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Printemps des consommateurs 2019 : l'UFC Que Choisir de l'Ardèche organise une soirée débat !
Dans le cadre du printemps des consommateurs, à l’instar de l’an dernier où nous avions organisé une soirée « jardiner au naturel » et une sur « les perturbateurs endocriniens », nous montons cette année une soirée débat sur le thème « consommer responsable » qui aura lieu le vendredi 5 avril à 18 h au centre le Bournot à Aubenas.

Un diaporama préparé par nos soins sera le support de cette soirée ; nous comptons beaucoup sur l’interactivité avec le public présent qui a sûrement de nombreuses expériences en la matière.



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Contamination alimentaire toxique: Rappel massif de haricots verts
On le surnomme herbe du diable ou herbe aux sorciers. Le Datura est une plante très toxique. Au point que si vous en consommiez à forte dose, ce serait possiblement la fin des haricots. Or c’est justement dans diverses préparations à base de ce légume que la plante toxique a été retrouvée ces dernières semaines !

Tout a commencé en février 2019 quand la marque de plats préparés Comme j’aime rappelle des plats préparés « porc à la provençale et ses haricots plats », possiblement contaminés par du Datura.

Puis mi-mars, ce fut au tour de Leclerc de rappeler des haricots surgelés vendus sous la marque Notre jardin et de Carrefour pour des haricots également surgelés. Des produits des marques D’aucy et Cuisine de France sont également rappelés.

Une liste qui pourrait encore s’allonger selon la DGCCRF qui précise que l’enquête de traçabilité indique que d’autres produits devraient être concernés.

Le conditionneur de ces haricots contaminés n’est autre que la société Greenyard. Le géant belge du légume surgelé, leader européen du secteur, était déjà à l’origine via une de ses usines hongroises de la vague d’infections de Listeria en juillet dernier. Une contamination ayant entraîné 48 cas humains de Listeria dont 9 décès (aucun cas n’avait été identifié en France).

La Datura stramonium est une plante courante en France que l’on retrouve notamment en bord de champs ou dans les cultures et dont la couleur verte est assez proche de celle des feuilles de haricots. La récolte mécanique des plantes peut accidentellement laisser passer la plante même si ce type de contamination est exceptionnel, la belle empoisonneuse étant généralement détruite par les herbicides.

« Les propriétés de ses alcaloïdes atropiniques sont bien connues de la pharmacopée pour leurs propriétés antispasmodiques, explique Evelyne Ollivier, enseignante et chercheuse en pharmacognosie à l’université d’Aix-Marseille. Mais ces principes actifs (en particulier la scopolamine) sont très toxiques. » Si ces alcaloïdes sont sensibles à la chaleur, les traitements thermiques brefs ne suffisent généralement pas à les détruire selon les précisions de la chercheuse. D’après les ouvrages de référence (1), 30 à 50 graines de Datura induiraient, chez la majorité des patients, hallucinations visuelles et mydriase (125 graines correspondent environ à 1 g). À plus forte dose, les alcaloïdes peuvent entraîner des insuffisances respiratoires ou des troubles cardiaques. Selon le site du ministère de l’Agriculture et de l’alimentation, « ils peuvent entraîner une intoxication modérée persistant 8 à 12 heures ou une intoxication sévère durant 2 à 3 jours (la dilatation de la pupille étant particulièrement lente à disparaître) ».

Les autorités recommandent donc d’appeler le 15 si vous ressentez les symptômes d’une intoxication après l’ingestion d’un produit concerné par cette alerte (sécheresse de la bouche, pupilles dilatées, troubles de la vue, tachycardie, agitation, confusion, désorientation spatio-temporelle, hallucinations, paroles incohérentes).

Enfin, si vous détenez des lots de produits concernés par la mesure de retrait-rappel, ne les consommez surtout pas et ramenez-les en point de vente pour remboursement.



(1) Plantes toxiques, végétaux dangereux pour l’homme et les animaux, 3e édition, Jean Bruneton, Lavoisier 2005.
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Marie-Noëlle Delaby


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Alimentation bio: Les jeunes consommateurs rebattent les cartes
« Le bio n’est plus un phénomène de mode mais de société », a déclaré Florent Guhl, président de l’Agence Bio, en introduction de la conférence annuelle présentant les chiffres-clés de la filière. Selon les résultats de cette enquête en ligne portant sur 2 000 Français de 18 ans et plus (représentatifs de la population nationale), le nombre de consommateurs de bio en France reste globalement stable par rapport à l’an dernier. Ainsi 71 % des Français consommeraient des aliments bio au moins une fois par mois, les consommateurs quotidiens étant en léger recul (12 %).

Le baromètre souligne cependant des écarts géographiques. Les régions les plus consommatrices sont la Bretagne (77 % de consommateurs réguliers), l’Île-de-France (77 %) et l’Auvergne-Rhône-Alpes (75 %), quand les Hauts-de-France plafonnent à 61 %. « La production et la consommation de bio sont fortement corrélées », analyse Florent Guhl.

Bien-ĂŞtre animal et environnement : de nouvelles incitations Ă  consommer bio

L’agence s’est également intéressée aux « nouveaux » consommateurs définis par l’enquête comme achetant bio depuis moins d’un an. En forte progression, ils sont passés de 9 % en 2017 à 17 % en 2018. Parmi les populations récemment converties, les 18-24 ans sont les plus représentés, devant les personnes à faibles revenus (20 %) et les femmes (19 %).

Autre enseignement, les motivations des jeunes consommateurs les poussant à se tourner vers le bio sont sensiblement différentes de celles de leurs aînés. Les premiers invoquent davantage des raisons éthiques et de bien-être animal quand les seconds s’attachent plus à préserver leur santé et sont à la recherche d’aliments de qualité et goûteux. La protection de l’environnement s’avère en revanche un levier majeur pour toutes les générations de consommateurs.

