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Coronavirus: Les masques maison, mieux que rien
Confectionner un masque maison, une idée saugrenue ? Pas si sûr. Acheter des masques en pharmacie est impossible depuis le début de l’épidémie de Covid-19, et il vaut mieux de toute façon les réserver aux professionnels de santé qui en manquent cruellement pour leurs consultations. La seule solution, pour qui souhaite limiter la contamination de cette façon, consiste à s’armer d’une machine à coudre (à défaut, d’une bonne dose d’huile de coude) et de chutes de tissu.

Attention, comme nous l’avons rappelé, s’affubler d’un masque et se croire à l’abri du coronavirus est une erreur. Toutes les études le montrent, en période de circulation généralisée d’un virus, le masque n’est rien s’il n’est pas accompagné de mesures strictes de lavage des mains et, comme c’est le cas en ce moment, de confinement de la population. Mais, même marginale, son utilité peut s’entendre, surtout pour une épidémie qui passe par de nombreux porteurs sains ou faiblement symptomatiques. L’idée étant, dans le doute, d’éviter de répandre autour de soi le virus dont on pourrait être vecteur sans le savoir.

Deux études ont montré que les masques en tissu maison protégeaient moins bien que les masques FFP2 ou chirurgicaux, mais qu’ils protégeaient quand même. En somme, c’est mieux que rien. L’une d’elles, publié en 2013, a comparé différentes matières textiles, notamment celles disponibles à la maison en cas d’urgence. Conclusion, il vaut mieux utiliser des sacs pour aspirateur ou des torchons, que du lin ou des vieux t-shirts, dont la trame n’est pas assez serrée. Le modèle doit également épouser les contours du nez, afin qu’il y ait le moins d’interstices possibles. Le patron et les instructions de réalisation diffusées par le CHU de Grenoble (1) donnent un résultat correct. Le masque est constitué d’une première épaisseur en coton épais et d’une doublure plus légère. Entre les deux vient s’intercaler un morceau de sac d’aspirateur ou de molleton.

Une fois le masque terminé, tout l’enjeu consiste ensuite à l’utiliser correctement. Pas question de le garder des heures, ou de l’enlever et de le remettre sans cesse : il serait très vite contaminé. Un masque artisanal en tissu n’est efficace que le temps de quelques courses à l’extérieur. Il faut le mettre en place au moment de partir, après s’être lavé les mains, et attendre d’être rentré pour l’ôter. Un nettoyage s’impose après chaque utilisation, sans excès : c’est le savon qui débarrasse le tissu d’une éventuelle contamination, de l’eau chaude du robinet suffit.

(1) Informations disponibles sur https://www.infirmiers.com/pdf/masque-tissu.pdf
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Anne-Sophie Stamane


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Coronavirus: Pas d’anti-inflammatoires en cas d’infection
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ne font pas bon ménage avec les infections, même virales. La Covid-19 qui circule en ce moment en France et partout dans le monde ne fait pas exception. La prise d’ibuprofène et autres médicaments de cette famille « pourrait être un facteur d’aggravation », a averti le ministre de la Santé Olivier Véran sur son compte Twitter. La Direction générale de la santé signale également des « événements indésirables graves liés à l’utilisation des AINS » chez des patients ne présentant pas de facteur de risque particulier.

En cas de symptômes, le traitement de choix reste le paracétamol (Doliprane, Efferalgan, Dafalgan, etc.). Dans ce cas, la dose à ne pas dépasser est de 60 mg par kilo par jour ou 3 grammes par jour. Il ne faut en aucun cas prendre d’AINS (Advil, Nurofen, Spedifen, etc.). En revanche, les personnes suivant déjà un traitement anti-inflammatoire, corticoïde par exemple, ne doivent pas l’interrompre sans avis de leur médecin.

Un risque déjà connu

Ce lien entre AINS et complications infectieuses n’est pas nouveau. En avril 2019, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) l’a mis en évidence dans un rapport sur l’ibuprofène et le kétoprofène (Bi-Profénid), tous deux très utilisés. Ce risque peut concerner des situations banales, comme des angines ou des piqûres d’insectes. Depuis 2000, 337 cas de complications infectieuses ont été liés à la prise d’ibuprofène et 49 à la prise de kétoprofène, chiffre l’Agence.

Dans l’espoir de limiter les mauvais usages, l’accès aux anti-inflammatoires (ibuprofène, aspirine) dans les pharmacies a été limité le 15 janvier. Ils ne sont plus en libre-service mais restent disponibles sans ordonnance. Il faut désormais les demander au pharmacien, qui devrait remplir son rôle de conseil à cette occasion.
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens à éviter en cas d'infection (virale ou bactérienne)*

Afin de proposer une information à jour, le département de pharmacologie de l’université de Bordeaux, en lien avec les centres de pharmacovigilance, propose un site dédié au lien entre Covid-19 et médicaments. Il est possible d’y vérifier si un traitement suivi présente un risque d’aggravation des symptômes en cas d’infection. Il est disponible à l’adresse suivante : https://www.covid19-medicaments.com/



* D’autres formes non listées ici existent (suppositoire, collyre, gel, etc.). Elles ne sont pas concernées par cette alerte de l’ANSM.
Les bons réflexes

En cas de symptômes suspects (fièvre, toux, difficultés respiratoires/essoufflement), il est recommandé de rester à domicile et d’éviter tout contact avec des personnes saines. Les mesures barrières s’imposent alors plus que jamais, y compris à domicile :

- hygiène régulière des mains ;
- tousser dans son coude ;
- recours Ă  des mouchoirs Ă  usage unique ;
- Ă©viter les embrassades.

Si la téléconsultation est accessible, n’hésitez pas à la privilégier. Cela participera à limiter la transmission du virus. Pour la même raison, ne vous rendez pas chez votre médecin avant de l’avoir appelé et averti de vos symptômes. Si les symptômes s’aggravent (difficultés respiratoires accrues, signes d’étouffement), contactez le 15.

