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Enquête sur la prescription en DCI: Un Déni Caractérisé de l’Intérêt des patients
Pour mesurer le respect de l’obligation de prescription en DCI, souhaitée par l’UFC-Que Choisir depuis 2005, l’UFC-Que Choisir a mené avec l’aide de son réseau d’associations locales, une enquête sur 815 ordonnances, comportant plus de 2700 médicaments prescrits (2) . Ces ordonnances ont été rendues anonymes, avant d’être analysées.

Près des trois-quarts des médicaments encore prescrits en nom de marque

Sur les 2729 médicaments prescrits, seuls 13 % étaient inscrits en DCI. 14 % supplémentaires comportaient la DCI ainsi que le nom de marque, comme le tolère la loi, mais 73 % des médicaments étaient prescrits avec le seul nom de marque. Ce sont les médecins spécialistes qui sont les plus mauvais élèves avec 85 % des médicaments prescrits seulement avec le nom de marque (70 % pour les généralistes). L’obligation légale de la prescription en dénomination commune internationale reste donc, pour l’instant, un vœu pieu. Comment s’en étonner, alors que la loi comme le décret prévoyant cette obligation ne l’ont assortie d’aucun contrôle ni d’aucune sanction ?

Moins d’une ordonnance sur cinq entièrement en DCI

Dans le détail, notre enquête montre que seulement 18 % des ordonnances sont exclusivement rédigées en DCI (ou DCI couplée au nom de marque). Dans 57 % des cas, les ordonnances étaient vierges de toute DCI. Plus surprenant, les 25 % restant mélangent allègrement lignes en DCI et lignes en nom de marque. Certains médecins semblent ainsi avoir commencé à adopter la DCI, mais avec de fréquentes rechutes vers la prescription en nom de marque !

La généralisation de la DCI, un ardent impératif

La prescription en DCI est pourtant une nécessité de santé publique. En effet, sa généralisation sera un moyen efficace de lutter contre le surdosage ou les interactions médicamenteuses, en évitant le piège des noms de marque qui masquent les molécules présentes. La DCI facilite également la prise de traitement à l’étranger, puisqu’elle est comprise partout dans le monde. Elle permet enfin aux consommateurs d’acheter à moindre frais la bonne molécule, sans se soucier des noms de marque. En clair, elle permet de ramener chaque médicament à sa valeur thérapeutique, en s’affranchissant des influences promotionnelles des laboratoires.

Au vu de ces éléments, l’UFC-Que Choisir demande au Ministère de la Santé et à l’Assurance maladie d’enfin soutenir, en l’accompagnant, le déploiement de la DCI en mettant en place :

- L’inscription de la prescription en DCI dans les critères de la rémunération sur objectifs de santé publique des médecins ;
- Des contrôles pour identifier les médecins récalcitrants et leur rappeler instamment cette obligation légale.


(1) Résultats détaillés disponibles dans le Que Choisir n° 543 de janvier, actuellement en kiosque.
(2) Ordonnances collectées du 20 mai au 29 juin 2015, émanant de 72 départements. 73 % provenaient d’un médecin généraliste et 27 % d’un spécialiste.
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Nouveaux médicaments contre le cancer: Des prix injustes et exorbitants
Avez-vous idée du prix des nouveaux médicaments contre le cancer ? Ils sont faramineux. Ils représentent des dépenses de l’ordre de 40 000, 50 000 à 75 000 euros par an et par patient. Par comparaison, les chimiothérapies, médicaments anticancéreux classiques, ne coûtent qu’environ 1 000 euros par patient. Le Keytruda (pembrolizumab), l’une des plus récentes molécules, pourrait être facturé plus de 100 000 euros par an pour chaque malade traité, pour un mélanome, selon la Ligue contre le cancer. L’association lançait donc, il y a quelques jours, l’alerte sur les prix « injustes,exorbitants et insupportables pour notre système de santé » des nouveaux médicaments contre le cancer.