Des produits toujours perçus comme trop chers et pas assez transparents

Pas de surprise non plus du côté des freins à la consommation de bio : le prix s’avère problématique pour 84 % des jeunes consommateurs, même si 43 % estiment normal de payer plus cher un produit bio.

Un point d’autant plus sensible pour la filière qu’ont lieu actuellement et jusqu’à fin février 2019 les négociations commerciales annuelles entre la grande distribution – qui concentre 81 % des achats bio en France – d’une part et les producteurs et transformateurs en bio d’autre part. Selon le Synabio, syndicat regroupant des transformateurs et réseaux de distributions bio, 28 % des entreprises alimentaires bio se voient aujourd’hui réclamer des baisses de tarifs par la grande distribution avant toute négociation. « Le bio est désormais au cœur de la stratégie des grandes enseignes, et fait son entrée dans la fameuse "guerre des prix" qu’elles se livrent », analyse le syndicat qui craint que les distributeurs se tournent vers des offres moins chères extérieures à la France. « Tirer les prix vers le bas n’est pas la solution : on a vu ce que cela a donné en conventionnel, mettant à genoux les producteurs français », s’alarme Didier Perréol, vice-président de l’Agence bio et administrateur de Synabio. À défaut d’une baisse des prix de vente, ce dernier prône plus de clarté pour le consommateur sur les marges, citant en exemple la marque C’est qui le patron qui joue la transparence dans la formation de ses prix et vient de sortir récemment un beurre, première référence bio de la gamme.

Un effort de transparence indispensable alors que ce nouveau baromètre révèle également une confiance mitigée des consommateurs de tout âge vis-à-vis des produits bio. Les principaux reproches faits à la filière sont un manque de clarté sur la réglementation bio, la certification et les contrôles des produits et, enfin et surtout, au sujet de l’origine des produits bio. Si les aliments made in France ne font généralement pas secret de leur origine, les consommateurs en ont assez du manque de traçabilité des produits transformés non français. Une opacité qui les condamne à buter le plus souvent sur un énigmatique sigle UE ou Hors-UE pour toute information sur l’origine du produit.

Système de production à repenser

Ce problème de traçabilité ne se limite certes pas aux produits estampillés AB. Mais qui pense bio pense souvent circuit court et de proximité. Or la France est encore loin d’être autosuffisante en bio sur certaines familles d’aliments. Notamment les fruits et légumes et les céréales. « Nos besoins en blé meunier ont grimpé de 15 % l’an dernier alors que la production française [en raison notamment de maladies comme la rouille et d’aléas climatiques, ndlr] a reculé de 30 % », constate sans détour Olivier Deseine, directeur du Moulin de Brasseuil qui produit de la farine bio pour la boulangerie en Île-de-France. La filière céréale va devoir repenser en profondeur son système de production alors que la loi alimentation parue en 2019 vient d’annoncer un plan de transformation des filières dont l’objectif est de doubler les surfaces de grandes cultures bio d’ici 2022.

Enfin côté fruits et légumes, le maraîchage français se butte essentiellement à la concurrence des produits de contre-saison. Difficile de faire avaler des poireaux à des consommateurs qui voudraient des tomates toute l’année. Mais les mentalités évoluent, rappelle l’Agence qui constate que 58 % des déclarants de l’enquête disent acheter plus de produits de saison. De bonnes résolutions dont la grande distribution compte bien tirer parti, Carrefour ayant annoncé le 5 février 2019 expérimenter pendant 3 mois une offre en fruits et légumes uniquement de saison dans l’ensemble du parc de Carrefour bio et dans 8 hyper et supermarchés de l’enseigne.
Lire aussi

Voir aussi: Le dossier de l'UFC consacré à l’alimentation bio
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Marie-Noëlle Delaby


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La contribution des consommateurs au Grand débat national: Pour une progression durable du pouvoir d’achat de 9 milliards d’euros
Le pouvoir d’achat n’est pas qu’affaire de revenus

La première réponse du gouvernement aux légitimes attentes des Français en termes de pouvoir d’achat aura été un plan de 10 milliards d’euros de hausse des revenus et de baisses de taxes. Mais l’UFC-Que Choisir tient à rappeler que le pouvoir d’achat doit être abordé dans ses deux aspects conjointement : le niveau des revenus mais aussi celui des prix. C’est pourquoi l’association a établi une liste de douze mesures concrètes, à même de faire diminuer les prix en s’attaquant à divers rentes ou dysfonctionnements de marché. Par exemple, la suppression du relèvement du seuil de revente à perte sur les produits alimentaires, entré en vigueur au 1er février, pourrait permettre 800 millions d’euros d’économie, quand la portabilité du numéro de compte bancaire générerait 1,2 milliard de baisse des tarifs bancaires.

Ces réformes concernent prioritairement les dépenses contraintes des consommateurs, comme l’alimentation, la santé, l’énergie ou encore la banque. C’est ainsi un total de plus de 9 milliards d’euros qui peuvent être durablement dégagés en faveur des consommateurs, soit plus de 320 € par ménage et par an. Un plan qui doublerait l’ampleur des annonces présidentielles, sans peser sur les finances publiques.



Le Grand débat doit être l’occasion de construire une société de consommation durable

S’il n’est pas acceptable de maintenir artificiellement des prix élevés en raison d’une concurrence insuffisante ou d’une régulation inadaptée, l’UFC-Que Choisir, loin des caricatures, ne promeut pas pour autant le « consommer toujours plus », mais le « consommer mieux ». C’est tout l’enjeu de ce plan, qui contient des propositions structurantes à même d’orienter les comportements de tous les acteurs vers une consommation plus vertueuse. Celle-ci se doit en effet d’être respectueuse de la santé et de l’environnement, et garantir à tous, où qu’ils se trouvent sur le territoire et quels que soient leurs revenus, l’accès aux biens et services essentiels. C’est dans cet esprit que nous demandons par exemple un allongement de la durée de garantie légale ou encore la libéralisation de la vente des pièces de carrosserie automobiles, pour favoriser la réparation et le réemploi des produits, plutôt que leur remplacement.