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Audrey Vaugrente


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Nanoparticules: Un appel Ă  plus de prudence
À cause de leur taille infinitésimale, augmentant a priori leurs potentialités toxiques, et de leur comportement imprévisible, les nanoparticules, présentes dans de nombreux produits de consommation courante, sont l’objet d’une vigilance particulière de la communauté scientifique. Mais les décisions politiques tardent à être prises, si ce n’est l’interdiction du dioxyde de titane dans les produits alimentaires. C’est ce qui est ressorti de la présentation à la presse du rapport du Comité de la prévention et de la précaution (CPP), groupe d’experts placé sous l’égide du ministère de la Transition écologique et solidaire.

Les besoins en matière de recherche sont considérables, ont souligné les membres du CPP. Le problème central est qu’on ne sait pas bien mesurer les nanoparticules, c’est une entrave majeure à l’évaluation des risques auxquels sont exposés travailleurs et consommateurs. Malgré tout, les recherches se multiplient et confirment que ces particules ont une capacité particulière à franchir les barrières biologiques normalement protectrices, y compris la barrière placentaire, ce qui leur confère une potentialité toxique accrue. Les capacités d’accumulation dans l’organisme des « nanos » doivent aussi être prises en compte en priorité pour éviter des scandales sanitaires tels que ceux de la silice (responsable de la silicose des mineurs) ou de l’amiante.

Immobilisme des pouvoirs publics

La question du devenir dans l’environnement de ces substances est également cruciale. On pense par exemple aux nanoparticules d’argent (vêtements avec traitement antibactérien, pansements) dont les propriétés bactéricides en font une menace pour les écosystèmes. On voit l’ampleur de la tâche à laquelle doivent s’atteler les chercheurs, malheureusement les rigidités propres à l’administration française leur mettent des bâtons dans les roues. Ainsi, le Haut conseil de santé publique est supposé évaluer les risques auxquels sont exposés les travailleurs et riverains d’usines produisant du dioxyde de titane nanométrique. Mais il n’a pas, réglementairement, accès au registre recensant ces sites de production et les quantités produites ! Depuis plus d’un an, le travail des scientifiques est bloqué de ce fait. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres de l’immobilisme des pouvoirs publics, encouragés en cela par des industriels qui ont tout intérêt à jouer la montre.

Dans ce contexte, le CPP appelle à un sursaut et regrette la faible prise en compte de l’intérêt des consommateurs et citoyens. « En tant que pédiatre, je suis préoccupé par le caractère pro-inflammatoire de beaucoup de ces particules, l’inflammation étant en tête des facteurs menant au cancer, a déclaré Alain Grimfeld, président du CPP. Nous sommes dans le cas typique où doit s’appliquer le principe de précaution avec des substances présentant un danger non complètement défini mais plausible et ayant un impact possible important en matière de santé. On ne peut pas continuer à produire des nanoparticules par milliers de tonnes en disant "circulez, y a rien à voir". »

Autorisation préalable comme pour les médicaments

Pour une meilleure prise en compte de l’utilité pour la société de ces substances préoccupantes, le CPP a même évoqué l’idée d’une autorisation préalable de mise sur le marché, sur le modèle des médicaments. Pour chaque produit, l’intérêt de l’introduction de nanoparticules serait mis en balance avec les risques potentiels. Si un tel système avait existé dans le passé, on aurait pu par exemple se demander si le fait d’avoir des bonbons un peu plus brillants (cas du nano-dioxyde de titane) ou des chaussettes un peu moins malodorantes (cas du nano-argent) pouvait justifier les risques pour la santé et l’environnement.
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Fabienne Maleysson


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Nouveau coronavirus: À quoi servent vraiment les masques chirurgicaux ?
Les pharmacies des grandes villes disent avoir été dévalisées et les prix s’envolent sur les sites de e-commerce comme Amazon. Les masques chirurgicaux sont au cœur de toutes les attentions depuis l’annonce d’une épidémie causée par une nouvelle souche de coronavirus (nCOV) venue de Chine. Les acheteurs sont des personnes en bonne santé qui voyagent vers la Chine, ses pays voisins, ou simplement des inquiets restant en métropole. Mais ces masques sont-ils vraiment utiles ? La question mérite une réponse nuancée selon la situation.

Lorsqu’on ne présente pas de symptômes : inutile pour se protéger

Les différentes agences sanitaires présentent un front unanime. Le port d’un masque de protection est inutile, même chez les personnes à haut risque de complications. En effet, plusieurs essais cliniques ont été menés. Ils n’ont pas réussi à démontrer l’efficacité des masques chirurgicaux, portés par les professionnels de santé lors des soins ou des opérations. Les tests effectués avec les modèles plus sophistiqués (FFP), équipés d’un dispositif de filtration et couvrant le bas du visage, ont aussi échoué. De fait, les infections respiratoires ne se propagent pas uniquement par les gouttelettes de salive, mais aussi par les mains, ce qui rend ces masques insuffisants, face à un coronavirus comme face à une grippe saisonnière.

Lorsque le lavage des mains est ajouté au masque, la prévention devient d’ailleurs efficace. Cela suggère qu’associer différentes mesures dites « barrière » est une meilleure méthode.

Lorsqu’on présente des symptômes : souvent utile pour protéger les autres

Le port du masque est recommandé par le ministère de la Santé aux personnes présentant des symptômes. Il est relativement efficace, comme l’a montré une étude originale. 37 personnes souffrant de la grippe ont toussé avec et sans masque chirurgical dans un appareil qui a mesuré la quantité de virus exhalé. Le port du masque a divisé par deux ou trois le nombre de copies repérées. Mais cela ne suffit pas. Les infections respiratoires, comme la grippe ou les coronavirus, se propagent de trois façons :

- par les gouttelettes de salive Ă©mises lors de la toux ou des Ă©ternuements ;
- par les aérosols viraux présents dans le souffle ;
- par les mains.

Les masques chirurgicaux ne couvrent pas l’intégralité du visage et laissent donc passer les aérosols.

En dehors de l’hôpital, le port occasionnel du masque risque de ne pas suffire à limiter efficacement la transmission, avertissent les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC). Par précaution, il doit être porté aussi souvent que possible, surtout en cas de contact avec des personnes fragiles (femmes enceintes, enfants, personnes malades ou âgées).