« La vie n’a pas de prix »

Une sorte de fatalisme a prévalu longtemps, face aux sommes extrêmement élevées demandées par l’industrie pharmaceutique. L’idée que « la vie n’a pas de prix » justifiait inconsciemment les dépenses pour ces traitements. Il y a une sorte de malaise à discuter d’argent quand des existences humaines sont en jeu. Mais dans un contexte de ressources limitées, il est au contraire éthique de se poser la question du prix à payer pour ces médicaments. Si leur coût est tel qu’il compromet l’accès de certains malades à ces traitements, la question cruciale se pose : pourquoi sont-ils si chers ?

Déconnecté du coût réel

On pourrait croire que ces médicaments dits « innovants » coûtent très chers à trouver et à produire. Mais ce n’est pas le cas. Les coûts de fabrication ne sont évidemment pas nuls mais ils se comptent en centaines d’euros, pas en milliers. Ensuite, il faut estimer les coûts de recherche et développement du médicament. Il est difficile d’en faire une estimation indépendante précise. Mais il est certain que le prix demandé est très supérieur à ce coût, même additionné d’une marge confortable. Signe de cette déconnexion : le prix de certains médicaments continue d’augmenter avec le temps, alors qu’une fois amortis les investissements initiaux, leur prix devrait s’infléchir. Une centaine d’oncologues américains ont ainsi lancé une pétition, courant 2015, pour exiger une « baisse des prix » des anticancéreux (1). Dans cette lignée, mais moins explicite, la Ligue contre le cancer en France vient de demander une « régulation immédiate ».

Nouveaux mais pas toujours innovants

Le Leem, qui représente les entreprises du médicament en France, a répondu le jour même à la Ligue, se disant prêt à ouvrir le débat. Dans son communiqué, le représentant des laboratoires pharmaceutiques insiste sur le caractère « innovant » de ses produits : « des innovations qui ouvrent à des personnes […] de nouvelles perspectives de guérison ou de rémission ». Or, les nouveaux anticancéreux, si chers, sont loin de tous répondre à cet espoir. Dans certains cas, comme le Glivec (imatinib) contre certaines leucémies, les nouvelles molécules sauvent littéralement la vie de patients. Mais dans beaucoup de cas, malheureusement, les nouveaux traitements n’apportent qu’un bénéfice marginal : quelques mois voire quelques semaines de survie supplémentaires, grevés d’effets indésirables lourds. Ces médicaments sont nouveaux mais n’apportent pas grand-chose de neuf aux malades.Leur prix faramineux n’en est que plus choquant.

(1) http://www.mayoclinicproceedings.org/article/S0025-6196%2815%2900430-9/abstract
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Perrine Vennetier


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Perturbateurs endocriniens: La Commission européenne condamnée
À trop jouer avec le feu, on finit toujours par se brûler les doigts. C’est ce qui vient d’arriver à la Commission européenne qui tergiverse depuis des années, sous la pression de l’industrie chimique, sur l’adoption d’une réglementation contraignante pour encadrer la présence de perturbateurs endocriniens dans les produits alimentaires et d’usage quotidien. Le 16 décembre dernier, elle a été condamnée par le tribunal de l’Union européenne pour ne pas avoir respecté la date limite du 13 décembre 2013 fixée par le règlement No 528/2012 sur les biocides pour l’adoption de « critères scientifiques pour la détermination des propriétés perturbant le système endocrinien ». Une condamnation qui fait suite à une requête de la Suède déposée, le 4 juillet 2014, auprès de la Cour de justice européenne visant à faire constater que la Commission, en ne statuant pas sur le sujet dans les délais impartis, a violé le règlement européen. D’autres États membres – le Danemark, la Finlande, la France, les Pays-Bas – s’étaient associés à la démarche suédoise, également rejoints par le Conseil européen et le Parlement de Strasbourg.