Aux consommateurs de voter pour soutenir leurs propositions prioritaires !



Pour que les consommateurs puissent soutenir et orienter ce plan en faveur du pouvoir d’achat, l’UFC-Que Choisir propose à partir d’aujourd’hui aux consommateurs de le signer, et de voter pour dégager les trois propositions les plus urgentes à leurs yeux. Cette mobilisation donnera plus de force à l’association pour porter ces réformes, avec l’aide de ses associations locales, dans le cadre du Grand débat national.

Décidée à mettre au cœur du débat actuel les enjeux du pouvoir d’achat et d’une consommation vertueuse et durable l’UFC-Que Choisir appelle les Français à voter en masse pour la Contribution des consommateurs, et demande aux pouvoirs publics la mise en œuvre dès cette année des mesures de ce plan.



Télécharger le dossier de presse


Retrouver les 12 mesures



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Lait de foin: Une nouvelle filière plus vertueuse
Bientôt, certains produits laitiers seront estampillés « lait de foin » STG (spécialité traditionnelle garantie). Cette étrange dénomination garantit un lait produit par des vaches dont l’alimentation, sans OGM ni fourrage d’ensilage, comporte au moins 75 % d’herbe ou de foin. Un label officiel européen qui nous vient tout droit de nos voisins germaniques, chez qui il a acquis ses lettres de noblesse depuis plusieurs années. Ce lait à l’ancienne se présente comme une alternative face aux produits des méga-élevages où les vaches en stabulation, sur leurs tapis de sol, ne mettent jamais un sabot dehors et ignorent le goût de l’herbe fraîche. En Autriche, le lait de foin (heumilch en allemand) a rapidement recueilli les suffrages des consommateurs de plus en plus méfiants à l’égard de l’industrie agroalimentaire. Aujourd’hui, 15 % de la production (450 millions de litres de lait) est commercialisée sous la dénomination « lait de foin ».

Retour Ă  la tradition

Pays d’alpages souvent moqué pour son attachement aux traditions, l’Autriche a su résister à la déferlante de l’agriculture intensive et garder des fermes où les vaches étaient nourries exclusivement avec du foin. Une aubaine qui lui permet aujourd’hui d’être le fer de lance du retour aux produits laitiers authentiques. Il faut dire que les atouts du « lait de foin » sont nombreux : d’abord, pour les producteurs qui valorisent mieux un produit de bonne qualité, plus savoureux et plus riche en omégas 3 (les bons acides gras) que le lait conventionnel. Côté transformateurs, l’interdiction de l’ensilage dans les aliments pour le bétail permet d’éviter la formation de spores de bactéries dans le lait, à l’origine de sérieux déboires dans la fabrication des fromages, notamment ceux à pâte pressée cuite (gonflement tardif, goût et odeur désagréables).

Une garantie de bien-ĂŞtre animal

Les bénéfices de ce mode d’élevage pour les animaux sont aussi une évidence : faut-il rappeler que les vaches sont des herbivores ? Leur fournir une alimentation composée essentiellement d’herbe et de foin respecte simplement leur physiologie. C’est aussi la garantie d’animaux en bonne santé, moins vulnérables, avec pour conséquence la diminution du recours aux traitements vétérinaires. Enfin, la production de « lait de foin » participe à la lutte pour sauvegarder la biodiversité et soutenir le développement durable. La culture de l’herbe permet de préserver les paysages et d’améliorer le bilan carbone de la filière en évitant les aliments exogènes (contrairement aux élevages conventionnels, qui importent par exemple d’énormes quantités de tourteaux de soja OGM en provenance d’Amérique du Sud).

Un succès qui a de quoi faire rêver les producteurs laitiers français, laminés par la crise laitière. Après un voyage d’études dans la région de Salzbourg, un groupe d’éleveurs bretons adhérant à Segrafo (association de promotion du séchage en grange) s’est laissé séduire par le modèle autrichien. Un organisme de défense et de gestion (ODG) du « lait de foin » s’est constitué, avec pour objectif de faire émerger une telle filière dans l’Hexagone. Étape clé pour accéder à la certification STG, le plan de contrôle des procédures assurant le respect du cahier des charges vient d’être validé par l’Inao. D’ici la fin de l’année, une vingtaine de producteurs laitiers du grand Ouest devraient donc pouvoir bénéficier du nouveau label. « Les deux tiers d’entre eux sont en bio, car les deux démarches sont complémentaires », remarque Didier Le Hec, le président de l’ODG, qui a fait depuis longtemps le choix de nourrir ses vaches à l’herbe et au foin (comme Patrick Mercier, un des derniers producteurs de camembert de Normandie fermier au lait cru, qui attend lui aussi de pouvoir apposer ce label sur ses fromages). À plus long terme, 200 éleveurs laitiers seraient intéressés par cette filière. Une petite goutte dans l’océan lacté, mais qui pourrait grossir tant elle répond aux attentes de nombreux consommateurs.

Une STG (spécialité traditionnelle garantie), c’est quoi ?

Ce signe officiel de qualité européen labellise un produit dont les qualités spécifiques sont liées à une composition, des méthodes de fabrication ou de transformation fondées sur une tradition, sans lien toutefois avec son origine géographique. Le « lait de foin » est la deuxième STG reconnue en France, la moule de bouchot étant jusqu’ici le seul produit à bénéficier de cette mention.