À l’hôpital, ils doivent être systématiquement portés tant que le patient malade n’est pas isolé. Cette mesure de précaution s’applique aussi en cas de visite au cabinet médical ou dans un autre établissement de santé.

Dans tous les cas, plusieurs mesures barrières doivent être associées, rappelle la collaboration Cochrane, à l’origine d’une revue sur le sujet. Parmi elles :

- se laver régulièrement les mains ;
- tousser dans son coude ;
- utiliser des mouchoirs Ă  usage unique ;
- nettoyer régulièrement les surfaces souillées ;
- rester chez soi jusqu’à disparition des symptômes.


Comment bien mettre un masque chirurgical

D’abord, lavez-vous les mains avec de l’eau et du savon en frottant pendant 30 secondes.
Prenez le masque en positionnant le bord rigide vers le haut. Il se posera sur le nez. La face absorbante est blanche, elle s’appliquera sur la bouche. Si le masque dispose d’élastiques, passez-y vos mains.
Posez le masque sur votre visage en incluant votre menton. Si le masque dispose d’élastiques, passez-les derrière vos oreilles. S’il dispose de lacets, nouez-les derrière votre nuque.
Modelez la partie rigide pour l’adapter à la forme de votre nez. Une fois que cette tâche est finie, assurez-vous de l’étanchéité du masque au niveau du nez et du menton.
Le masque doit être jeté dès qu’il est humide.

Source : ministère des Solidarités et de la Santé.

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Audrey Vaugrente


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Enquête auprès des médecins généralistes Près d’un médecin traitant sur deux refuse de nouveaux patients
44 % des médecins généralistes enquêtés refusent les nouveaux patients

L’enquête inédite menée par les bénévoles de l’UFC-Que Choisir en juin dernier a permis de contacter anonymement 2770 médecins généralistes, répartis sur tout le territoire, pour savoir s’ils acceptaient de nouveaux patients en tant que médecin traitant(1). 44 % des médecins interrogés ont refusé notre demande, et 9 % supplémentaires ont déclaré qu’ils souhaitaient d’abord voir le patient avant de se décider. Nos enquêteurs ont constaté de grands écarts entre départements : si moins de 20 % des généralistes refusaient de nouveaux patients dans le Bas-Rhin, la Meurthe-et-Moselle et les Pyrénées-Atlantiques, le taux de refus grimpe à 70 % dans l’Allier, 78 % en Charente et même 86 % en Seine-et-Marne ! Quant aux motifs évoqués par les professionnels de santé enquêtés, 71 % déclarent avoir déjà trop de patients, quand 14 % arguent de leur départ prochain à la retraite. Comment s’étonner dès lors que près d’un Français sur dix n’ait pas de médecin traitant déclaré ?(2)

La France périphérique, nouveau visage des inégalités d’accès aux soins

Etonnamment, notre enquête montre que les difficultés les plus grandes ne se rencontrent pas dans les déserts médicaux les plus importants, mais davantage dans la France périphérique des communes moyennes. Ainsi, si le taux de refus est de 33 % dans les communes de moins de 3000 habitants, et de 34 % dans les communes de plus de 100 000 personnes, il grimpe à 52 % dans les villes de 10 000 à 100 000 habitants ! Un constat qui se confirme si l’on analyse les résultats en fonction de la densité locale de médecins : les refus sont moins nombreux quand l’offre de généralistes est nettement insuffisante (39 % de refus en moyenne) que dans les territoires où la densité est dans la moyenne (46 %)(3). Ainsi, tout se passe comme si les médecins présents dans les zones rurales, sachant que les usagers sont privés d’alternative, avaient davantage de réticence à refuser des patients, pour ne pas les laisser démunis. A l’inverse, dans les déserts médicaux des villes moyennes, la présence de confrères, bien qu’en nombre insuffisant pour répondre aux besoins de la population, semble déculpabiliser les praticiens, qui refusent plus largement de nouveaux patients.

La pénurie de médecins traitants menace l’accès de tous aux soins de qualité

Cette situation est d’autant plus préoccupante que notre système de santé est organisé depuis quinze ans autour de la figure du médecin traitant, appelé à gérer l’orientation des usagers dans le parcours de soin. En conséquence, ne pas avoir de médecin traitant expose les usagers à une forte pénalisation de leurs remboursements de soins ; encore faudrait-il qu’ils soient en mesure d’en choisir un ! Cette carence est en outre le symptôme d’un problème plus large de mauvaise répartition des médecins sur le territoire du fait d’une liberté totale d’installation, dénoncée de longue date par l’UFC-Que Choisir, et par un nombre croissant d’acteurs (Cour des Comptes, Direction du Trésor, etc.).

Décidée à garantir un égal accès aux soins sur tout le territoire, l’UFC-Que Choisir presse les pouvoirs publics à agir enfin pour résorber les déserts médicaux qui s’étendent maintenant aux villes moyennes. L’association appelle ainsi les députés à adopter, la semaine prochaine, la proposition de loi contre la désertification médicale et pour la prévention, qui, par l’instauration d’un conventionnement territorial des médecins, amènerait les professionnels de santé à exercer là où sont les besoins de la population. Par ailleurs, l’UFC-Que Choisir demande à la Ministre de la Santé de mettre fin à la pénalisation financière des usagers sans médecin traitant, devenue inique dans les nombreux territoires en pénurie de médecins, et à organiser d’urgence un système de désignation d’un médecin traitant à chaque usager qui en fera la demande.