Pour justifier son retard, la Commission avait invoqué la nécessité d’une « étude d’impact » en vue d’évaluer les conséquences économiques de mesures contraignantes pour l’industrie chimique. Un argument jugé non recevable par la Cour européenne qui constate « qu’aucune disposition du règlement n’exige une telle analyse d’impact ». En réalité, un document interne à la Commission, rendu public par la journaliste Stéphane Horel dans son livre Intoxication (La Découverte, 2015) révèle que cette étude d’impact, préalable à la définition scientifique des perturbateurs endocriniens, avait été expressément demandée au secrétariat général de la Commission par l’industrie chimique européenne.

Ingérence du lobby industriel

Une manœuvre, parmi bien d’autres, révélatrice de l’ingérence du lobby industriel auprès des autorités européennes alors que de nombreuses études scientifiques tendent à prouver les effets néfastes des perturbateurs endocriniens sur notre système hormonal. Ces substances (bisphénol A, phtalates, pesticides, solvants…) seraient en effet susceptibles d’être à l’origine de certaines pathologies (cancers hormonodépendants, puberté précoce, difficulté de procréation, surpoids, diabète…).

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase aura été la publication, le 21 janvier 2015, d’un rapport de l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments) affirmant que le bisphénol A (BPA) ne présente pas de risque pour la santé des consommateurs ! Un camouflet pour la France qui venait, pour sa part, de promulguer l’interdiction du BPA dans tous les contenants alimentaires.

Reste à espérer que l’arrêt de la cour de justice va constituer un électrochoc salutaire et que Bruxelles prendra la mesure de ce problème de santé publique, et publiera enfin un cadre réglementaire strict, définissant les critères d’utilisation et les doses admissibles de ces substances toxiques dans notre environnement quotidien.

Perturbateurs endocriniens et loi Santé française

Depuis des années, l’UFC-Que Choisir tire la sonnette d’alarme sur les risques des perturbateurs endocriniens pour la santé humaine et l’environnement. Ces substances font d’ailleurs l’objet d’analyses systématiques dans le cadre de nos tests (produits qui entourent les tout-petits, déodorants et antitranspirants, encens et bougies parfumées, maquillage pour enfants…). L’UFC-Que Choisir avait par ailleurs demandé au gouvernement d’inscrire une définition des perturbateurs endocriniens dans la loi Santé tout juste promulguée. Cette requête n’a pas été entendue, la loi se contentant de prévoir un rapport sur les effets du bisphénol A non chauffé. Reste à savoir si les pouvoirs publics répondront à l’autre demande de l’UFC-Que Choisir de remettre un rapport complet sur les perturbateurs endocriniens dans un délai d’un an à compter de la promulgation de la présente loi.
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Florence Humbert


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Loi Santé: Définitivement adoptée
Tiers payant chez le médecin

À partir du 31 décembre 2016, les médecins devront appliquer le tiers payant à leurs patients pris en charge à 100 % par l’assurance maladie, c’est-à-dire ceux qui sont en affection de longue durée (ALD) et les femmes enceintes à partir du 6e mois de grossesse. Les autres assurés sociaux attendront le 30 novembre 2017 pour profiter de la dispense d’avance de frais, y compris sur la part complémentaire s’ils bénéficient d’une complémentaire santé. Reste à savoir comment seront récupérées les franchises de 1 € sur chaque consultation.

Action de groupe en santé

Elle est instaurée en vue de réparer les dommages corporels subis par les usagers du système de santé. L’action de groupe en santé passera nécessairement par une association agréée.

Dossier médical personnel

Promis depuis la réforme de l’Assurance maladie de 2004, le dossier médical personnel n’en finit pas de ne pas aboutir. Il devrait être développé sous la houlette de l’assurance maladie. Le médecin traitant aura accès à toutes les informations qu’il contient, le patient aussi, qui aura la possibilité de masquer des données, de s’opposer à ce qu’un professionnel de santé consulte son dossier et de savoir qui a consulté son dossier.