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Florence Humbert


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Marianne facultative sur les bouteilles de vin: Un risque accru de fraudes ?
Amateurs de raretés, gardez précieusement les jolies « Marianne » qui coiffent vos bouteilles de vin ou d’alcool : elles vont peut-être devenir collectors ! Créée en 1960, la capsule représentative des droits, ou CRD, cessera d’être obligatoire à compter du 1er juin 2019. Attestant que les droits d’accise ont bien été acquittés pour ce contenant, elle permettait la circulation des vins en bouteilles ou en « cubi » jusqu’à 3 litres sur le territoire français, en évitant le recours aux documents d’accompagnement légaux. Devenus dématérialisés, ceux-ci restent obligatoires tout comme les droits d’accise, acquittés par les metteurs en bouteille (récoltants, négociants ou entrepositaires). Simplement, en raison du traitement informatique des déclarations, la preuve sur la bouteille n’est plus jugée nécessaire par l’administration. C’est tout bénéfice pour les maisons de négoce qui souhaitaient mettre fin à l’obligation d’avoir deux chaînes d’embouteillage : l’une pour les vins vendus en France, l’autre pour ceux destinés à l’export et qui ne sont donc pas soumis aux droits d’accise. « Produire des capsules neutres pour toutes les bouteilles, c’est plus simple pour nous, a expliqué à l’AFP le président de l’appellation Saint-Émilion, Jean-François Gaillard. Aujourd’hui, toutes nos entrées sont tenues informatiquement. On déclare nos ventes, nos volumes sont tracés… » Pour les particuliers qui transporteront du vin sans Marianne, peu de changement, une facture en bonne et due forme, et acquittée, fera office de preuve en cas de contrôle (attention, un ticket de caisse ne sera pas suffisant !). Gare toutefois à ne pas dépasser les seuils au-delà desquels les documents d’accompagnement deviennent obligatoires.

Affaire de professionnels, dira-t-on. En fait, pas seulement. Car sur la couronne de la capsule figurent des informations précieuses pour le consommateur, en particulier le numéro du département de l’embouteilleur et la mention de son statut. La lettre R ou « récoltant » indique que le vigneron a lui-même mis en bouteille son vin, produit à partir de raisins provenant de son propre domaine. La lettre E ou « entrepositaire » indique que le vin a été conditionné par une entreprise pratiquant uniquement le commerce de vrac et la mise en marché. La lettre N ou « négociant » indique une activité de négoce basée sur l’achat de raisins, de moût ou de vins, élaborés, assemblés, élevés et mis sur le marché sous sa propre étiquette, par le négociant. C’est le cas des grandes maisons de Bourgogne qui cumulent souvent toutes ces activités, conjointement avec l’exploitation de leur propre domaine prestigieux, les obligeant à gérer deux types de capsules. Une différenciation qui n’a rien de péjoratif pour le négoce dont les produits peuvent être de grande qualité et justifier une renommée parfois internationale ! L’ambiguïté, c’est que sous couvert du négoce se cachent également des transactions en très gros volumes destinées à fournir le marché d’entrée de gamme de la grande distribution. C’est aussi le lieu de pratiques obscures et de nombreuses fraudes qui défraient régulièrement la chronique judiciaire. L’été dernier, les résultats d’une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ont ainsi révélé que 70 000 hectolitres de vins rosés espagnols (soit l’équivalent de 10 millions de bouteilles !) avaient été francisés, ou bien vendus sous un packaging ou un merchandising pouvant prêter à confusion sur l’origine des vins.

Les 3 lettres faisant référence au statut de l'embouteilleur.

Ces dérives regrettables restent l’apanage de gros acteurs de la filière et la présence d’une Marianne sur les bouteilles n’y aurait pas changé grand-chose. Mais il est curieux de constater que sa disparition intervient alors que la frontière entre les différentes activités tend à s’estomper même chez des acteurs beaucoup plus modestes. De plus en plus de vignerons recourent à une activité de négoce (en achetant par exemple du raisin ou des moûts) pour se garantir contre les aléas climatiques et maintenir leur production ou tout simplement pour booster le développement économique de leur entreprise. Rien de répréhensible, bien sûr, à condition que les étiquettes affichent clairement la différence. Si ce n’est pas le cas, un nom prestigieux peut alors servir d’ombrelle à des produits qui ont peu de rapport avec les vins de ce domaine. Une pratique pas si rare dans une filière où l’on sait parfaitement jouer sur les homonymies (au détriment des consommateurs peu avertis). La Marianne et ses mentions N ou R sur la capsule permettent au moins de lever les ambiguïtés et d’éviter le mélange des genres. Un garde-fou en quelque sorte !

Sous couvert de simplification administrative, les douanes n’auraient-elles pas jeté le bébé avec l’eau du bain ? En tout cas, la mesure est loin de faire l’unanimité au sein de la filière. « En prenant cette décision, l’État va affaiblir le dispositif historique qui avait été mis en place il y a plusieurs décennies pour protéger la viticulture contre la fraude et les contrefaçons. Qui garantira demain au consommateur qu’un vin revendiquant le nom d’une appellation d’origine est bien issu de cette région ? […] Même si la Marianne n’est évidemment pas l’arme absolue contre la fraude, c’est quand même un garde-fou », s’inquiète le Syndicat des bourgognes dans un communiqué. Et de pointer la diminution importante des effectifs des douanes depuis plusieurs années. « La baisse des contrôles induite par la baisse des effectifs et la baisse des garanties proposées par cette "simplification" sont un cocktail sinon explosif, du moins risqué », conclut le Syndicat des bourgognes qui préconise, en l’absence d’alternative crédible, le maintien de l’utilisation par les viticulteurs de la Marianne et conseille aux consommateurs de continuer à acheter des vins dûment coiffés de son effigie car elle leur apporte une garantie de traçabilité.

Lire aussi:
Notre dossier consacré au vin.

Tout savoir sur les capsules de vin



Lors de l’achat d’une bouteille de vin, on ne prête généralement pas beaucoup d’attention à la capsule qui recouvre le bouchon. Dommage, car ce timbre officiel, attestant que les droits sur l’alcool ont bien été acquittés, recèle de précieuses informations sur l’origine et le contenu de la bouteille. Apprenez à les décrypter.