Notes:

1 -Enquête conduite entre le 8 et le 22 juin 2019 par les bénévoles des associations locales de l’UFC-Que Choisir de 78 départements de métropole et d’outre-mer. Résultats détaillés dans le Que Choisir n° 586 actuellement en kiosque.
2 -Source : Assurance Maladie, citée dans le Rapport des délégués nationaux à l’accès aux soins, octobre 2018.
3 -L’offre nettement insuffisante est ici définie comme les territoires où l’offre de médecins généralistes disponible à moins de 30 minutes du domicile est inférieure d’au moins 30 % à la moyenne nationale. Source : Etude UFC-Que Choisir à partir de données Assurance Maladie, 2016.
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Alimentation ultratransformée: L’industrie agroalimentaire gave les bébés
Entre profil nutritionnel défavorable et informations sur l’emballage non conformes aux recommandations, les jus de fruits, laits en poudre, céréales, biscuits, compotes et autres purées pour nourrissons ne satisfont pas aux principes d’une alimentation équilibrée. Le bureau européen de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a dressé un réquisitoire sévère contre les aliments pour nourrissons vendus par l’industrie agroalimentaire dans un rapport publié le 15 juillet 2019.

L’OMS a étudié près de 8 000 aliments collectés dans les commerces de détail de 4 villes : Vienne en Autriche, Sofia en Bulgarie, Budapest en Hongrie et Haïfa en Israël (entre fin 2017 et début 2018). Dans trois de ces villes, la moitié ou plus des produits étaient trop sucrés, d’autres étaient trop salés, et beaucoup comptaient des arômes parmi leurs ingrédients. Le rapport cite des arômes tels que vanille, cannelle, chocolat, cacahuète… voire des associations surprenantes destinées à cacher le goût de certains ingrédients : pomme avec pomme de terre, purée de pomme avec poulet, truffe pomme-mangue… Or, « ces arômes et sucres ajoutés peuvent exercer une influence sur les préférences gustatives des enfants », qui préféreront en grandissant les aliments plus sucrés, riches en matières grasses ou en sel. Des caractéristiques typiques de l’alimentation ultra-transformée, dont des études montrent pourtant des conséquences dommageables pour la santé.

Mention trompeuse

Dans les quatre villes, entre 28 et 60 % de ces aliments pour bébé ont été commercialisés avec la mention trompeuse « convenant aux nourrissons de moins de 6 mois ». Là aussi, l’OMS s’inscrit en faux (1). Elle recommande depuis longtemps l’allaitement maternel exclusif pendant les 6 premiers mois de vie de l’enfant. Des mentions telles que « approprié » ou « convenant » aux nourrissons de cet âge, apposés sur des aliments de diversification alimentaire (autres que le lait en poudre), solides (purées, compotes) ou liquides (jus de fruits et autres boissons), sont donc en contradiction avec ce message. L’agence estime que ce type de produits ne devrait même pas être commercialisé pour cette tranche d’âge.

Allégations nutritionnelles inappropriées

Autre pratique critiquable, une partie des produits (13 à 35 %) affichent sur leur emballage des allégations nutritionnelles sur les thèmes de la santé et du développement telles que promoteurs de croissance, renforcement du système immunitaire ou nerveux, protection contre le stress oxydatif, absorption de fer… L’OMS soulève d’autres tendances problématiques, comme le type de contenant : les poches souples sont de plus en plus utilisées en substitution aux pots en verre. Mais ces poches – certes pratiques – avec une purée sans grumeaux, n’apprennent pas à manger, et seraient source de suralimentation.

L’agence de l’ONU fustige également les pratiques des fabricants de fournir gratuitement ou à prix réduit des échantillons de ces aliments, « directement ou par l’intermédiaire du personnel de santé ». Ils incitent les familles à acheter ces produits, « risquant ainsi de compromettre l’allaitement maternel ». Or un bon équilibre alimentaire au cours de la petite enfance est essentiel pour un développement harmonieux et une prévention de l’obésité et des maladies qu’elle entraîne.

L’OMS recommande l’allaitement maternel exclusif pendant les 6 premiers mois, puis une alimentation riche en nutriments (préférentiellement élaborée à partir de produits bruts) et pauvre en sels et en sucres, et qui exclut les boissons sucrées (y compris les jus de fruits), snacks et confiseries jusqu’à l’âge de 3 ans. Elle demande aussi que les sucres ajoutés et édulcorants ne soient pas utilisés.

En France, les recettes simples et bio triomphent

Dans l’Hexagone, les pots pour bébés et autres compotes affichent plutôt de bonnes pratiques. La plupart, voire tous les pots destinés aux tout-petits (4 à 6 mois) ont des recettes très simples, incorporant un, deux voire trois légumes, agrémentés d’un peu d’huile, ou des fruits sans sucres ajoutés. Dans les compotes, le conservateur utilisé est souvent le jus de citron. Ponctuellement, on y trouve des arômes de vanille, ou de l’acide ascorbique (antioxydant). De rares plats préparés contiennent de l’amidon de maïs, sans autre précision. Aucune allégation nutritionnelle n’est mise en avant, les fabricants jouant plutôt sur les arguments porteurs comme « Bio » ou « Fabriqué en France », qui concernent désormais la quasi-totalité de l’offre.

En revanche, à l’instar des constats dans les quatre pays étudiés par l’OMS, les contenants de type gourdes souples font leur apparition pour les purées (elles existent depuis longtemps pour les compotes).

L’indication sur l’âge est prudente, affichant un sobre « dès 4/6 mois ». L’Anses n’est pas tout à fait sur la même ligne que l’OMS : elle recommande d’entamer la diversification « à partir de 4 mois et pas après 6 mois ». Elle considère en effet que la couverture des besoins en protéines, vitamine A, fer et zinc par le lait maternel est en général assurée jusqu’à 6 mois par une mère bien nourrie, « sauf pour une petite proportion », qu’il convient donc de complémenter.

(1) Cette pratique est autorisée par la législation européenne.
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Elsa Casalegno


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Douleurs chroniques: Ce qui marche vraiment
« En 2019, on sait aller sur la Lune, mais on ne sait toujours pas soigner l’arthrose sévère. » Les témoignages que nous avons reçus à propos des douleurs chroniques oscillent entre colère et résignation pour ceux qui ne sont pas soulagés. Mais un bon nombre d’entre eux racontent aussi comment la vie a repris le dessus. Cette palette illustre à la fois la complexité des douleurs chroniques de l’appareil locomoteur (dos, muscles, articulations, etc.) et la difficulté de leur prise en charge. Notre dossier est centré sur les douleurs musculo-squelettiques. Il ne traite pas les douleurs particulières telles la migraine, les douleurs neuropathiques, celles liées à un cancer, etc. dont les prises en charge sont spécialisées.

