). Mais c’est un repère statistique qui est valable pour une population et pas forcément pour les individus. De plus, en mai dernier, une étude menée au Danemark a montré que les personnes qui avaient un IMC autour de 27 (donc en surpoids selon les critères actuels !) étaient celles chez qui survenaient le moins de décès. La pertinence de s’engager dans une démarche d’amaigrissement ne doit donc pas se décider à la légère.

En effet, il est bien établi désormais que les régimes présentent des dangers pour la santé : ils se soldent le plus souvent par une reprise de poids, une perte de muscle, une fragilisation des os (surtout après la ménopause), une baisse du métabolisme de base (nos dépenses énergétiques), une hausse de l’appétit et peuvent entraîner des troubles du comportement alimentaire, entre autres. En raison de ces dangers, un régime amaigrissant ne doit être entamé que s’il existe des motifs médicaux sérieux. La recherche d’une perte de poids peut se justifier pour, par exemple, soulager des douleurs articulaires, améliorer un diabète ou traiter l’hypertension… Sinon, mieux vaut chercher à stabiliser son poids, à ne pas grossir donc.

Mieux vaut privilégier un régime alimentaire équilibré

En 2010, l’Agence nationale de l’alimentation (Anses) avait passé au crible divers régimes à visée d’amaigrissement. Du régime « soupe au chou » aux programmes des docteurs (Cohen, Dukan, Fricker et compères), les experts de l’agence ont constaté de nombreux déséquilibres. Par exemple : l’apport en protéines était trop important pour 80 % des phases de régimes étudiées et l’apport en fibres était insuffisant pour 74 %. Tout faux. Ces déséquilibres condamnent de fait ces régimes à être abandonnés à plus ou moins brève échéance. Or, l’adhésion au régime est essentielle. Dans une étude menée en 2009, les participants avaient regrossi au bout de deux ans mais ceux qui avaient le moins repris (perte maintenue de 9 kg en moyenne) étaient ceux qui avaient été les plus assidus aux séances organisées pour favoriser l’adhésion. Le meilleur programme minceur est sans doute celui que l’on n’arrête pas ! Il est donc moins recommandé de « faire un régime » que d’adopter un nouveau régime alimentaire au sein duquel on absorbe moins de calories.

Sur la nature du régime, on peut recommander de faire évoluer ses menus vers une alimentation de type méditerranéen (2). Ses bienfaits sur la santé ont été maintes fois démontrés, indépendamment d’une perte de poids (voir Que Choisir santé, juin 2015).

Reste une épineuse question : de combien faut-il réduire les apports énergétiques ? Un tout petit peu ? Beaucoup ? On ne sait pas. Certains experts préconisent de réduire un peu mais pas trop, pour que se crée un déficit en calories qui fait maigrir sans entraîner des privations délétères à long terme. Mais en l’absence d’études solides en la matière, difficile de donner des repères chiffrés.

Il faut absolument faire de l’exercice

Commençons par une apparente mauvaise nouvelle : l’exercice ne fait pas perdre de poids. L’idée de maigrir en se dépensant plus, plutôt qu’en mangeant moins, était pourtant séduisante. Mais force est de constater que cela ne suffit pas. Plusieurs pistes d’explications sont proposées à ce résultat décevant. Parmi elles, une étude suggère que le corps réagit à un accroissement d’activité (comme en cas de privation alimentaire) : il devient plus efficace et donc… dépense proportionnellement moins d’énergie.

Pour autant, si l’aiguille de la balance ne bouge pas, l’exercice permet d’obtenir des bénéfices esthétiques et pour la santé, notamment cardiovasculaires, indéniables. Dans le cadre d’une alimentation avec réduction des apports caloriques, l’activité physique est le facteur n° 1 pour éviter de regrossir. En effet, l’exercice réduit la fonte musculaire liée au régime. En maintenant la masse musculaire, il évite que les dépenses énergétiques de base ne diminuent trop après les premiers mois. Il est possible aussi qu’il aide à mieux réguler la faim et donc d’ajuster ses apports alimentaires à ses besoins. L’adoption d’un nouveau régime alimentaire en vue de maigrir doit donc impérativement s’accompagner d’une activité physique régulière.

