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Loi Alimentation Un chèque en blanc à la distribution de 1,6 milliard d’euros
Relèvement du SRP : un chèque en blanc de 1,6 milliard à la distribution !

Alors que les représentants de la grande distribution prétendent désormais que le relèvement du SRP n’aurait causé aucune inflation1, l’UFC-Que Choisir démontre au contraire que cette mesure a bel et bien déclenché une flambée des prix alimentaires. Sur la base d’une étude de prix réalisée sur la totalité des magasins des grandes enseignes2, il apparaît que les prix alimentaires ont subi lors de l’entrée en vigueur de la mesure (1er février 2019) une brutale augmentation de + 0,83 % en un mois seulement, plus particulièrement marquée dans les hypermarchés et sur les produits de grandes marques. Alors que la facture des ménages en alimentaire s’élève à 95 milliards d’euros par an, le relèvement du SRP se traduira par une hausse de 1,6 milliard d’euros.

Exemples de produits particulièrement touchés par l’inflation



Les promesses envolées de modération des marges

En contrepartie de la hausse du SRP qui leur a été accordée, les industriels et la grande distribution s’étaient engagés en 2017 à modérer leurs marges, afin que les prix consentis aux agriculteurs soient plus rémunérateurs. Mais notre analyse des données officielles3 sur le lait de consommation, la viande bovine et les filets de poulet montre que cette promesse n’a pas été tenue. Par exemple, pour le lait UHT, alors que depuis 2017 le prix revenant à l’éleveur a diminué de 5 %, la marge des distributeurs a au contraire augmenté de 8 %. Résultat : alors que le prix agricole a diminué, les consommateurs paient maintenant le lait 4 % plus cher. Dans le cas de la viande bovine et du poulet, si les prix agricoles ont pu bénéficier d’une légère augmentation, celle-ci est loin de rattraper les baisses subies avant 2017. Loin du « ruissellement » promis, les marges de l’industrie et de la distribution ont encore progressé plus fortement que les prix agricoles, entrainant une inflation supplémentaire injustifiée pour les consommateurs.

Des prix agricoles toujours en-dessous des prix de revient

Le deuxième engagement majeur formulé à Rungis était de rééquilibrer les négociations commerciales en partant des prix de revient. La Confédération Paysanne a constaté sur le terrain qu’à rebours de ces promesses, les prix de revient calculés par les organisations de producteurs n'ont jamais été pris en compte par la distribution ou l’industrie. Les producteurs ont subi au contraire un durcissement des négociations qui se traduit pour certaines productions par des prix d’achat encore en-dessous des prix de revient. Ainsi, le lait de vache est acheté 15 % en dessous du prix de production et la viande 14 %. En fruits et légumes, la grande distribution, profitant de la concurrence avec les productions importées bien moins cher, impose des tarifs inférieurs de 8 % au prix de revient pour les abricots, de 9 % pour les pêches blanches et de 3 % pour les tomates rondes bio4. Comment s’étonner de cette absence de rééquilibrage sachant que l’Etat ferme les yeux sur la vérité des négociations commerciales !

Ayant fait la démonstration que le relèvement du SRP n’est in fine qu’un cadeau à la grande distribution, en raison de la persistance de ses pratiques lors des négociations commerciales, la Confédération Paysanne et l’UFC-Que Choisir affirment qu’il est malgré tout possible de garantir des prix rémunérateurs aux agriculteurs tout en permettant une amélioration de la qualité de l’offre alimentaire au prix juste. A cet effet, les deux organisations demandent au Gouvernement :

- L’abandon immédiat du relèvement du seuil de revente à perte ;
- La transparence totale sur les marges des industriels et des enseignes de la grande distribution par la publication des niveaux de marges nettes réalisées par chacun ;
- La mise en œuvre effective du rééquilibrage des négociations commerciales, par la publication des conditions de négociation, par des contrôles officiels et l’application de sanctions dissuasives en cas de non-respect de la loi et de prix producteurs en-dessous du prix de revient ;
- Un dispositif pour déterminer des prix agricoles rémunérateurs prenant en compte les efforts de montée en gamme des exploitants, sur la base de critères notamment sanitaires, environnementaux et nutritionnels.