Une vraie maladie



On appelle « douleur chronique » un mal qui dure depuis plus de trois mois ou qui persiste au-delà du délai habituel de guérison. Les douleurs peuvent être associées à des pathologies chroniques, comme l’arthrose ou les rhumatismes inflammatoires. En plus de leur durée, ces douleurs sont caractérisées par leurs effets invalidants sur la vie au quotidien, ce que les médecins appellent les capacités fonctionnelles et relationnelles. À cause de la douleur, travailler, se déplacer, entretenir des amitiés ou s’amuser devient pénible, voire impossible. Un quart des personnes qui ont répondu à notre enquête jugent que leurs douleurs ont un impact « très important » sur leur qualité de vie.

L’engrenage douloureux

Une erreur courante est de considérer la douleur chronique comme une douleur aiguë (« je me suis tordu la cheville » ou « j’ai une appendicite »)... qui dure. Avec le temps, elle se transforme et revêt de nouvelles dimensions. Au cœur, il y a la perception : « aïe, j’ai mal comme quand je me fais un torticolis. » Autour de cette sensation physique, des émotions, des peurs, des pensées et des comportements d’éviction viennent se greffer, qui diminuent les capacités du corps à se défendre de la douleur et, au final, l’entretiennent. « L’exemple classique est celui d’une personne qui a mal au dos et qui marche de moins en moins parce qu’elle a peur d’avoir mal si elle marche. Or, à force de ne plus marcher, les muscles s’affaiblissent, la personne se “ déconditionne ” et a plus facilement mal lorsqu’elle marche », détaille le Dr Christian Guy-Coichard, du centre d’évaluation et de traitement de la douleur de l’hôpital Saint-Antoine, à Paris. En conséquence, la personne se crispe à l’idée d’avoir mal. Et vivre crispé, ça fait mal. Fatigue, troubles du sommeil et anxiété s’installent alors, des troubles qui nous rendent plus sensibles à la douleur (voir encadré). Non seulement les raisons de souffrir se multiplient, mais la sensibilité au mal est elle-même accrue.

Le cafouillage des circuits nerveux

De surcroît, le cerveau s’en mêle. La douleur s’installe dans la mémoire et finit, comme un air de musique qui trotte dans la tête, par exister par elle-même. De plus, à force d’être stimulés, les circuits nerveux de la douleur se mettent à cafouiller. « En temps normal, il existe des “ centres de contrôle ” dans le cerveau qui filtrent les messages douloureux et jouent en quelque sorte le rôle d’amortisseurs, explique le Dr Noémie Delage, de l’institut Analgesia à Clermont-Ferrand. Eh bien, en cas de douleurs chroniques, ce contrôle se dérègle et c’est comme si les vannes étaient grandes ouvertes pour la douleur. » Tout concourt donc à créer une maladie à part entière : la « maladie douloureuse ». Reconnaître l’existence de cette maladie et l’enchevêtrement de toutes ses dimensions est important. Pas seulement pour la théorie. C’est la première étape du traitement.

Un traitement Ă  plusieurs cordes



La compréhension de cet enchevêtrement est une des clés pour le détricoter. Bien sûr, il est indispensable de pratiquer tous les examens nécessaires et si une cause (rhumatisme inflammatoire, par exemple) est trouvée, il faut la traiter. Mais, sinon, s’entêter à faire des examens devient contre-productif. Le principe de la prise en charge s’appuie plutôt sur une approche pluriprofessionnelle, c’est-à-dire faire appel à plusieurs thérapies qui jouent sur les différentes composantes des douleurs chroniques.
Les médicaments : Utiles mais insuffisants

Les médicaments antidouleurs sont souvent la première réponse médicale. Ils peuvent aider, c’est indéniable, mais ils n’éradiquent pas les douleurs à long terme. De même, « les injections d’acide hyaluronique ont été présentées comme un traitement curatif de l’arthrose, se remémore le Dr Guy-Coichard. Ce n’est pas vrai. »

En pratique. Utilisés à bon escient et sans en attendre de miracle, les antidouleurs ont leur place dans une démarche multidisci­plinaire. Certains kinésithérapeutes demandent, par exemple, à leurs patients de prendre du paracétamol avant les séances de façon à rendre le travail plus indolore.

L’activité physique adaptée : Une clé de voûte

L’activité physique est l’approche qui recueille le meilleur taux de satisfaction chez nos lecteurs (voir encadré). Les commentaires font l’éloge des étirements ! Une distinction méritée. L’activité physique est en effet une composante indispensable pour sortir du cercle vicieux des douleurs chroniques. Les dernières recommandations américaines contre le mal de dos ont hissé les exercices en traitement numéro un, avant les médicaments. Ils ont un double effet : physique (souplesse, musculation) et mental (détente). Certaines activités sont clairement à la croisée des deux comme le yoga ou les gymnastiques chinoises (taï-chi et qi gong). Le recours aux thérapies manuelles telles que la kinésithérapie ou l’ostéopathie favorise aussi cette remise en mouvement.

En pratique. « L’important, c’est de se fixer de petits objectifs au début, souligne le Dr Delage. L’ancien marathonien doit accepter de recommencer en trottinant quelques minutes. »

Les thérapies comportementales et cognitives : Retrouver des gestes adaptés

À force de vivre en ayant mal, nous sommes assaillis de pensées négatives (« je ne peux plus rien faire ») et nous adoptons des comportements qui ne font qu’empirer les choses. Les thérapies comportementales et cognitives ou TCC ont pour but de changer cet état de fait. Par exemple, les personnes qui ont mal au dos n’osent plus se baisser pour ramasser un objet à terre. Le propos de ces thérapies est de leur montrer qu’elles peuvent le faire et comment le faire sans avoir mal. Souvent pratiquées en groupe, elles sont à la base des « écoles du dos » et désormais des « écoles du cou ». Elles sont très bien évaluées, et leurs bénéfices sont démontrés jusqu’à deux ans après la fin du traitement.