< href='https://www.quechoisir.org/actualite-regime-amaigrissant-video-pourquoi-les-regimes-minceur-ne-marchent-toujours-pas-n44092/'>Vidéo Que Choisir : Régime amaigrissant - Pourquoi les régimes minceur ne marchent toujours pas

Notes:

(1) L’indice de masse corporelle (IMC) se calcule en divisant la taille (en cm) par le poids (en kg) au carré.

(2) Dans les grandes lignes, l’alimentation méditerranéenne est centrée sur les légumes, les fruits et les céréales. On y consomme de plus des fruits à coques (noix et autres) et des légumineuses, un peu de produits laitiers fermentés, du poisson, très peu de viande rouge, de l’huile d’olive et de colza. On y évite les boissons sucrées et on déguste un verre de vin si on en a envie.

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Perrine Vennetier


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Sirops à base de codéine: Pas pour les enfants !




En partenariat avec l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), les fabricants de Tussipax (gouttes), Néo-Codion (sirop enfants) et d’Eucalyptine Le Brun (sirop enfants) procèdent au rappel de plusieurs lots de leurs spécialités. La notice omet de mentionner qu’il ne faut pas les donner aux enfants de moins de 12 ans et aux femmes allaitantes, parce qu’elles contiennent de la codéine. Or il est très important que l’information soit transmise aux éventuels utilisateurs, car la codéine peut avoir des effets indésirables importants chez les petits. Certains d’entre eux sont en effet, sans qu’on puisse le prévoir, des « métaboliseurs rapides » de la codéine, c’est-à-dire que leur organisme la transforme rapidement en morphine. Ce qui occasionne des surdoses, alors même que la posologie était respectée. À la clé, un risque important de dépression respiratoire et de décès.

En vérité, ce n’est pas seulement quelques lots de ces médicaments qu’il faudrait retirer du marché, mais la totalité de ces spécialités pour la toux à base de codéine. Chez les enfants, la balance bénéfice risque est défavorable. Non seulement de nombreux cas de toxicité ont été répertoriés, mais en plus, l’efficacité est minime. En cas de toux sèche, mieux vaut d’abord essayer d’humidifier l’air ambiant et de boire pour faire passer la quinte. Si un médicament est vraiment nécessaire, un produit à base de dextrométorphane est préférable.

Chez les adultes, le danger est moindre, mais ceux qui se savent « métaboliseurs rapides » ne doivent pas prendre de codéine. L’efficacité est tout aussi faible.

Bon à savoir:

La codéine est aussi utilisée dans le traitement de la douleur. Depuis 2013, des recommandations d’utilisation formulées au niveau européen préconisent de ne plus utiliser la codéine chez les enfants et les femmes qui allaitent, et de préférer d’autres antidouleurs.
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Anne-Sophie Stamane


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Sécurité des consommateurs: Des lunettes de soleil dangereuses saisies
Ils arrivent par containers entiers dans les ports français, surtout au Havre… « Ils », ce sont les articles de l’été que l’on va retrouver dans de nombreuses boutiques, un peu partout en France. Jouets de plage, mobilier de jardin, climatiseurs ou encore lunettes de soleil : une part importante de ces produits vient de Chine. Et, dans le lot, des articles qui ne respectent pas les normes européennes et/ou qui peuvent présenter des risques pour la santé du consommateur.

Illustration de cette réalité avec ce grand classique : la saisie récemment opérée par les douaniers du port du Havre. Les gabelous ont récemment mis la main sur 12 000 paires de lunettes de soleil dangereuses fabriquées dans les usines de l’Empire du milieu. Lors d’un premier contrôle, les agents de la Douane avaient constaté que le rapport de test fourni par l’importateur ne portait que sur les verres. Surtout, il avait été établi non à la suite d’essais physiques mais sur une simple base documentaire.