Lire l'Ă©tude:

Prix agricoles en berne et inflation en rayon

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Au nom de la terre: Des pistes pour améliorer le sort des paysans
Avec son gigantisme, ses fermes-usines et sa déconnexion d’avec la nature, l’agriculture américaine fait aujourd’hui figure d’exemple à ne pas suivre. Il y a quarante ans, de nombreux agriculteurs la regardaient au contraire avec admiration, enviant sa productivité et sa modernité. C’est le cas du personnage central du film Au nom de la terre, réalisé par Édouard Bergeon et sorti le 25 septembre. « Pierre », incarné par l’acteur Guillaume Canet, a vraiment existé puisque son histoire est celle du père du réalisateur. Le film revêt donc un aspect documentaire et met en lumière de façon réaliste les difficultés du métier d’agriculteur et les impasses dans lesquelles beaucoup se sont enferrés à partir des années 1980.

Pierre, donc, revient d’un séjour aux États-Unis, dans le Wyoming, où il a travaillé pour une exploitation engraissant 10 000 bêtes. Nous sommes au milieu des années 70. Plein d’espoir, il reprend la ferme de son père et élève des chevreaux en intégration. Un système très répandu encore aujourd’hui (70 % de la production de volailles, 40 % des élevages de porcs), où un industriel fournit à l’agriculteur les animaux tout juste nés et leur nourriture puis les récupère une fois engraissés à un prix très peu rémunérateur qu’il fixe à son gré. Vingt ans plus tard, dans l’espoir de dégager enfin un revenu décent, l’agriculteur décide d’agrandir son exploitation pour élever 20 000 poulets, en plus de ses 2 000 chevreaux. C’est dans l’air du temps, coopératives et chambres d’agriculture promeuvent de concert ce modèle productiviste, ce qui incite les banques à accorder des prêts déraisonnables. Dès lors, la spirale du surendettement conjuguée à d’autres aléas précipite le chef d’exploitation dans la dépression. Il finit par se suicider, comme le fait un chef d’exploitation chaque jour, selon les chiffres de la Mutualité sociale agricole (12,6 % de surmortalité par suicide par rapport à la moyenne nationale). On sort de ce film un peu sonné en se demandant si, via nos choix en tant que consommateurs, nous pouvons éviter de promouvoir ce type de modèle.

Les produits sous label aussi concernés

S’assurer que le producteur soit correctement rémunéré n’est pas simple et si quelques initiatives en ce sens existent, à l’instar de C’est qui le patron, elles sont pour l’instant limitées. Quant au système en intégration, qui rend les paysans dépendants et corvéables à merci, il n’est pas cantonné aux produits bas de gamme comme les poulets élevés en 35 jours que l’on voit entassés sous un hangar dans le film. Les produits sous label peuvent aussi venir d’exploitations en intégration, s’y cantonner n’est donc pas une garantie de « bien-être paysan ».

Pierre se suicide en avalant des pesticides. Faut-il y voir un geste symbolique contre l’agriculture intensive dépendante aux intrants chimiques ? S’orienter vers les produits bio contribuerait-il à améliorer le sort des agriculteurs ? Pas automatiquement, selon Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne. « L’agriculture biologique est intéressante bien sûr, il est évident qu’il faut aller dans cette direction, produire de manière plus durable. Mais ce qui nous fait peur, c’est l’idée qu’il va falloir répondre immédiatement à une demande exponentielle. Il y a un risque réel d’industrialisation de l’agriculture bio, il ne faudrait pas commettre la même erreur qu’avec le conventionnel dans les années 80. Si c’est pour continuer à produire plus pour moins cher, ce n’est pas une solution. » Et de pointer des « attentes des consommateurs contradictoires ». De fait, nous sommes de plus en plus exigeants sur la qualité de nos aliments sans forcément accepter d’y mettre le prix. La part de l’alimentation dans le budget des ménages a baissé de 35 % en 1960 à 20 % aujourd’hui et la sensibilité au prix pour les produits alimentaires n’a jamais été aussi élevée, ce qui n’est pas le cas dans le domaine des loisirs, de l’habillement, ou encore des équipements électroniques.

Privilégier les produits bruts et les circuits courts

« Nos adhérents se retrouvent aussi très bien dans ce que montre le film de la perte de sens que certains paysans ressentent, poursuit Nicolas Girod. Produire des choses dont on ne sait pas où elles vont aller et qui elles vont nourrir participe à leur désarroi. Mais ils ne savent pas comment sortir de ce schéma. Des régions entières se sont organisées pour fournir des matières premières pas chères et en grande quantité pour l’exportation et l’approvisionnement de l’agroalimentaire. Il faut complètement changer de politique agricole pour permettre de relocaliser, moins transformer, consommer sur place. » S’ils veulent encourager cette évolution, les consommateurs devraient opter pour davantage de produits bruts et cuisiner eux-mêmes mais aussi, bien sûr, s’orienter vers les circuits courts. Nos différentes enquêtes le montrent, c’est un modèle en général satisfaisant pour tout le monde. Et si les habitants de certaines régions sont plus gâtés que d’autres en offres locales, des initiatives fleurissent partout, qui permettent de renouer le lien entre les consommateurs et ceux qui les nourrissent.