MĂ©decin de garde

Un numéro national sera mis en place.

Tabagisme

Ă€ partir du 20 mai 2016, les paquets de cigarettes seront neutres et uniformes.
Il sera interdit de fumer dans une voiture en présence d’enfants de moins de 18 ans.
Après décret, il sera interdit de vapoter des cigarettes électroniques dans les établissements scolaires, les transports publics fermés et les lieux de travail à usage collectif.

Alcoolisme

Les parlementaires ont en grande partie défait la loi Evin qui limitait déjà à peine la publicité en faveur de l’alcool. La loi élargit les possibilités de communiquer autour du terroir, du tourisme, d’une zone de production, etc.

Nutrition

Le principe d’un étiquetage nutritionnel simplifié enfin compréhensible par tous les consommateurs est confirmé. Son format précis reste à définir sous la houlette du ministère de la Santé et de l’Agence de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses). À ces autorités reconnues, le Sénat avait cru bon d’ajouter le Conseil national de l’alimentation. Ce dernier étant composé massivement d’industriels du secteur, arcboutés contre tout système qui permettrait aux consommateurs d’identifier la mauvaise qualité nutritionnelle de certains aliments. L’Assemblée nationale n’a heureusement pas conservé cette instance. Dans l’attente de la définition du modèle officiel, vous pouvez tester le calculateur simplifié récemment mis en place par l’UFC-Que Choisir.

Droit à l’oubli

Des délais au-delà desquels les assureurs ne peuvent plus collecter d’informations sur les pathologies cancéreuses sont fixés : 10 ans après la fin du traitement pour les adultes, 5 ans pour les enfants.

Liens d’intérêt des professionnels de santé

L’obligation pour les professionnels de santé de déclarer leurs liens financiers avec l’industrie de la santé s’étend : elle vaudra aussi quand ils s’exprimeront sur Internet, quand ils écriront un livre ou quand ils donneront un cours à la faculté.

Autre avancée de taille : les firmes pharmaceutiques devront déclarer sur un site Internet unique le montant et l’objet des prestations fournies par les professionnels de santé contre rémunération, par exemple pour un discours lors d’un congrès. Jusqu’alors, la transparence ne s’appliquait qu’aux « cadeaux » – repas, notamment – qui ne représentent pas le plus gros des liens financiers des professionnels de santé avec les laboratoires.

Bisphénol A

Il était question d’interdire le bisphénol A dans les jouets et hochets, mais la loi se contente de prévoir la remise d’un rapport sur les effets du BPA non chauffé.

Sport

Les médecins pourront prescrire de l’activité physique à leurs patients en affection de longue durée (diabète, maladies cardiovasculaires, etc.). Les modalités de prescription seront précisées par décret.

Optique

Les opticiens auront la possibilité d’adapter les prescriptions de lentilles de contact.
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Anne-Sophie Stamane


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Dépassements d'honoraires: Le numéro d’illusionniste de l’Assurance maladie doit cesser
Transparence : vivement l’open data en santé !
On ne peut que s’étonner de la méthode choisie par l’Assurance maladie pour communiquer sur les chiffres 2014 des dépassements d’honoraires. Alors que la loi Santé, en cours d’examen au Parlement, compte instituer le principe de l’open data (ouverture des données publiques) en matière de santé, c’est par le biais d’un journal spécialisé, et d’une habile et parcellaire sélection de chiffres, que l’Assurance maladie a délivré son analyse. On se demande bien pourquoi l’avenant n°8 à la Convention médicale avait pris soin de créer un « Observatoire des pratiques tarifaires », si c’est pour le négliger aussi ostensiblement !