En pratique. Les dernières générations de ces thérapies sont appelées les ACT : thérapies d’acceptation et d’engagement. Elles intègrent la méditation de pleine conscience (mindfulness) et invitent à apprendre à vivre avec la douleur au lieu de lutter contre. Il y a des annuaires non exhaustifs des professionnels formés sur les sites Internet suivants : www.aftcc.org (Association française de thérapie comportementale et cognitive), www.act-afscc.org (Association francophone pour une science comportementale contextuelle), www.association-mindfulness.org.

Les approches corps-esprit : Les nouvelles venues

Les techniques psychocorporelles telles que la relaxation, les pratiques méditatives, le yoga ou l’hypnose (associée à l’autohypnose) ont désormais une place à part entière – et de mieux en mieux établie – dans le traitement des douleurs chroniques. Ces techniques permettent de s’approprier la douleur. En hypnose par exemple, on peut demander aux personnes de se passer mentalement un gant qui soulage sur les zones douloureuses. Et cela produit réellement un soulagement. « Il y a un vrai rationnel scientifique, confirme le Dr Guy-Coichard. Mais, comme pour les autres traitements, ces techniques ne suffisent pas à elles seules. »

En pratique. Le choix de ce genre de thérapies est délicat et certaines personnes peuvent être rétives à cette approche très intérieure. Elles doivent donc être entamées avec l’accord du patient. Parfois, des pratiques plus physiques (taï-chi, qi gong) sont préférées.

Un travail personnel



Les centres antidouleurs (officiellement centres d’évaluation et de traitement de la douleur) proposent ce genre de traitement avec plusieurs approches. Mais le nombre de places y est limité. Pour ceux qui relèvent de ces centres spécialisés, il faut en général être adressé par un médecin. Pour ceux qui voudraient bénéficier d’une approche multimodale en ville, c’est malheureusement beaucoup plus difficile mais faisable.

Se faire un carnet d’adresses

Chose surprenante, il n’y a pas vraiment d’algologue ou spécialiste de la douleur en cabinet de ville. En revanche, un certain nombre de généralistes ont une formation supplémentaire, une « capacité » en évaluation et traitement de la douleur. Ils peuvent vous aider à coordonner votre prise en charge. Dans certaines régions, comme en Île-de-France, il existe un réseau ville-hôpital pour le traitement de la douleur. Les spécialistes de « médecine physique et de réadaptation », qui exercent notamment dans les centres de réadaptation, sont aussi des professionnels qualifiés. Du côté des kinésithérapeutes, il y a des formations à la prise en charge des douleurs (« et c’est indispensable qu’ils soient formés », nous indique un de nos consultants).

Pour l’activité physique, il est bien sûr possible de pratiquer seul. Ceux qui cherchent un encadrement trouveront de nombreuses associations proposant des activités physiques adaptées (APA). En ce qui concerne les techniques de relaxation, le choix est plus difficile. Certains préfèrent faire appel à un professionnel formé en santé ou en psychologie. Pour trouver un professionnel de confiance, Antoine Bioy, psychologue clinicien et hypnothérapeute, conseille : « N’hésitez pas à demander à l’hypnothérapeute quelle est sa formation et la durée de celle-ci. Pour prendre en charge la douleur, au moins 180 heures en hypnose sont le standard. » La Confédération francophone d’hypnose et thérapies brèves propose un annuaire des centres de formation (www.cfhtb.org/membres).

Faire preuve de réalisme

Ne plus penser à la douleur ? Cette injonction oblige, paradoxa­lement, à y penser ! Essayez de ne pas penser à un éléphant bleu... Immédiatement, une image d’éléphant bleu se forme dans votre tête. De nombreuses stratégies essaient de contourner ce problème. De plus en plus, les médecins invitent à « mieux » vivre avec sa douleur plutôt que chercher à avoir « moins » mal. « On met en avant l’amélioration de la qualité de vie, car c’est une promesse que l’on peut tenir », dit le Dr Chantal Wood, membre de la Société française d’étude et de traitement de la douleur (SFETD). Ensuite, quand les personnes retrouvent une vie plus agréable, elles supportent mieux la douleur. Le soulagement devient alors un effet secondaire, et bénéfique ! Cela implique pour les patients d’abandonner la quête d’une solution unique et radicale et d’accepter de vivre avec de la douleur. C’est difficile, mais c’est un gain d’énergie pour faire autre chose. « Passer beaucoup de temps à essayer de se débarrasser de ses douleurs, cela les entretient », dit Franck Henry, psychologue hospitalier. Au lieu de cela, il est préconisé de se donner des objectifs concrets et réalistes : refaire des (petites) promenades en forêt, s’occuper (un après-midi) de ses petits-enfants. « Si vous voulez continuer à avoir mal, vous avez deux options : en faire le moins possible pour éviter la douleur ou en faire le plus possible sans tenir compte de la douleur », résume avec humour le Dr Guy-Coichard.

Thérapie choisie, thérapie réussie

Cette acceptation est donc tout le contraire de la résignation. Vous prenez les choses en main. C’est l’intérêt de l’hypnose, par exemple, qui doit nécessairement vous apprendre à y recourir seul. Vous pouvez essayer diverses thérapies : l’acupuncture est ainsi très appréciée et l’usage, prudent, de certaines huiles essentielles soulage certains de nos témoins. D’autres allègent leurs souffrances avec des applications de chaud ou de froid ou encore en modifiant leur régime alimentaire. Une étude récente a d’ailleurs montré que plus les patients sont convaincus de l’efficacité d’une méthode, meilleurs sont ses résultats. Mais n’attendez d’aucune la disparition pure et simple de vos douleurs.

En raison précisément de leur caractère émotionnel et de leur chronicité, les douleurs suscitent nombre d’offres malhonnêtes : appareils à « champs magnétiques pulsés » à plusieurs milliers d’euros, complément alimentaire qui « régénère rapidement les articulations », séance d’hypnose à 700 euros, etc. Soyez donc vigilant, toute promesse d’une guérison totale et immédiate devrait éveiller votre méfiance.