Même pour les achats hors circuits courts, cette relocalisation, au moins à l’échelle du pays, correspond à une demande sociétale. Pour prendre l’exemple du poulet, puisque c’est celui dont il est question dans le film, 90 % des achats en grande distribution concernent des produits français. Mais lorsque la volaille est introduite dans des produits transformés type plats cuisinés ou servie en restauration collective (cantine, restaurants, snacking), la tendance est inverse. Le consommateur n’étant alors pas informé (1), la tentation est grande d’utiliser du poulet élevé on ne sait où et dans quelles conditions, pour rogner sur les coûts. Un étiquetage de l’origine de toutes les viandes, voire de toutes les matières premières principales, quelle que soit l’occasion de consommation permettrait un choix plus éclairé et pourrait sans doute contribuer à la relocalisation.

(1) Il existe une obligation d’étiquetage de l’origine pour les viandes introduites dans les produits transformés mais elle souffre de plusieurs exceptions et ne concerne pas la restauration et le snacking.
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Fabienne Maleysson


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Produits bio: Trop souvent ultratransformés !
Une alimentation bio qui se démocratise, enfin à la portée du plus grand nombre… Ce souhait légitime mais pas simple à exaucer est aujourd’hui repris à l’état de slogan par les acteurs de la grande distribution et l’industrie agro-alimentaire. Mais gare à ne pas en dévoyer le sens quand l’éventail de choix en produits bio ne cesse de s’élargir, pas forcément au profit de produits plus sains ! Tandis que fleurissent dans nos rayons les barres chocolatées, fromages en portion et autres purées en flocons estampillés AB, nous sommes en droit de nous demander si la promesse d’« un bio accessible à tous » n’est pas en train de s’éventer au profit d’un bio accessible à tout et n’importe quoi… Et en premier lieu aux produits ultratransformés, un terme qui qualifie les aliments impliquant des procédés industriels sans équivalent domestique, intégrant souvent 5 ingrédients ou plus, dont des ingrédients raffinés ainsi que des additifs ou arômes, non indispensables ou d’usage cosmétique.

La consommation d’aliments ultratransformés grimpe en flèche

Au cours de ces dernières décennies, au gré de l’évolution des habitudes alimentaires, leur consommation a sensiblement augmenté pour contribuer aujourd’hui à plus de la moitié des apports énergétiques dans de nombreux pays occidentaux selon l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Et ce phénomène n’épargne pas le bio, le logo AB étant de plus en plus présent sur des produits industriels aux recettes loin d’être simples ou irréprochables d’un point de vue nutritionnel, ce que concède Pierrick de Ronne, président de Biocoop, réseau de magasins bio présent depuis plus de 30 ans en France : « Foncièrement, le bio ne protège pas du fait de mal manger. La pâte à tartiner même bio n’est pas le meilleur des produits, mais le client en demande. Avant, Biocoop faisait le choix pour le consommateur [en ne proposant pas d’aliments ultratransformés]. Aujourd’hui, nous devons proposer de tout. Mais nous proposons plus de produits transformés qu’ultratransformés. Ces produits ne seront pas notre fonds de commerce, mais on en propose un peu : il faut que les gens s’y retrouvent. »

Et sur ce plan, les forts consommateurs de bio ne semblent pas se distinguer des autres, selon l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Eren) de Bobigny (93), qui explore les liens entre nos habitudes alimentaires et notre santé. « Lors de nos travaux sur la cohorte BioNutriNet, un groupe de patients volontaires qui réunit 69 000 adultes selon leur fréquence de consommation de bio, nous avons constaté que les plus forts consommateurs de bio avaient dans leur régime un taux de produits ultratransformés équivalent aux autres groupes », explique Mathilde Touvier, responsable de l’Eren.