Tour de passe-passe sur la baisse annoncée des dépassements
L’Assurance maladie se félicite ainsi de la baisse d’un point, à 54,1 %, du taux moyen de dépassement des médecins de secteur 2 ou adhérents au Contrat d’accès aux soins. Mais comme le total des honoraires augmente, cette baisse de taux n’empêche pas la masse des dépassements de continuer sa progression, pour atteindre près de 2,5 milliards d’euros l’année dernière.
En réalité, la baisse affichée du taux de dépassement s’explique par une progression du nombre d’actes effectués sans dépassement par les médecins de secteur 2, notamment du fait du contrat d’accès aux soins et de l’interdiction récente d’en facturer aux bénéficiaires de l’Aide à la complémentaire santé. Cela signifie donc qu’un total plus élevé de dépassement se répartit sur un nombre plus limité d’usagers… autrement dit, que le montant moyen des dépassements d’honoraires subis s’accroit.

L’impasse du Contrat d’accès aux soins
Face à cette situation, et comme l’avait dénoncé dès son adoption l’UFC-Que Choisir, le Contrat d’accès aux soins n’est pas une solution crédible. Après deux ans d’existence, son bilan est désastreux : il a permis à 3400 médecins de secteur 1 de pratiquer des dépassements d’honoraires, leur total a continué à s’accroître, et il a contribué à la diminution de la part des jeunes médecins spécialistes qui s’installent en secteur 1 après leurs études, qui ne sont plus que 40 % dans ce cas.

Attachée à l’égal accès aux soins, et alarmée par l’incapacité du Contrat d’accès aux soins à juguler les dépassements d’honoraires, l’UFC-Que Choisir demande :

- la pleine transparence sur la réalité des dépassements d’honoraires, à travers la mise à disposition en open data des données de l’Assurance maladie ;
- le lancement par les pouvoirs publics d’une réflexion autour de la redéfinition de la rémunération des médecins, qui doit aboutir à une disparition à terme des dépassements d’honoraires ;
- la fermeture immédiate de l’installation des jeunes médecins en secteur 2, seule solution pour arrêter l’inexorable recul de l’accès aux médecins spécialistes au tarif de la sécurité sociale.


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Roundup: Cancérogène ou pas ?
En mars 2015, au nom de l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé dont il dépend, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) classait le glyphosate dans la catégorie « cancérogène probable pour l’homme ». La nouvelle avait fait l’effet d’une douche froide, tant les publicités pour le Roundup de Monsanto avaient banalisé son usage.

Comme le soulignait à ce moment Que Choisir, ce classement constituait une bonne raison supplémentaire de renoncer au désherbage polluant, tant le dossier environnemental du glyphosate était déjà chargé.

Mais l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) vient à son tour d’évaluer le glyphosate au nom de l’Union européenne, et l’Agence juge « improbable que le glyphosate présente un danger cancérogène pour l’homme ». Une conclusion diamétralement opposée qui pose question.

Concernant l’évaluation du Circ, tout est clair et transparent. Il s’agit du classement officiel de l’OMS qui fait autorité dans le monde entier. L’évaluation des dangers se base exclusivement sur les études validées et publiées dans des revues à comités de lecture, et les critères d’évaluation sont publiés. Cette procédure permet de vérifier que les éléments de preuve et les conclusions sont scientifiquement valides.

Pour l’avis que l’Autorité européenne de sécurité des aliments vient de rendre, il en va tout autrement. Le communiqué officiel publié par l’Efsa elle-même précise en effet que l’essentiel de son évaluation s’est basée sur des études non publiées. Autrement dit sur des études fournies par les industriels producteurs de glyphosate et couvertes par le secret industriel. On est aux antipodes des travaux scientifiques indépendants soumis à la validation avant publication, tout autant que des preuves vérifiables.

Par ailleurs, contrairement au Centre international de recherche sur le cancer, l’Efsa n’a pas évalué les études humaines. L’autorité européenne a écarté les études portant sur les formulations commerciales, Roundup en tête, du fait qu’elles relèvent de chaque État membre sur le plan réglementaire.