Au jeu des couleurs

La réglementation impose 7 couleurs normalisées pour les capsules en fonction du type d’alcool contenu :

Vert : pour les vins tranquilles ou mousseux à appellation d’origine protégée (AOP) et pour les vins doux naturels AOP.
Bleu : pour tous les autres vins (vins de table et vins de pays).
Rouge lie de vin : depuis 2011, cette couleur peut remplacer indifféremment les couleurs verte et bleue, sauf pour les champagnes (et pour les boissons fiscalement associées au vin).
Orange : pour les vins de liqueur, les vins spéciaux et les autres produits intermédiaires qui bénéficient d’une AOP.
Gris : pour les autres alcools intermédiaires comme les ratafias.
Jaune d’or : pour le cognac et l’armagnac.
Blanc : pour tous les autres alcools.

Des chiffres et des lettres

Outre l’indication de la contenance, plusieurs indications réglementaires figurent sur la couronne autour de la Marianne (par exemple : 83 R 036). Le premier chiffre indique le numéro du département du siège de l’embouteilleur. La lettre qui suit, son statut :

il peut être récoltant (R) ;
négociant (N) ;
ou entrepositaire agréé (E).

Enfin, le dernier chiffre (036) correspond au numéro administratif d’agrément de l’embouteilleur ou du répartiteur de capsules collectives.

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Florence Humbert


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Camembert de Normandie: La pasteurisation en voie de remporter la bataille
Passera, passera pas ? Annoncée en février dernier par l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao), la nouvelle version du cahier des charges du camembert de Normandie AOP est déjà sous le feu des critiques. Cœur de la polémique : l’autorisation, d’ici 2021, de la pasteurisation du lait dans le processus traditionnel de fabrication du fameux fromage. Les industriels laitiers, Lactalis en tête, qui réclamaient cette mesure depuis plus de 10 ans au nom de l’hygiène et du principe de précaution, ont donc obtenu satisfaction. Seulement, voilà : si le chauffage du lait permet d’éliminer d’éventuelles bactéries pathogènes, il détruit du même coup la flore aromatique et les ferments indigènes qui confèrent au fromage normand sa saveur inimitable. « C’est le camembert au lait cru que l’on assassine ! » s’indignent une quarantaine de personnalités – chefs étoilés, vignerons, comédiens, journalistes – dans une tribune publiée le 15 mai dans « Libération ». « Le plus populaire des fromages tricolores, le calendos, va perdre son caractère et sa typicité, pour devenir une pâte molle sans goût », prédit le texte rédigé par la présidente de l’association Fromages de terroirs, Véronique Richez-Lerouge.

Ce cri d’alarme aux accents cocorico n’est pas resté sans écho auprès des amoureux des fromages puisque, à ce jour, plus de 32 700 personnes ont déjà signé la pétition contre la pasteurisation du camembert de Normandie d’appellation d’origine sur le site Change.org. De leur côté, 12 députés normands ont écrit au ministre de l’Agriculture pour lui faire part de leurs inquiétudes. Selon eux, l’accord annoncé par l’Inao risque de faire disparaître totalement des grandes surfaces le camembert traditionnel au lait cru, moulé à la louche. « Nous souhaitons vivement que vous vous opposiez à cet accord et à son application en 2021 afin d’assurer la pérennité du camembert traditionnel qui, en aucun cas, ne peut être assimilé au camembert pasteurisé », poursuivent les parlementaires dans leur courrier au ministre, Stéphane Travert.

Décision surprenante de l’Inao


Il est vrai que cet accord entre, d’une part, les producteurs et les transformateurs laitiers et, d’autre part, l’organisme de défense et de gestion (ODG) de l’AOP Camembert de Normandie, obtenu à l’arraché sous la houlette de l’Inao, a de quoi surprendre. Depuis une vingtaine d’années, l’Institut incite au contraire les appellations d’origine à renforcer leur lien au terroir, en imposant notamment l’emploi exclusif de lait cru dans les nouvelles appellations fromagères, afin de se démarquer de la concurrence des produits industriels. Quelle mouche a donc piqué les « sages » de l’Inao pour déroger aux principes fondamentaux de l’appellation d’origine que sont le respect « des usages locaux, loyaux et constants » ?

Pour répondre à cette question, un petit retour en arrière est nécessaire. Depuis des années, un bras de fer de fer oppose les fabricants de camemberts traditionnels de Normandie AOP aux multinationales du camembert à la chaîne, tel Lactalis qui produit son fameux Président à plus de 400 000 exemplaires par jour dans son usine de Domfront, dans la Manche, ce qui lui permet d’étiqueter sans complexe la mention « fabriqué en Normandie » sur ses boîtes. Une mention trompeuse pour le consommateur et de surcroît illégale, car non conforme à la directive UE 2081/92 qui réserve le terme « Normandie » à l’AOP. Fort de son bon droit, l’ODG Camembert de Normandie a porté le différend devant les tribunaux, pour être finalement débouté en appel pour vice de forme, sans que le fond ait été abordé. On ne s’attaque pas impunément au numéro mondial de la filière !

Sans se décourager, l’ODG a fini par alerter la Commission européenne qui, à son tour, a pressé l’Administration française d’agir. Face aux injonctions de Bruxelles, l’Inao devait trouver une issue à cette crise : le camembert de Normandie AOP ne représente aujourd’hui que 5 500 tonnes produits par an, contre 66 000 tonnes pour ses imitations. Dans cette lutte de David contre Goliath, il fallait que chacun fasse des concessions. D’où l’idée d’une nouvelle AOP à deux étages : un niveau de base, « le camembert de Normandie AOP », autorisant le lait pasteurisé ou thermisé. En contrepartie, le processus de fabrication devra se rapprocher de la recette traditionnelle du camembert. Des nouvelles contraintes s’appliquent aussi aux élevages, comme l’introduction de vaches de race normande à hauteur de 30 %, et le pâturage obligatoire pendant 180 jours avec une part d’herbe minimale dans la ration estivale. La version plus qualitative de l’AOP, portant la mention « véritable » ou « authentique », sera pour sa part garantie exclusivement au lait cru, moulée manuellement à la louche. En amont, la proportion de vaches normandes sera portée à 2 sur 3 (contre 1 sur 1 actuellement) et la mise à l’herbe sera plus encadrée. Afin de favoriser la biodiversité et de revaloriser le paysage bocager, 100 m de haies devront être plantés par hectare de pâture.