Trop de produits bio mal notés par les logos nutritionnels

Certes, le cahier des charges bio restreint le nombre d’additifs utilisables dans les produits alimentaires à une petite cinquantaine contre plus de 300 en conventionnel. Mais un rapide tour en grande surface permet de constater que bio et ultratransformé font tout de même la paire pour nombre de produits : des yaourts aux fruits agrémentés d’amidon de maïs et de pectine pour en améliorer la texture et d’arôme naturel pour renforcer la flaveur, de la mayonnaise épaissie et acidifiée à l’aide d’additifs mais également aromatisée, des soupes à la tomate lyophilisées ou encore des gaufres au miel qui contiennent des additifs, du sirop de sucre inverti et du sirop de blé (des sucres à l’index glycémique plus élevé que le saccharose et donc plus vite assimilés, car ils contiennent du glucose libre).

Outre un profil nutritionnel médiocre (un Nutri-Score C ou D), tous ces produits bio sont également ultratransformés et par conséquent classés 4 sur l’échelle Nova (lire encadré). Des études épidémiologiques récentes évoquent un lien possible entre la consommation d’aliments ultratransformés et un risque accru de dyslipidémie, de surpoids, d’hypertension artérielle, de cancer ou encore de symptômes dépressifs. Fin mai 2019, une étude publiée dans le British Medical Journal et menée par des chercheurs de l’Eren (2) sur plus de 100 000 sujets du groupe d’étude NutriNet a montré qu’une augmentation de 10 % de la part d’aliments ultratransformés dans le régime alimentaire (par exemple, en comparant deux individus consommant respectivement 15 % et 25 % de leurs aliments sous forme ultratransformée) était associée à une augmentation de 12 % du risque global de développer des maladies cardiovasculaires (soit, dans le détail, 13 % pour les maladies coronariennes et 11 % pour les maladies cérébro-vasculaires).

Côté santé, le mélange des genres est problématique

D’un côté, un régime riche en aliments bio semble avoir un effet bénéfique pour la santé, notamment vis-à-vis de certains types de cancer, mais de l’autre, des études montrent un lien tangible entre aliments ultratransformés et de nombreuses pathologies. Dès lors, comment faire la part des choses quand bio rime avec ultratransformé ?

Le sujet est complexe car ces études ne sont pas directement comparables entre elles. De plus, les travaux établissant un lien positif entre un régime riche en aliments bio et la santé n’ont pas, pour l’heure, investigué ce lien « aliment par aliment » mais pour un régime global qui contient donc des produits sains (fruits et légumes, légumineuses...) et d’autres suspectés de ne pas l’être, comme les aliments ultratransformés, notamment trop gras, salés ou sucrés.

De même, alors que la famille des aliments ultratransformés est vaste, les études épidémiologiques sur leur impact sanitaire ne détaillent pas la responsabilité relative des différents facteurs possibles (procédés industriels, emplois d’additifs, présence de composés indésirables néoformés ou provenant des emballages et autres matériaux de contact, mauvais profil nutritionnel…).

Pour l’heure, les chercheurs vont donc devoir affiner dans un cas comme dans l’autre leur champ d’étude. Ce qui n’empêche pas l’État d’émettre des recommandations. Santé publique France invite ainsi à consommer au moins 20 % de produits bio, tandis que le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) souhaite réduire de 20 % la consommation d’aliments ultratransformés en France d’ici 2022. Mieux vaut donc privilégier les aliments bio et bruts, ou le moins transformés possible !

Qu’est-ce que la classification Nova ?

Outil créé par des chercheurs de l’université de Sao Paulo au Brésil en 2009, la classification Nova permet de catégoriser les aliments selon 4 groupes, en fonction de leur degré de transformation :

Groupe 1 : aliments peu ou pas transformés
Groupe 2 : ingrédients culinaires
Groupe 3 : aliments transformés
Groupe 4 : aliments ultratransformés

Le groupe des aliments ultratransformés comprend les aliments qui ont subi un haut degré de transformation par des procédés industriels (hydrogénation, hydrolyse, extrusion, prétraitement par friture) ou auxquels sont ajoutées des substances qui ne sont pas à disposition des consommateurs dans les commerces alimentaires, comme des huiles hydrogénées, des amidons modifiés, des additifs (colorants, émulsifiants, texturants, édulcorants…). Ainsi les viandes rouges ou blanches, uniquement salées, sont considérées comme des aliments transformés (Nova 3) tandis que d’autres préparations comme les viandes fumées ou certaines charcuteries (saucisses ou jambon avec des nitrites) sont classées comme ultratransformées (Nova 4). De même, les soupes liquides préparées uniquement avec des légumes, des herbes et des épices sont généralement considérées comme des aliments transformés alors que les soupes déshydratées sont classées comme aliments ultratransformés.