Un travail de longue haleine

Traiter les douleurs chroniques, cela demande du temps. Les seuls programmes d’apprentissage de la méditation durent au moins douze semaines. « Au final, ça ne se compte ni en semaines ni même en mois », avertit le Dr Guy-Coichard. « Il faut souvent deux ans », confirme le Dr Delage. Parfois, la douleur a une « utilité » : elle sert de protection. Par exemple, elle évite d’aller travailler lorsqu’on est en souffrance au travail. Dans ce cas, il peut être encore plus long de s’en affranchir. « Ce n’est pas un chemin linéaire, il y a des hauts et des bas », ajoute le Dr Guy-Coichard. Mais sur ce chemin, de nombreuses personnes se découvrent des ressources.

La douleur des personnes âgées n’est pas une fatalité



« Passé 60 ans, quand on se réveille sans avoir mal quelque part, c’est qu’on est mort. » Cette maxime ironique illustre une réalité bien cruelle : en général, ça ne s’arrange pas. « Avec l’âge, les douleurs se diversifient et s’étendent, explique une lectrice. J’avais mal au cou puis, plus tard, au dos et maintenant aux mains, et tout cela s’accumule. » L’arthrose, par exemple, est l’encombrante compagne du quotidien de bien des retraités.

Pourquoi souffrir ?

La douleur devient la norme, devant laquelle certains patients et même certains médecins se résignent. Mais d’autres s’en offusquent : « Comment entendre de votre médecin : “ c’est normal à votre âge” ! » À raison ! Avoir mal ne devrait pas être considéré comme une fatalité. Les douleurs arthrosiques sont des douleurs chroniques comme les autres et doivent être prises en charge comme telles. À ce titre, une approche à multiples facettes est recommandée, alliant médicaments ponctuels (par exemple, la prise d’un antalgique avant une petite randonnée), maintien d’une activité physique et technique de détente. Dans certains cas, la pose d’une prothèse apporte un soulagement durable.

Une plainte pas toujours exprimée

Chez les personnes très âgées ou atteintes de maladies qui altèrent la ­communication, la plainte est moins explicite, donc plus difficile à repérer et à prendre en charge. La douleur peut se manifester de façon indirecte par la perte du goût de manger ou de la conversation par exemple. Des troubles de l’attention, des tensions du visage, des attitudes crispées du corps peuvent aussi être révélateurs de douleurs.

Il n’y a pas de douleurs imaginaires



La douleur est par nature subjective. Elle ne se visualise pas avec un « douleur-o-graphe » ; elle ne se mesure pas avec un « douleur-o-mètre ». Seule la personne qui la ressent est capable de la détecter et d’en indiquer l’intensité. Les définitions officielles reconnaissent cet état de fait. L’Association internationale d’étude de la douleur la définit comme « une sensation et une expérience émotionnelle désagréable [...] ». La Haute Autorité de santé la décrit comme un « syndrome multidimen­sionnel exprimé par la personne qui en est atteinte ».

Dans la tête mais bien réelle

La conséquence est qu’il n’y a pas de douleur imaginaire. Quand quelqu’un ressent une douleur, c’est qu’elle existe, même si elle n’est apparemment pas reliée à une lésion physique. D’ailleurs, pour quantifier la douleur, on utilise des échelles visuelles : le patient positionne un curseur par exemple sur une réglette graduée allant de « l’absence de douleur » à « la douleur maximale imaginable ». La mesure la plus fiable de la douleur, c’est l’estimation qui en est faite par celui qui souffre.

Pas Ă©gaux devant la douleur

Le ressenti de la douleur est variable, selon les personnes ou le contexte. Un contact d’une même intensité peut avoir des effets très différents. Par exemple, une caresse sur un coup de soleil fait hurler. Inversement, une piqûre dans l’eau froide fait moins mal. Une atténuation de la douleur qui, d’ailleurs, fonctionne moins bien chez les personnes atteintes de fibromyalgie. Autre exemple : si l’on vous annonce que « ça va faire mal » et que l’on vous inflige quelque chose de douloureux, vous avez en général plus mal que si l’on n’avait rien dit – sauf, instructive exception, chez les pratiquants émérites de yoga pour qui l’annonce est suivie... d’une moindre douleur !

La double peine de devoir se justifier

Certains lecteurs nous racontent que leur médecin, au vu de leurs divers examens, conclut : « Eh bien, vous ne devriez pas avoir mal. » Ce genre de phrase aussi, ça fait (du) mal ! L’entourage, familial ou professionnel, exprime également parfois des doutes sur la réalité des souffrances. Or c’est une double peine – et peine perdue – de devoir démontrer qu’on a mal ! Pour éviter cette frustration, les programmes de prise en charge des douleurs chroniques apprennent aux personnes à ne pas s’obstiner à prouver qu’elles souffrent.

UFC Que Choisir en ligne
Perrine Vennetier


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Matelas bébé: Carton rouge pour le made in France
La première anomalie criante des matelas made in France que nous avons testés en laboratoire, c’est l’absence de housse amovible et lavable en machine. Quand on fabrique des produits destinés aux tout-petits, le b.a-ba de l’hygiène consiste pourtant à faire en sorte que tout ce qui peut avoir des traces de vomi, de régurgitations et de fuites passe très régulièrement en machine. Il est inadmissible que ce soit impossible. Les autres matelas présents dans notre test sont d’ailleurs tous pourvus d’un coutil déhoussable et lavable en machine.

La seconde anomalie tient à la présence de substances chimiques biocides. Ces matelas made in France sont les seuls de notre sélection à être traités « anti ». Or il est absurde de mettre les bébés, qui dorment beaucoup, en contact avec une ou plusieurs substances chimiques. Ces matelas traités contiennent des biocides de la redoutable famille des isothiazolinones, de l’OIT ou du pyrithione de zinc, autrement dit des substances allergisantes, voire du thiabendazole, un fongicide. « Pour des raisons d’hygiène », nous ont répondu les professionnels concernés. Le pire, c’est qu’ils ont dit vrai. Leurs matelas étant conçus sans housse lavable, sans doute pour réduire les coûts, ils ajoutent des traitements chimiques afin d’éviter la prolifération bactérienne, voire les moisissures.