Pour Patrick Mercier, président de l’ODG Camembert de Normandie et fer de lance de la négociation, cet accord est vécu comme un soulagement ainsi qu’un espoir de renouveau et de développement pour la filière d’excellence. En rehaussant significativement le niveau du camembert basique, il espère créer une dynamique qui porte naturellement une partie des consommateurs vers les produits traditionnels.

Victoire de l’industrie agroalimentaire


Une argumentation loin de convaincre les défenseurs des fromages traditionnels, comme le montre la virulence de leurs réactions… Pour eux, au contraire, c’est la victoire sur tous les fronts de Lactalis et de ses confrères de l’industrie agroalimentaire. Ils estiment que les obligations imposées au produit de base seront rapidement vidées de leur sens ou contournées par l’industrie au nom d’impératifs de production ou de contraintes sanitaires réelles ou imaginaires. L’élévation attendue du niveau de qualité n’aura donc pas lieu et les produits industriels médiocres, à présent parés du précieux macaron AOP, continueront d’envahir les linéaires des grandes surfaces, tandis que « le véritable camembert de Normandie AOP » au lait cru en disparaîtra petit à petit, pour être réservé à une clientèle de luxe fréquentant les fromagers haut de gamme ou les circuits courts.

Plus grave, l’acceptation par l’Inao de produits industriels ne répondant pas aux critères fondamentaux de l’AOP ouvrirait la voie à de nombreuses dérives dans les autres bassins de production. Un risque que l’on ne peut prendre à la légère, lorsque l’on sait que Lactalis contrôle ou est présent aujourd’hui dans plus de 32 appellations fromagères en France sur 45. Enfin, toujours selon ses détracteurs, l’accord fragilise l’image même du concept d’AOP et de terroir que la France et les pays latins portent à bout de bras face à la pression des lobby anglo-saxons qui continuent d’y voir une forme de protectionnisme et d’entrave à la concurrence. Là encore, difficile de nier la menace. Un concours international qui s’est récemment tenu outre-Atlantique n’a-t-il pas désigné un camembert canadien au lait thermisé « meilleur camembert du monde » !
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Florence Humbert


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Prix de l’eau: Des écarts faramineux d’une commune à l’autre
Des régies bien plus compétitives que Veolia, Suez, Saur et consorts, ou parfois l’inverse… Notre enquête sur le prix de l’eau démontre qu’il existe des services de l’eau exemplaires, tout autant que des dérives objectivement injustifiables. En fonction de la commune, il y a de quoi féliciter les élus locaux ou, au contraire, leur demander des comptes, que l’eau soit gérée en régie municipale ou par une société privée en délégation de service public (DSP).

Si cette enquête exclusive a pu être effectuée, c’est grâce à la participation de lecteurs de « Que Choisir » et d’associations locales de l’UFC-Que Choisir qui nous ont confié de nombreuses factures. Nous les avons analysées dans le détail et en avons déduit le prix du mètre cube d’eau TTC, commune par commune. Ce montant est calculé sur la base d’une consommation de 100 m3 par an d’eau, abonnement annuel inclus, afin que tous les prix soient comparables.

Pour faciliter l’accès aux prix des quelque 1 000 villes, bourgs et villages passés au crible, nous avons divisé l’Hexagone en 5 grandes régions, les résultats étant ensuite accessibles par département.

L’Ouest est présent avec les 20 départements des régions Normandie, Bretagne, Pays de la Loire et Centre-Val de Loire. Les prix y font le grand écart, de 3,01 à 7,91 €. Le prix du mètre cube est compétitif à Laval (53) comme à Tours (37), qui sont en régie, ou à Joué-lès-Tours, géré par Veolia, mais il est très élevé en régie à Flers, dans l’Orne, ou à Pont-l’Abbé, dans le Finistère, géré par Saur. Les tarifs battent des records à Hiéville, dans le Calvados, ou encore à Montigny-le-Gannelon, en Eure-et-Loir. Le prix de l’eau atteint souvent des sommets sur les côtes, en particulier en Bretagne et en Vendée.
→ Consultez les tarifs de l’eau de 217 villes de l’Ouest



Le Nord-Est n’est pas en reste avec les 22 départements des régions Hauts-de-France, Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté. Les écarts y sont là encore considérables, avec des tarifs qui peuvent être de seulement 2,68 €/m3, mais aller jusqu’à 8,01 €/m3 ! Si le prix de l’eau est très compétitif à Lons-le-Saunier qui est en régie, dans le Jura, compétitif à Dôle avec Suez, il est en revanche très élevé dans l’Aisne, à Château-Thierry, avec Veolia et dans le Nord, à Valenciennes, avec Suez. L’eau coût cher aussi dans le Pas-de-Calais, à Béthune, qui est en régie, ou dans l’Aisne, à Soissons, avec Suez.
→ Consultez les tarifs de l’eau de 225 villes du Nord-Est



La région Sud-Ouest compte 25 départements, ceux des régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. Prix prohibitifs et prix compétitifs s’y côtoient, avec des extrêmes de 2,94 à 7,07 €/m3. Les prix très excessifs y sont malgré tout moins fréquents que dans les autres grandes régions. Les stations du littoral n’y facturent pas l’eau à des montants aussi exorbitants que leurs consœurs de notre région Ouest. À l’exception des communes qui ont délégué au privé, les prix sont relativement raisonnables dans le département des Landes, qui s’est organisé en syndicat.
→ Consultez les tarifs de l’eau de 202 villes du Sud-Ouest