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Marie-Noëlle Delaby


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Sur-marges sur les fruits et légumes bio: La grande distribution matraque toujours les consommateurs !
Face aux alertes sur les risques sanitaires et environnementaux des pesticides, les consommateurs français se tournent de plus en plus vers les produits biologiques (+ 36 % sur les deux dernières années(2)). La grande distribution ayant encore renforcé sa part de marché sur le bio(3) sur cette même période, l’UFC-Que Choisir a souhaité réactualiser son étude sur les « marges du bio ». Et le moins que l’on puisse dire c’est que les marges des fruits et légumes bio restent toujours en travers de la gorge.

+ 83 %, + 109 %, + 149 %, les sur-marges se concentrent sur les produits les plus consommés

Sur la base des cotations officielles publiées pour 24 fruits et légumes4, l’UFC-Que Choisir dénonce le niveau exorbitant des marges brutes sur le bio : en moyenne, 75 % plus élevées qu’en conventionnel. Pire, cette moyenne masque de très fortes disparités selon les produits, et ce sont sur les plus consommés que la grande distribution se gave le plus. Si le niveau de marge en bio est équivalent au conventionnel pour l’oignon, l’ail ou la carotte, sur les 3 fruits et légumes les plus consommés (la pomme de terre, la tomate et la pomme) les marges brutes sont respectivement 83 %, 109 % et 149 % supérieures au conventionnel. La palme des sur-marges revient au poireau, où la grande distribution marge 2,5 fois plus sur le bio que sur le conventionnel (+ 165 %).


Sur-marges de la grande distribution : l’exemple de la pomme bio


Il faut arrêter de croire que la cherté du bio provient exclusivement du surcoût agricole… Ainsi, dans le cas de la pomme par exemple, alors que le prix agricole en bio est supérieur de 70 % au conventionnel, la marge brute de la distribution est deux fois et demie plus importante. Conséquence : un prix en rayon double pour le bio par rapport au conventionnel.



Lorsqu’on cumule les prix des 24 fruits et légumes étudiés, le budget annuel pour un ménage français s’élève à 657 € pour le bio, contre 379 € pour l’équivalent conventionnel. Alors qu’une partie seulement de cet important écart tarifaire s’explique par les moindres rendements de l’agriculture biologique, pas moins de 41 % de l’écart est dû à la différence dans les marges appliquées par la grande distribution : 287 € en bio contre 173 € en conventionnel. Cette situation est d’autant moins acceptable qu’à ce jour, la grande distribution n’a produit aucun élément chiffré permettant de justifier une différence dans les frais de distribution entre le bio et le conventionnel (manutention, stockage, mise et pertes en rayon, etc.).


Marges de la grande distribution sur le budget annuel de fruits et légumes : 287 € en bio contre 173 € en conventionnel !


Par rapport à l’étude de 2017, la marge brute globale pratiquée par la grande distribution sur la consommation de bio n’a que très légèrement diminué (de seulement 6 %), démontrant l’absence de véritable inflexion dans les politiques de sur-marges. Car si le taux de marge(5) est désormais légèrement inférieur pour le bio, il ne faut pas s’y tromper : pour les consommateurs, ce qui compte n’est pas le taux de marge, mais bien le montant de marge dont ils doivent s’acquitter. Comme le prix de revient agricole est bien plus élevé en bio, lui appliquer un taux de marge proche de celui appliqué aux produits conventionnels se traduit immanquablement par une marge en euros bien supérieure sur le bio !

Cette évolution permet en revanche de contredire l’argument des distributeurs selon lequel leurs marges seraient définies de manière fixe en fonction des seules contraintes techniques de mise en rayon, et montre qu’au contraire elles sont ajustées selon des logiques purement mercantiles. Or cette pratique est particulièrement coûteuse pour le budget des consommateurs : si la grande distribution appliquait au bio la même marge qu’en conventionnel, le budget annuel d’une consommation de fruits et légumes bio diminuerait de 18 %, soit 121 € d’économie par ménage(6) !