Des échantillons ont alors été adressés au laboratoire commun Douane/Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), à Lyon. À l’arrivée, « les analyses ont permis de révéler un réel risque […] puisque les verres présentaient une différence d’opacité d’un peu moins de 20 % entre l’œil droit et l’œil gauche, précise la Douane dans un communiqué. En outre, ces lunettes ne devaient pas être utilisées pour la conduite automobile ce qui n’était pas précisé. »

Avec les lunettes de soleil importées la vigilance s’impose. Sur les 111 lots contrôlés ces dernières semaines sur tout le territoire, soit 633 000 paires regardées de près, 32 % d’entre elles se sont révélées non conformes. Un bilan guère rassurant car, malheureusement, un nombre important de produits ne satisfaisant pas aux normes de fabrication et de sécurité passent entre les mailles du filet. Et se retrouvent dans le commerce.
Que Choisir en Ligne
Arnaud de Blauwe


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Compléments alimentaires: Mieux vaut les éviter pendant la grossesse
Sérénité grossesse, Gestarelle, Prenatal Nutrient… Un simple tour en parapharmacie, en pharmacie ou sur le Net permet de constater que la grossesse est un heureux événement pour les fabricants de compléments alimentaires. Alors que les supplémentations en vitamines, minéraux et oligoéléments sont très répandues chez les femmes en âge de procréer (2 fois plus que chez les hommes), l’étude Nutrinet indiquait en 2013 que près de 75 % des femmes en consommaient en troisième trimestre.

Or cette consommation, qui se fait souvent en dehors de toute prescription médicale, n’est pas sans risque pour la santé de l’enfant à naître. Dans le cadre du dispositif national de nutrivigilance (voir encadré), la survenue de cas d’hypercalcémie néonatale et d’hypothyroïdie congénitale chez des nourrissons ont alerté les autorités de santé. Ces signalements ont conduit l’Anses à évaluer les risques associés à la prise de compléments contenant de la vitamine D, qui entre en jeu dans l’assimilation du calcium, ou de l’iode, indispensable à la synthèse des hormones thyroïdiennes. « L’hypercalcémie [excès de calcium dans le sang, NDLR] chez le nouveau-né peut entraîner des problèmes variables allant des simples troubles digestifs aux épisodes de convulsion. De même, un excès d’iode peut être à l’origine d’une hypothyroïdie congénitale, permanente ou transitoire. Ce trouble grave chez le nourrisson est systématiquement dépisté en France à la naissance, car il entraîne un risque de retard psychomoteur », explique le docteur Gérard Lasfargues, directeur général adjoint scientifique de l’Anses.

Dans son avis, l’Agence de sécurité sanitaire met donc en garde contre la prise de compléments alimentaires en l’absence de besoins établis. « Les compléments alimentaires sont certes encadrés par un décret de mars 2006, mais cela n’empêche pas les dérives. Si la réglementation fixe des teneurs maximales réglementaires, soit 5 microgrammes par prise journalière pour la vitamine D et 250 microgrammes pour l’iode, on trouve sur Internet des compléments qui ne respectent ces limites. Sans compter la multiplication des sources par l’utilisation de cocktails vitaminés qui peut entraîner un surdosage », prévient Gérard Lasfargues.

Enfin, si dans certains cas la supplémentation des femmes enceintes peut se justifier, notamment en cas de carences en fer ou en vitamine D « avérées », c’est-à-dire confirmée par des analyses sanguines, l’agence émet toutefois deux recommandations importantes :

- éviter la multiplication des sources, surtout en l’absence de besoins établis. Chez la femme en bonne santé, une alimentation équilibrée permet tout à fait de mener une grossesse à bien sans compléments alimentaires ;
- ne prendre que ce qui est prescrit par le praticien (médecin traitant, gynécologue ou sage-femme) qui suit votre grossesse. Il pourra évaluer vos besoins réels, notamment grâce à un suivi biologique, afin de prendre les décisions appropriées au cours de la grossesse.

Nutrivigilance, c’est quoi ?

Depuis plusieurs années, la consommation de compléments alimentaires mais aussi d’aliments ou de boissons enrichis (vitamines, minéraux, acides aminés, extraits de plantes…) augmente et les circuits de distribution évoluent avec une part croissante de ventes en ligne. Ces produits souvent considérés comme anodins par les consommateurs peuvent pourtant exposer les consommateurs à des risques.

Dans ce contexte, l’Anses a mis en place en 2011 un dispositif de nutrivigilance dont l’objectif est de surveiller la sécurité de ces produits dans leurs conditions réelles d’utilisation en recensant et en analysant les effets indésirables pouvant être liés à leur consommation. À côté de bilans annuels, le dispositif étudie ponctuellement des populations ciblées, comme les sportifs ou les femmes enceintes.