Ce n’est pas la première fois que l’évaluation européenne laisse Que Choisir perplexe.On peut, entre autres, citer le bisphénol A, qui ne présente pas de risque pour les consommateurs selon l’Efsa, ou encore le formaldéhyde, classé cancérogène certain pour l’homme par l’OMS depuis 2004, mais seulement « suspecté » au niveau européen en dépit d’une demande de la France de le passer en cancérogène certain.
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Élisabeth Chesnais


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2ème Soirée débat: Prévoir sa fin de vie
L'UFC Que Choisir de l'Ardèche vous invite à une Soirée débat:





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Prévoir sa fin de vie

De quoi s'agit il ?

Si, en fin de vie, (accident grave, affection grave et incurable), vous n'êtes pas en mesure d'exprimer votre volonté, vos directives anticipées permettront au(x) médecin(s) de connaître vos souhaits concernant la possibilité de limiter des traitements, de les poursuivre ou pas...

Comment rédiger vos directives anticipées ?

- Vous devez être majeur, en état d'exprimer votre volonté libre et éclairée.

- Il s'agit d'un document écrit et signé par vous.

- Si vous ne pouvez pas rédigervous-même, vous pouvez faire appel à 2 témoins qui attesteront de votre volonté par leur signature.

- Après avoir rédigé vos Directives Anticipées, vous pouvez changer d'avis à tout moment et donc les modifier ou les annuler.

Ce document est essentiel car le médecin doit le prendre en compte pour la prise de décision médicale selon la loi du 22 avril 2005 et les textes en vigueur au 31 mars 2016.
Son contenu est prioritaire sur tout autre avis non médical.

Pour s'assurer de leur utilisation le moment venu:

Signalez à la personne de votre choix que vous avez rédigé vos directives anticipées, l'endroit où vous les conservez et tenez cette personne informée d'éventuelles modifications.

Au cours de cette soirée débat sera abordé le contenu de ces directives anticipées et des modèles seront mis à la disposition des participants.

La loi 2016-87 du 02 février 2016 donne de nouveaux droits aux personnes malades en fin de vie: venez en prendre connaissance et en discuter avec nous.

Que Choisir-Ardeche
Jean Amichaud


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Savons désinfectants Sanytol et Dettol: Des biocides au rayon cosmétiques
Savon désinfectant enfant extra-doux, savon hydratant, savon antibactérien doux pour la peau… Les marques Sanytol et Dettol déclinent leurs produits sous des mentions rassurantes, « hypoallergénique », « testé dermatologiquement », « dermo-réparateur », « sans paraben », « aux actifs naturels »… Tous ces savons « éliminent 99,9 % des bactéries » chez Dettol, et « détruisent 99,9 % des bactéries, virus, microbes » chez Sanytol.
Au rayon savons des grandes surfaces, ces produits inspirent confiance. On les achète pour un usage quotidien en pensant bien faire. À tort, car ils n’ont rien d’anodin. Contrairement aux savons classiques, qui relèvent de la réglementation sur les cosmétiques, les Sanytol et Dettol n’y sont pas soumis. Ce ne sont pas des produits cosmétiques mais des biocides. En termes d’obligations, de composition et d’information au consommateur, ça change tout. Les savons classiques doivent mentionner tous leurs ingrédients et détailler le nom de leurs parfums s’ils figurent sur la liste officielle européenne des 26 fragrances allergisantes. Rien de tel pour les savons Sanytol et Dettol, car la réglementation qui s’applique aux biocides est bien moins contraignante en matière d’étiquetage. Inutile de lister la composition, seule la matière active doit être indiquée.