Fruits et légumes bio : les magasins spécialisés moins chers que les grandes surfaces

La cherté du bio en grandes surfaces n’est pas une fatalité. Un récent relevé de prix réalisé par l’UFC-Que Choisir(7) avec l’aide de ses bénévoles montre ainsi que les magasins spécialisés peuvent constituer un recours pour les consommateurs. En effet, bien qu’ils soient globalement plus chers que les grandes surfaces lorsque l’on prend en compte l’ensemble des produits bio, la situation est bien différente pour les seuls fruits et légumes, dont les prix s’avèrent 19 % moins élevés dans les magasins spécialisés8. Dès lors, et notamment compte tenu de la progression marquée du nombre de magasins spécialisés en France (416 points de vente supplémentaires au cours des deux dernières années, soit une progression de 18 %), la mise en concurrence par les consommateurs des différents modes de distribution pourrait pousser les grandes surfaces à adopter des politiques de marges plus raisonnables et donc favorables à la démocratisation du bio.

Sur la base de son étude, l’UFC-Que Choisir, souhaitant encourager la consommation du bio au vu de ses bénéfices sanitaires et environnementaux :

- Exhorte l’Observatoire de la formation des prix et marges à une transparence totale et salutaire en publiant les niveaux de marges par enseigne et par rayon (« naming and shaming »), dans le cadre de ses prochains travaux9 sur les produits de l’agriculture biologique ;
- Recommande aux consommateurs de faire jouer la concurrence entre les modes de distribution, afin de trouver les prix du bio les plus compétitifs.



Notes:
1 https://www.quechoisir.org/action-ufc-que-choisir-fruits-et-legumes-bio-les-sur-marges-de-la-grande-distribution-n45900/
2 Progression en valeur des achats de produits biologiques entre 2016 et 2018 –Les chiffres 2018 du secteur bio – Agence Bio – juin 2019.
3 Entre 2016 et 2018, la part de marché de la grande distribution sur les produits biologiques est passée de 45 % à 49 % - Les chiffres 2018 du secteur bio – Agence Bio – juin 2019.
4 Etude réalisée sur la base des cotations des produits biologiques et conventionnels, publiées sur la période allant de mai 2018 à mai 2019 par le Réseau des Nouvelles des Marchés, pour 24 fruits et légumes représentant 86 % de la consommation des ménages.
5 Le taux de marge est un coefficient égal à la marge appliquée par le distributeur sur un produit, divisée par le prix auquel le distributeur a acheté ce produit
6Si la grande distribution appliquait aux fruits et légumes bio la même marge brute qu’en conventionnel, le budget de la consommation annuelle serait de 536 € (Prix agricole 335 € + marge distribution 173 € + TVA 28 €), soit une économie de 18 %.
7 Relevés de prix réalisés entre janvier et février 2019 sur les sites Internet drive de 3350 magasins de la grande distribution et par les enquêteurs de l’UFC-Que Choisir dans 712 magasins spécialisés.
8 Les détails de notre enquête prix sont disponibles dans le numéro 583 de septembre 2019 du magazine Que Choisir.
9 L’Observatoire de la formation des prix et marges a annoncé le 3 juin 2019 la mise en place d’un groupe de travail sur les produits certifiés issus de l’agriculture biologique pour travailler sur la répartition de valeur pour ces produits.
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Étiquetage nutritionnel: Le NUTRI-SCORE soutenu par l’UFC-Que Choisir

L'étiquetage nutritionnel, une nécessaire transparence pour les consommateurs


Qu’est-ce que l’étiquetage nutritionnel ?

L’étiquetage nutritionnel a pour objectif d’informer le consommateur sur la qualité nutritionnelle d’un produit. Il s’agit d’informations relatives à la composition des produits alimentaires et à leur valeur nutritionnelle destinées à permettre au consommateur de satisfaire ses besoins nutritionnels en fonction de son état de santé, de ses envies, de son âge ou encore pour correspondre à un régime spécifique.


Pourquoi faut-il un étiquetage nutritionnel simplifié ?

Face à la technicité et à la complexité de certains termes inscrits sur les étiquettes, mais aussi à la difficulté d’effectuer des calculs quant aux célèbres « apports caloriques journaliers », les consommateurs ne disposent pas des clés nécessaires pour interpréter rapidement et simplement l’intérêt nutritionnel d’un produit.


C’est la raison pour laquelle l’UFC-Que Choisir a plaidé dès 2014 pour la mise en place d’un étiquetage universel et lisible par tous. Le choix d’un étiquetage simplifié constitue un moyen :
– d’harmoniser l’information sur tous les produits alimentaires ;
– de proposer un repère rapide et efficace permettant aux consommateurs de mieux choisir ;
– de donner aux consommateurs la possibilité de ne pas se laisser berner par les stratégies marketing et les allégations fantaisistes.