Notre Sud-Est comprend les 18 départements des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Les écarts y sont vertigineux avec des prix s’étalant de 2,87 à 8,46 €/m3, mais ce n’est pas sur la Côte d’Azur qu’on paie le plus cher. Dans le Beaujolais, en revanche, le mètre cube d’eau peut être au prix d’une bouteille de vin ! Les prix sont très compétitifs à Grand Lyon avec Veolia, à Moulins en régie dans l’Allier ou à Cannes sur la Côte d’Azur avec Suez.
→ Consultez les tarifs de l’eau de 181 villes du Sud-Est



L’Île-de-France est un cas un peu à part, car la région compte deux mastodontes de l’eau : d’un côté, la régie municipale Eau de Paris, qui alimente 3 millions d’usagers, de l’autre, Veolia qui dessert 4,6 millions d’habitants pour le compte du Sedif. À l’exception de la capitale, qui est en régie, l’eau est souvent très chère dans la région Île-de-France. Les prix record de notre enquête nationale se situent d’ailleurs en Seine-et-Marne et dans le Val-d’Oise !
→ Consultez les tarifs de l’eau de 91 villes d’Île-de-France
UFC Que Choisir en ligne
Élisabeth Chesnais


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Colorant E171: Le dioxyde de titane bientĂ´t banni des bonbons ?
Les nanoparticules seront-elles bientôt sucrées des sucreries ? Le 16 mai 2018, 8 ONG ont envoyé un communiqué à l’ensemble des députés leur demandant de suspendre au plus tôt l’utilisation du colorant E171 (dioxyde de titane), un additif alimentaire répandu dans les plats préparés et les confiseries. « Nous souhaitons suspendre avant la fin de l’année l’utilisation de cette substance comme additif alimentaire en France », a déclaré la déléguée au Développement durable. Si plusieurs fabricants (Mars, Malabar, Fleury Michon, Picard…) et distributeurs français (Carrefour, Leclerc, Auchan, Système U) se sont déjà engagés à retirer les nanoparticules de dioxyde de titane de leurs produits, cette interdiction initialement prévue pour 2020 devrait généraliser ce grand nettoyage. L’interdiction reste toutefois restreinte pour l’heure au domaine alimentaire. Or la présence des nanoparticules ne se cantonne pas au contenu de notre assiette.

Infiniment petites mais extrêmement répandues


Alimentation, cosmétiques, médicaments…Comme le rappelait « Que Choisir » en février dans une grande enquête sur les nanoparticules, ces composés d’une taille inférieure à 100 nanomètres sont omniprésents dans notre quotidien, malgré des doutes sur leur innocuité. En effet, leur petite taille favorise leur pénétration dans l’organisme et le franchissement des barrières biologiques (des poumons et intestins vers le sang, du sang vers le cerveau). Leur surface importante de contact avec l’extérieur et la réactivité qui les caractérise renforcent ce potentiel toxique.

L’an dernier, une étude de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) a conclu que l’exposition chronique à l’E171 favorisait la croissance de lésions précancéreuses chez le rat. En ce qui concerne la nocivité pour l’homme, si elle fait actuellement l’objet de nombreuses recherches, la tâche semble ardue car le mécanisme d’action de ces minuscules particules s’avère complexe à étudier. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) doit toutefois conduire de nouvelles recherches en 2018, à la demande du gouvernement, selon l’AFP.

Malgré ces doutes, les nanoparticules se sont immiscées dans nombre de recettes industrielles. Plus de 400 000 tonnes de nanomatériaux ont été introduites dans divers produits manufacturés en France rien qu’en 2016. Nos tests ont ainsi révélé la présence de ce colorant sous forme de nanoparticules dans des produits alimentaires de toute sorte : gâteaux, bonbons, chewing-gum, poudres pour capuccino, épices et soupes déshydratées. Mais aussi dans des cosmétiques (dentifrice, crème solaire…). Et enfin dans des médicaments courants, tels que le Dafalgan (1 g comprimé pelliculés) ou le Doliprane (500 mg gélule), qui sont loin d’être des cas isolés. Car les chiffres obtenus en consultant la base de données recensant les médicaments mis sur le marché en France sont vertigineux : plus de 4 000 médicaments contiennent le colorant E171 !

Si l’on peut saluer l’annonce du gouvernement, espérons que cette mesure sera étendue aux cosmétiques et aux médicaments le plus tôt possible.
UFC Que Choisir en ligne
Marie-Noëlle Delaby


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Projet de loi Agriculture et Alimentation: Un texte sans grande ambition qui ne réglera pas les crises agricoles

Un manque de cohérence entre les différents dispositifs :





• Alors que les questions relatives à la baisse de l’utilisation de produits phytosanitaires, la protection de la biodiversité et la lutte contre le changement climatique constituent de réelles attentes sociétales et sont pour certaines l’objet d’une commande publique (ex. Plan phytosanitaire), il apparaît qu’elles ne sont quasiment pas traitées au sein des plans de filières.

• Alors que l’agriculture pèse à elle seule 20 % des émissions de gaz à effet de serre et que les politiques agricoles et alimentaires françaises doivent s’aligner sur les objectifs de l’Accord de Paris à hauteur d’une division par 2 des émissions du secteur agricole d’ici à 2050, il n’y a aucune référence à la protection du climat dans le projet de loi et très peu dans les plans de filières !

• L'interdiction du glyphosate dans les 3 ans ne figure plus dans la loi, ni dans le plan phytosanitaire.