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Marie-Noëlle Delaby


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Ingrédients indésirables dans les cosmétiques: Trois familles à bannir des rayons
Pari tenu ! Amorcée en mars 2016 et poursuivie sans relâche depuis lors, notre chasse aux ingrédients indésirables dans les cosmétiques a atteint son objectif principal. Grâce aux outils que nous mettons à leur disposition – la carte-repère à télécharger, les fiches explicatives sur les composants à éviter, les listes des produits en contenant – et à l’interactivité qui se met en place entre nous, les consommateurs et consommatrices apprennent peu à peu à faire des choix éclairés au rayon cosmétique. Lire la liste d’ingrédients d’une crème ou d’un déodorant est devenu un réflexe grâce auquel les internautes nous ont envoyé des centaines de signalements ces derniers mois. Résultat : notre base de données, qui pointait quelque 400 références en mars dernier, en regroupe désormais plus de 1 000 !

Parmi les plus choquants de ces produits nouvellement arrivés dans nos tableaux (1), trois groupes se distinguent.

Les cocktails détonants

Ils ont pour point commun de renfermer plusieurs perturbateurs endocriniens (PE). À la clé, un possible effet cocktail. Enfants, ados et femmes enceintes doivent les fuir. Or, rien n’empêche une adolescente ou une femme enceinte d’utiliser l’Huile sèche sublimante du Petit Marseillais, le déodorant Natur (!) Protect de Sanex, le dentifrice Global Blancheur de Sanogyl, le lait Sculpt System d’Esthederm, la crème de jour pour les cheveux à la grenade de Klorane, la BB crème Peggy Sage ou encore le rouge à lèvres Deborah Milano, qui cumule pas moins de quatre perturbateurs endocriniens ! Quant au baume pour les lèvres Inell (Leclerc), toute la famille est susceptible de l’utiliser, y compris les enfants. Le gel à l’arnica Mercurochrome, lui, contient un seul perturbateur endocrinien, mais pour un produit à l’image pharmaceutique bien ancrée et volontiers utilisé chez les petits, c’est déjà trop !



Les faux doux

« Peau sensible », « apaisant », « hypoallergénique »… C’est à qui se montrera le plus inoffensif parmi ces produits qui pourtant contiennent un allergène des plus redoutables, la methylisothiazolinone (MIT), parfois associé à son proche parent la methylchloroisothiazolinone (MCIT). Nous l’avions déjà constaté, mais vos signalements ne font que le confirmer : ces ingrédients qui donnent des poussées d’urticaire aux dermatologues sont présents dans des produits rivalisant de douceur apparente.



Entre autres, un gel pour l’hygiène intime « hypoallergénique » de Intima, un savon « extra-doux » de By U, une crème lavante « testée sous contrôle dermatologique » de Leader Price, une crème de douche qui « lave en douceur » de Monoprix, un bain moussant « dermo-protecteur » de Manava. Au rayon shampooing, on trouve le Kertyol de Ducray qui « permet d’apaiser les rougeurs et les démangeaisons », un antipelliculaire « dermo-apaisant » de Dessange, une version pour « cuir chevelu sensible » de L’Occitane, un « extra-doux » de Dermactive Capillaires ou encore un « sensitive » de B.app. Pire, certains industriels ont cru bon d’introduire MIT et/ou MCIT dans des cosmétiques destinés aux enfants : gel douche Kids de Tahiti, shampooing Miss de Phytospecific, savon Dettol au pamplemousse, shampooing pour « usage fréquent, dès 3 ans » de Manava.



Les illégaux

Même si la présence de MIT et/ou de MCIT dans les produits rincés est regrettable, elle n’en reste pas moins légale. Ce n’est plus le cas dans les cosmétiques non rincés. Pressentie depuis longtemps, annoncée dans un règlement publié en juillet 2016, effective depuis 4 mois, l’interdiction n’a pas pris par surprise industriels et distributeurs. Ils avaient largement le temps de s’y préparer. Pourtant, nous avons trouvé un certain nombre de références hors la loi. Le cas est particulièrement fréquent dans les produits destinés aux cheveux frisés ou crépus, et ce qu’ils soient vendus dans des magasins spécialisés (marques ORS [Organic Root Stimulator], New Organic, Aunt Jackie’s, Dark and Lovely, ApHogee) ou en pharmacie (Phyto Specific). Mais nous avons aussi trouvé des produits non rincés contenant de la MIT dans divers rayons de grandes surfaces (Carrefour, Monoprix, Tati etc.) ou d’officines : gel coiffant fixation blindée Vivelle Dop, spray solaire pour enfants (!) ainsi que lait et spray après-soleil supposés « calmer rapidement votre peau » de Lovea (2), bille pour les yeux L’Oréal Men, gel jambes légères Jouvence, soin jour Evoluderm, crème mains nutritive Byphasse, traitement pour lèvres Mavill…