Trois produits fortement chargés

Sanytol et Dettol tirent parti de cette situation. Biocides du point de vue réglementaire, leurs savons ne mentionnent pas leurs ingrédients dans le détail. Impossible de savoir s’ils contiennent des substances nocives, qu’il s’agisse de perturbateurs endocriniens ou d’allergènes. Du point de vue du marketing, en revanche, ils jouent à fond la carte des cosmétiques. Le consommateur n’y voit que du feu.
Nous avons donc recherché les 26 parfums allergisants qui doivent être étiquetés sur les cosmétiques (voir ci-dessous). Résultat, « le geste sain Sanytol » n’a rien de sain. Deux des quatre savons testés en contiennent en grande quantité, alors qu’ils s’affichent « hypoallergénique ». Une information trompeuse. Un des six savons Dettol, qui se dit « doux pour la peau », contient, lui aussi, un allergène à forte dose. Certes, son nom et la mention « peut produire une réaction allergique » figurent au dos de l’emballage mais cela ne saute pas aux yeux.
Au vu de notre test, il est inadmissible que des savons biocides soient vendus au rayon des cosmétiques alors qu’ils n’ont pas l’obligation d’offrir le même niveau d’information aux consommateurs. Que Choisir les déconseille vivement. D’autant que chercher à éliminer les microbes de son quotidien est une mauvaise idée. « L’immensité des bactéries sont nos amies, seule une infime minorité est potentiellement pathogène, il est absurde de vouloir vivre dans un logement stérile, souligne Patrice Courvalin, professeur au département de bactériologie de l’Institut Pasteur. Les désinfectants sont la meilleure et la pire des choses. Côté positif, ils tuent les bactéries, elles éclatent, c’est très efficace. Côté négatif, les bactéries ont développé des mécanismes de résistance, à la fois aux biocides et aux antibiotiques. Quand on utilise des biocides, on peut favoriser des bactéries mutantes multirésistantes. »

Les résultats de nos analyses

Le laboratoire a recherché les parfums allergisants. Leur étiquetage est obligatoire sur les cosmétiques si leur teneur dépasse 100 mg/kg. En revanche, Sanytol et Dettol, biocides, n’ont pas cette obligation. Trois produits ont des teneurs plus de dix fois supérieures !


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Élisabeth Chesnais


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Encens, bougies, Papier d’arménie: À quand la protection des consommateurs ?
Après avoir analysé les émissions polluantes des sprays assainissants et des aérosols désodorisants, « Que Choisir » vient de tester des encens, des bougies, le Papier d’arménie et des parfums d’intérieur que l’on chauffe.

Résultat, alors que l’air extérieur des grandes villes est réputé pollué, avec certains des produits testés, on peut respirer plus de benzène assis confortablement dans son salon qu’en se promenant dans une rue embouteillée. Et cet hydrocarbure cancérigène par inhalation n’est pas le seul à être émis. Entre formaldéhyde, acroléine, perturbateurs endocriniens et dangereuses particules fines, on peut inhaler un cocktail de substances plus toxiques les unes que les autres.

Le pire, c’est qu’en magasin, il est impossible de faire la différence entre un parfum d’intérieur polluant et un non polluant. Respirer un air à peu près sain ou fortement contaminé par la bougie, le spray ou l’encens qu’on vient d’acheter ? C’est une affaire de loterie, le plus pur des hasards.

Onze ans après le premier test de « Que Choisir » sur les parfums d’intérieur, rien n’a changé. On vend toujours des produits très polluants comme s’ils étaient parfaitement anodins. L’air intérieur a beau être devenu un enjeu de santé publique de premier plan, la réglementation n’avance… qu’à tout petits pas.

Pourtant, les projets existent. Le Plan national pour la qualité de l’air intérieur publié par le gouvernement en 2013 prévoit d’étiqueter les produits susceptibles de polluer l’air intérieur. Il précise même que « les produits les plus polluants, par exemple les encens qui émettent plus de 2 µg/m3 de benzène, seront interdits », et il préconise un étiquetage obligatoire pour tous les désodorisants. Au vu des résultats de notre test, il y a urgence à l’appliquer.
Que Choisir en Ligne
Élisabeth Chesnais


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