>> Découvrez le spot promotionnel sur le Nutri-Score réalisé par l'UFC-Que Choisir:



L’obligation pour les industriels d’adopter et d’afficher un étiquetage nutritionnel est aussi une façon de les obliger à plus de transparence et de qualité. En effet, les consommateurs pourront alors privilégier les produits dont l’apport nutritionnel sera le plus adapté à leurs attentes et peser ainsi, par leur choix d’achat, sur le marché et l’offre qui leur est présentée.


Le Nutri-Score, le modèle d'étiquetage nutritionnel le mieux adapté aux consommateurs

Le Nutri-Score est un système d’étiquetage nutritionnel proposé fin 2013 par Serge Hercberg, président du Programme national nutrition santé (PNNS) ; il a finalement été adopté en France, après une intense mobilisation de l’UFC-Que Choisir, comme le seul référentiel possible pour les produits alimentaires. Compte tenu de la réglementation européenne, le Nutri-Score est certes le modèle officiel français, mais seulement sur la base du volontariat. Son utilisation repose pour l’instant sur le seul bon vouloir des fabricants et des industriels.
Santé publique France, l’agence nationale de santé publique, l’a présenté dans la vidéo « le dispositif Nutri-Score – infographie pédagogique » ci-dessous.




Comment fonctionne le Nutri-Score ?

Le Nutri-Score repose sur un système de 5 notes en couleur allant de A (meilleure note, en vert) à E (moins bonne note, en rouge).



Cette double lecture permet un accès aux informations essentielles en un clin d’œil. Ainsi, même à distance, ou en faisant ses courses en ligne, le consommateur peut identifier la valeur nutritionnelle d’un produit, sans avoir à en lire la composition à l’arrière de l’emballage. Le système a aussi été pensé pour demeurer compréhensible pour les personnes daltoniennes ou ayant du mal à distinguer les petites lettres.

Lire l'article complet sur le combat de l'UFC pour imposer le Nutri-score
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Robot cuiseur Thermomix TM31: Attention avec les préparations chaudes
Le Thermomix TM31, robot cuiseur star de la marque Vorwerk, n’est plus commercialisé depuis 2014 : il a depuis été remplacé par le TM5 puis récemment par le TM6. Mais nombreux sont les foyers qui en sont encore équipés. En raison des accidents signalés à l’Administration par l’UFC-Que Choisir, avec de sérieuses brûlures à la clé lors de la préparation de soupes ou sauces chaudes, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) s’est décidée à demander à la marque de communiquer plus vigoureusement sur les précautions d’utilisation. Ce qu’elle a fait en adressant un courrier aux propriétaires connus de l’appareil. Le message le plus important : lors du mixage d’un liquide très chaud (soupe ou sauce à 100 °C), il faut veiller à baisser progressivement la vitesse, puis patienter quelques secondes avant d’ouvrir le couvercle. À noter également, les enfants ne doivent pas manipuler l’appareil, ni se trouver à proximité lorsqu’il est en fonctionnement. Les personnes qui auraient acheté le TM31 en seconde main peuvent retrouver ces consignes de sécurité sur le site de Vorwerk (1). La DGCCRF relaie également les informations à retenir sur son site (2).

Les projections de préparations brûlantes peuvent également être le fait d’un joint défectueux. Vorwerk a, en 2014, engagé une campagne de remplacement. Quoi qu’il en soit, le joint doit être changé tous les 2 ans, et en cas de fuite ou de signe d’usure, pour assurer l’étanchéité lors du mixage.

Restent les accidents qui ne s’expliquent ni par le non-respect des précautions d’utilisation, ni par l’usure du joint, mais qui se sont tout simplement produits parce que le couvercle a sauté avant la fin de la phase de mixage. Le mieux est de déclarer l’accident à votre assurance, surtout si les brûlures ont occasionné une prise en charge médicale quotidienne et un arrêt de travail. Un signalement doit aussi être fait auprès de Vorwerk. Après expertise de l’appareil, des discussions peuvent s’engager pour une éventuelle indemnisation.