Notre test comporte néanmoins une très bonne nouvelle. L’alerte que nous avions lancée fin 2018 au vu des résultats alarmants de nos confrères allemands ne concerne pas le marché français. Aucun des matelas que nous avons testés ne risque d’étouffer les bébés, les jeunes parents peuvent être rassurés. Tous les modèles ont réussi le test crucial de la balle.
UFC Que Choisir en ligne
Élisabeth Chesnais


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Perturbateurs endocriniens dans les produits à base de soja: L’UFC-Que Choisir saisit l’Anses et la DGCCRF
Des perturbateurs endocriniens dans le soja ?

Dans le cadre des préoccupations croissantes en matière de santé, de bien-être animal ou encore de bilan carbone, le soja se révèle une alternative intéressante pour les consommateurs désirant limiter leur consommation de viande. Revers de la médaille, le soja est aussi une source importante de phytoestrogènes (appelés isoflavones dans le cas du soja). Ces substances dont la structure moléculaire est proche d’une hormone naturelle du corps humain, pourraient être des perturbateurs endocriniens et favoriser certains cancers, voire agir sur le fœtus, le jeune enfant ou la fertilité. A ce titre, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail) avait émis dès 2005 un avis(2) pour limiter la présence de ces substances et mieux informer les consommateurs.

Un test de l’UFC-Que Choisir sur 55 aliments courants contenant du soja

L’UFC-Que Choisir a mesuré les doses de phytoestrogènes dans 55 aliments courants à base de soja (plats préparés, biscuits, desserts, boissons, apéritifs et sauces) afin de calculer l’exposition des consommateurs par rapport aux valeurs jugées tolérables(3) par l’ANSES. 14 ans après les premières recommandations de l’Agence, les résultats sont particulièrement préoccupants :

- Jusqu’à 5 fois la dose maximale dans une seule portion ! Les produits les plus mal notés de notre test excèdent très largement les doses maximales admissibles. Un verre de la boisson au soja « Sud-Ouest nature » de la marque Cereal Bio apporte à lui seul près de 150 % de la dose maximale admissible pour un adulte, quand une portion du « couscous gourmand protéines de soja » de Jardin Bio dépasse trois fois et demie cette dose. Pire, une seule poignée de graines de soja toastées pour apéritif « Soya party nature » de Soy, renferme plus de 5 fois la dose maximale !
- Des phytoestrogènes dans les boulettes de viandes ! Loin de se cantonner aux « laits » de soja et au tofu, les phytoestrogènes se nichent également dans des aliments où on ne s’attendrait pas à trouver du soja. Ces protéines bon marché ajoutées par les fabricants dans certaines boulettes de viande, peuvent exposer les consommateurs à des teneurs élevées en phytoestrogènes. Ainsi, sur les 12 produits à base de viande de notre échantillon (boulettes « au bœuf », nuggets « au poulet », tomates farcies …), 5 d’entre eux apportent dans une portion plus d’un quart de la dose maximale. Les teneurs les plus élevées ont été trouvées dans les boulettes « au bœuf » de chez Auchan, Leader Price et Leclerc(4) dont chaque portion apporte respectivement 68 %, 60 % et 42 % de la dose maximale admissible pour un enfant.
- Pas plus d’un produit au soja par jour. Si les teneurs relevées dans les autres produits sont un peu moins élevées, c’est le cumul qui pose problème. Une consommation régulière expose ainsi les consommateurs à de forts dépassements équivalents à deux fois et demie la dose maximale admissible pour les adultes ou les enfants. Ceci explique que l’Anses recommande d’éviter la consommation de produits à base de soja pour les femmes enceintes et les enfants de moins de trois ans. Sur cette base, il apparaît prudent de ne pas consommer plus d’une portion de produit à base de soja par jour.


Au regard des teneurs élevées en phytoestrogènes mises en évidence dans le cadre de ce test et des risques de perturbations endocriniennes entraînés par la consommation de ces produits, l’UFC-Que Choisir, soucieuse de protéger les consommateurs :

Saisit l’Anses pour que celle-ci, au regard des études scientifiques les plus récentes et des nouvelles habitudes de consommation, réévalue le niveau de risque pour les consommateurs et, si nécessaire, définisse des doses maximales d’application obligatoires.
Demande à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) de rendre obligatoires sur l’étiquetage les teneurs en phytoestrogènes présentes dans les produits, ainsi qu’une mention sur les restrictions à la consommation pour les enfants et les femmes enceintes.

Dans cette attente, l’Association recommande aux consommateurs :

- D’éviter la consommation de tout produit contenant du soja pour les enfants de moins de trois ans et les femmes enceintes.
- De limiter la consommation de produits Ă  base de soja Ă  1 portion par jour.
- De privilégier les produits les mieux notés dans notre test consultable gratuitement sur son site quechoisir.org.



A lire Ă©galement:

Comparatif Préparations à base de soja

Soja - Consommation Ă  surveiller

Isoflavones - Attention, substances actives !

Préparations à base de soja - Le protocole

Notes:
1 -Résultats complets publiés dans le numéro de juin de Que Choisir actuellement en kiosque et gratuitement consultables sur le site quechoisir.org.
2 -Sécurité et bénéfices des phyto-estrogènes apportés par l’alimentation – Recommandations, Afssa mars 2005.
3 -Etude de l’Alimentation Totale Infantile, Tome 2 Partie 3 Composés organiques - Anses septembre 2016.
4 -Auchan « Mini boulettes au bœuf cuites », Leader Price « Boulettes au bœuf nature », Marque Repère Férial « Mini boulettes au bœuf 15 % M.G ».
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Nutrition et santé: Les secrets de cuisine du lobby agroalimentaire
Cette enquête est réservée aux abonnés du site enquête Nutition et Santé sur quechoisir.org.
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