• L’objectif de 50 % de produits de qualité, dont 20 % de produits bio dans la restauration collective d’ici 2022, ne trouve pas de concrétisation dans le grand plan d'investissement. Ce dernier, disposant de 5 milliards d’euros ne prévoit pas de financement spécifique pour la territorialisation de l’alimentation.

• La mesure consistant à instaurer un plat végétarien hebdomadaire, plébiscitée par les citoyens dans le cadre de la consultation citoyenne lancée en ligne à l’occasion des EGA, a été rejetée par le gouvernement lors de l’examen en Commissions à l’Assemblée nationale.

• Si l’interdiction des œufs issus de poules en cages constituait un engagement de campagne du Président de la République, rappelé lors de son discours à Rungis, le Ministre de l’Agriculture n’a pas souhaité l’inscrire dans la loi préférant le renvoyer aux plans de filières. Pourtant, dans ces plans de filières, analysés par la plateforme, les ambitions sont insuffisantes et ne suffiront pas à elles seules à faire évoluer les pratiques.

• Le relèvement du seuil de revente à perte, présenté par le Gouvernement comme la mesure phare pour augmenter le revenu des agriculteurs, ne permettra pas de relever les prix agricoles puisque le projet de loi ne contient aucune mesure pour obliger la grande distribution ou les industriels à répercuter aux agriculteurs les sommes prélevées. En revanche, l'impact inflationniste sera certain et immédiat sur les consommateurs. Selon les estimations il représente entre 800 millions et 5 milliards d’euros pendant les deux ans que durera l'expérimentation.

De nombreuses priorités passées à la trappe dans le projet de loi :



Les parlementaires ont déjà commencé leur travail puisque le projet de loi est déjà passé par deux commissions. Et même si des avancées intéressantes ont pu être notées en commission développement durable, elles sont pour une grande partie passées contre l’avis du gouvernement, et nombre d’entre elles ont été supprimées lors du passage en commission des affaires économiques.


La Plateforme citoyenne pour une transition agricole et alimentaire demande aux députés de rétablir de la cohérence pour impulser une réelle transition lors des débats à venir en inscrivant dans la loi :

• La définition d’un prix abusivement bas, en-dessous duquel l’aval ne pourra pas acheter de produits agricoles, et la mise en place d’un arbitrage public des relations commerciales, ainsi que la suppression du relèvement du seuil de revente à perte (SRP).

• Un soutien structurant à des filières et des dynamiques de Commerce Équitable « origine France », comme filières internationales, en tant que démarche permettant d’apporter aux consommateurs des garanties, vérifiées et tracées, sur la juste rémunération des producteurs.

• La santé environnementale avec l’interdiction du glyphosate à 3 ans, l’encadrement des néonicotinoïdes, des perturbateurs endocriniens, des huiles minérales, des additifs, mais aussi des nanomatériaux dans l’alimentation. Malgré un rapport sans appel de l’IGAS, rien n’est fait pour interdire au plus vite les pesticides les plus dangereux dans la loi.

• La protection des riverains des zones cultivées en instaurant des zones sans pesticides de synthèse aux abords des habitations.

• Un meilleur étiquetage pour les consommateurs : mode d’élevage, nourri aux OGM, nombre de traitements pesticides, etc.

• Le renforcement de la sécurité sanitaire de notre alimentation, notamment en redonnant les moyens à l’Etat d’être plus efficace, en exigeant plus de transparence sur les contrôles, la prévention et la gestion des crises et en stoppant l’impunité des industriels grâce à des sanctions exemplaires.

• La réglementation de la publicité et du marketing qui ciblent les enfants pour des produits trop sucrés, trop gras, trop salés.

• La prise en compte des protéines végétales au même titre que les protéines animales et l’introduction des repas végétariens dans les restaurations collectives.

• La mise en place de contrôles vidéo en abattoirs, conformément à l’engagement électoral d'Emmanuel Macron, et l’interdiction de la production d’œufs issus de systèmes en cages.

• Des mesures permettant l'atteinte d'une optimisation des actions de fertilisation azotée.

• L’objectif pour l’Etat de ne pas participer à travers ses achats à la déforestation dans le monde, anticipant ainsi sur la très prochaine Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée.



Notes:


1-Les organisations membres de la PCTAA :
Action contre la Faim / ActionAid France / Agir Pour l’Environnement / Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières / Amis de la Terre France / Association française des Diététiciens Nutritionnistes / Association Max Havelaar France / Attac France / BLOOM / CCFD-Terre Solidaire / Commerce Équitable France / CIWF France / CMR (Chrétiens dans le Monde Rural) / Comité français pour la solidarité internationale / Coordination SUD / CRID / Criigen / Eau et Rivières de Bretagne / Fédération Artisans du Monde / Fédération des Associations pour le Développement de l’Emploi Agricole et Rural (FADEAR) / Fédération Nationale d’Agriculture Biologique / Fermes d’Avenir / Filière Paysanne / Fondation pour la Nature et l’Homme / Foodwatch France / France Nature Environnement / Générations Futures / Greenpeace France / Ingénieurs Sans Frontières AgriSTA (Agricultures et Souveraineté Alimentaire) / LPO / Miramap / Mouvement de l’Agriculture Bio-Dynamique / Nature et Progrès / OGM dangers / Oxfam France / Plateforme pour une petite pêche / REFEDD (Réseau Français des Etudiants pour le Développement Durable) / RENETA (Réseau National des Espaces-Test Agricoles) / Réseau Action Climat / Réseau CIVAM / Réseau Cocagne / Réseau Environnement Santé / RESOLIS / Secours Catholique - Caritas France / SOL / Syndicat National d’Apiculture / Terre & Humanisme / Terre de Liens / UFC-Que Choisir / Union Nationale de l’Apiculture Française / WECF France / WWF France

Chaque position exprimée dans ce document est approuvée par la majorité des organisations membres de la plateforme, mais n'est pas nécessairement la position de chacune d'entre elles.

UFC Que Choisir en Ligne


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