Manifestement, fabricants et distributeurs préfèrent écouler leurs stocks que de mettre leur clientèle à l’abri des allergies. Quant aux produits qui se rincent mais dont le temps de pose est long, on ne peut que regretter que le législateur ne les ait pas assimilés à des produits non rincés. Les masques à l’argile du Petit Olivier et, pire, l’antipoux et lentes d’Item peuvent encore faire des dégâts en toute légalité. Fuyez-les !


Mitosyl : bon à jeter



Décidément, les fesses des bébés mériteraient plus d’égards ! En février, nous vous avions alerté sur la présence d’un perturbateur endocrinien dans la crème Dexeryl. Or la pommade Mitosyl aussi en contient un, parmi les plus préoccupants qui plus est : le BHA. Lorsque les fesses sont irritées, la prétendue barrière cutanée est encore moins hermétique qu’une peau saine. Et les tout-petits sont les plus sensibles aux effets des perturbateurs endocriniens. Mais ce n’est pas le seul inconvénient de cette crème. D’après la Haute Autorité de santé, l’utilisation de Mitosyl expose notamment à un risque d’eczéma dû à la présence conjointe de BHA et de lanoline. Bref, toutes les bonnes raisons sont réunies pour se débarrasser de ce produit.

Notes:
(1) Tableaux à consulter pour avoir les références exactes des produits évoqués ici.
(2) Le lait renferme d’ailleurs le mélange MIT-MCIT qui est interdit dans les produits non rincés depuis avril 2016 (règlement publié en septembre 2014) !
Que Choisir en Ligne
Fabienne Maleysson


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Evian Fruits et Plantes et Innocent Bubbles: Des eaux pas si innocentes
Par le passé, Que Choisir a maintes fois attiré l’attention des consommateurs sur les boissons aromatisées, que ce soit via des essais comparatifs ou des analyses sur leur contenance en sucre. Certaines sont en effet de véritables sirops déguisés en eau qui jouent sur un habillage, un nom de marque et parfois même un emplacement en rayon proche des eaux pour se faire passer pour des produits sains. Si l’on peut se réjouir de la disparition progressive de certaines boissons destinées aux enfants, la tendance revient aujourd’hui dans les boissons pour adulte, jouant ironiquement sur l’engouement actuel pour les boissons dites saines et naturelles.

Evian : une boisson sucrée qui fait mauvais genre

Ainsi la marque d’eau minérale Evian joue-t-elle habilement des codes du « bien-être » avec sa nouvelle gamme Evian Fruits & Plantes. Des petites bouteilles translucides tout en rondeur aux teintes pastel qui annoncent en face avant, sous une énorme référence à la marque d’eau minérale, la composition suivante : eau des Alpes + fruit (raisin, framboise ou citron selon les parfums) + plante (rose, verveine ou sureau). Et au cas où nous n’aurions pas compris, les fruits s’affichent en dessin et la bouteille ponctue : « boisson à l’eau minérale naturelle au jus de fruits à base de concentré et aux arômes naturels ».

Mais le diable se niche dans les détails, sur lesquels Evian ne souhaite visiblement pas que le consommateur s’attarde. La difficile lecture de la liste d’ingrédients − en blanc sur fond transparent − nous informe que cette boisson aromatisée contient, entre autres, de l’eau, du jus concentré à hauteur d’à peine 10 % et des arômes de plantes, mais aussi du sucre ajouté ! Avec 18 g de sucres par bouteille (issus du concentré de fruits et du sucre ajouté), c’est certes moins que certaines boissons sucrées, mais toujours trop pour un produit de 37 cl.

Innocent : l’habillage ne fait pas le moine

Autre cas, celui de la marque britannique Innocent qui, profitant de la notoriété de ses smoothies et jus de fruits jouant à fond la carte de la « naturalité », sort cette année en France une nouvelle boisson : Innocent Bubbles. Une boisson composée d’environ 60 % de purée de fruits et 40 % d’eau gazeuse, déclinée en deux parfums, citron jaune-citron vert et pomme-framboise. Pas de doute au vu de sa composition, il s’agit non pas d’un jus de fruit mais bien d’une « boisson gazeuse aux fruits », périphrase plus présentable des sodas. Et malgré sa recette sans sucre ajouté, elle fournit tout de même plus de 17 g de sucre par canette, soit 20 % des apports journaliers recommandés d’un adulte.

Pourtant, ces canettes de soda se piquent d’être « 1 of your 5-a-day », soit l’une de vos 5 portions de fruits et légumes par jour. Une mention totalement inappropriée sur un soda, même à base de jus de fruit. Et cela d’autant plus que la récente mise à jour des repères alimentaires en vue du nouveau PNNS (Programme national nutrition santé 2017-2021) recommande de ne pas consommer plus d’un verre de jus de fruit par jour, qui dans cette limite peut compter pour une portion de fruits et légumes. Le tout en privilégiant les fruits frais pressés. Et certainement pas les sodas !

Vittel en 2003

En 2003, l’UFC-Que Choisir assignait en justice Vittel sur les modalités de présentation de la boisson « Vittel goût trop la pêche » susceptibles d'induire en erreur les consommateurs. Fin 2005, le tribunal de grande instance de Nanterre reconnaissait le caractère trompeur de la présentation de cette boisson, du fait de la dissimulation du taux de sucre, de la mise du produit à proximité du rayon des eaux minérales et du fait d'un conditionnement très similaire.

Plus d’une décennie plus tard, il semblerait que ce jugement n’ait pas découragé l’industrie agro-alimentaire dans son instrumentalisation des argumentaires nutritionnels…

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Marie-Noëlle Delaby


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Emballages alimentaires: Les huiles minérales toxiques pointées par l’Anses
La preuve par des semoules de couscous, des pâtes, du riz, de la chapelure et du sucre. Dès 2011, l’UFC-Que Choisir accusait les emballages alimentaires en carton et leurs encres de contaminer les aliments qu’ils contiennent et exigeait la mise en place sans délai d’une réglementation pour protéger la santé des consommateurs.

L’année suivante, dans un avis relatif à ces huiles minérales présentes dans les denrées alimentaires, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) considérait l'exposition aux hydrocarbures saturés d’huile minérale, les MOSH, « préoccupante » et l'exposition aux hydrocarbures aromatiques d’huile minérale, les MOAH, « particulièrement préoccupante ». Fin 2015, l’association Foodwatch enfonçait le clou avec des analyses sur 120 produits alimentaires vendus en Allemagne, aux Pays-Bas et en France. Dans l’Hexagone, les lentilles corail Auchan détenaient le record de contamination par ces substances soupçonnées d’être cancérogènes et mutagènes.

Dans un avis rendu ce 9 mai, après avoir rappelé le caractère génotoxique et mutagène de certains hydrocarbures aromatiques, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) recommande de limiter l’exposition des consommateurs en imposant « des encres d’impression, colles, additifs et auxiliaires technologiques exempts de MOAH dans le procédé de fabrication des emballages en papier et en carton ». L’Agence cible tout particulièrement les journaux et autres papiers graphiques qui sont identifiés comme les principales sources d’huiles minérales des emballages en papier et carton recyclés. Ce problème est clairement identifié en Allemagne où le recyclage mélange toutes les fibres, si bien que le carton recyclé comprend une part significative de journaux et magazines. En France à l’inverse, les journaux et magazines ont leur propre filière, ils sont recyclés pour l’imprimerie. Reste qu’il est impossible d’acheter un aliment en étant sûr que son carton d’emballage soit « made in France » !

En attendant un durcissement de la réglementation, Que Choisir déconseille le stockage d’aliments secs à l’avance, la migration augmente avec le temps. On peut aussi sortir les aliments de leur emballage carton pour les conserver dans un bocal ou un pot en verre.
Que Choisir en Ligne
Élisabeth Chesnais


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