1. https://www.vorwerk.fr/fileadmin/thermomix/data/fr/img/ABC_Campagne/PDF/19.04.2019_-_Lettre_suivie_TM31.pdf

2. https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/dgccrf-appelle-consommateurs-au-respect-des-precautions-dutilisation-lappareil-cuisine
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Anne-Sophie Stamane


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Printemps des consommateurs 2019 : l'UFC Que Choisir de l'Ardèche organise une soirée débat !
Dans le cadre du printemps des consommateurs, à l’instar de l’an dernier où nous avions organisé une soirée « jardiner au naturel » et une sur « les perturbateurs endocriniens », nous montons cette année une soirée débat sur le thème « consommer responsable » qui aura lieu le vendredi 5 avril à 18 h au centre le Bournot à Aubenas.

Un diaporama préparé par nos soins sera le support de cette soirée ; nous comptons beaucoup sur l’interactivité avec le public présent qui a sûrement de nombreuses expériences en la matière.



UFC Que Choisir de l'Ardèche


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Contamination alimentaire toxique: Rappel massif de haricots verts
On le surnomme herbe du diable ou herbe aux sorciers. Le Datura est une plante très toxique. Au point que si vous en consommiez à forte dose, ce serait possiblement la fin des haricots. Or c’est justement dans diverses préparations à base de ce légume que la plante toxique a été retrouvée ces dernières semaines !

Tout a commencé en février 2019 quand la marque de plats préparés Comme j’aime rappelle des plats préparés « porc à la provençale et ses haricots plats », possiblement contaminés par du Datura.

Puis mi-mars, ce fut au tour de Leclerc de rappeler des haricots surgelés vendus sous la marque Notre jardin et de Carrefour pour des haricots également surgelés. Des produits des marques D’aucy et Cuisine de France sont également rappelés.

Une liste qui pourrait encore s’allonger selon la DGCCRF qui précise que l’enquête de traçabilité indique que d’autres produits devraient être concernés.

Le conditionneur de ces haricots contaminés n’est autre que la société Greenyard. Le géant belge du légume surgelé, leader européen du secteur, était déjà à l’origine via une de ses usines hongroises de la vague d’infections de Listeria en juillet dernier. Une contamination ayant entraîné 48 cas humains de Listeria dont 9 décès (aucun cas n’avait été identifié en France).

La Datura stramonium est une plante courante en France que l’on retrouve notamment en bord de champs ou dans les cultures et dont la couleur verte est assez proche de celle des feuilles de haricots. La récolte mécanique des plantes peut accidentellement laisser passer la plante même si ce type de contamination est exceptionnel, la belle empoisonneuse étant généralement détruite par les herbicides.

« Les propriétés de ses alcaloïdes atropiniques sont bien connues de la pharmacopée pour leurs propriétés antispasmodiques, explique Evelyne Ollivier, enseignante et chercheuse en pharmacognosie à l’université d’Aix-Marseille. Mais ces principes actifs (en particulier la scopolamine) sont très toxiques. » Si ces alcaloïdes sont sensibles à la chaleur, les traitements thermiques brefs ne suffisent généralement pas à les détruire selon les précisions de la chercheuse. D’après les ouvrages de référence (1), 30 à 50 graines de Datura induiraient, chez la majorité des patients, hallucinations visuelles et mydriase (125 graines correspondent environ à 1 g). À plus forte dose, les alcaloïdes peuvent entraîner des insuffisances respiratoires ou des troubles cardiaques. Selon le site du ministère de l’Agriculture et de l’alimentation, « ils peuvent entraîner une intoxication modérée persistant 8 à 12 heures ou une intoxication sévère durant 2 à 3 jours (la dilatation de la pupille étant particulièrement lente à disparaître) ».

Les autorités recommandent donc d’appeler le 15 si vous ressentez les symptômes d’une intoxication après l’ingestion d’un produit concerné par cette alerte (sécheresse de la bouche, pupilles dilatées, troubles de la vue, tachycardie, agitation, confusion, désorientation spatio-temporelle, hallucinations, paroles incohérentes).

Enfin, si vous détenez des lots de produits concernés par la mesure de retrait-rappel, ne les consommez surtout pas et ramenez-les en point de vente pour remboursement.



(1) Plantes toxiques, végétaux dangereux pour l’homme et les animaux, 3e édition, Jean Bruneton, Lavoisier 2005.
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Marie-Noëlle Delaby


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Alimentation bio: Les jeunes consommateurs rebattent les cartes
« Le bio n’est plus un phénomène de mode mais de société », a déclaré Florent Guhl, président de l’Agence Bio, en introduction de la conférence annuelle présentant les chiffres-clés de la filière. Selon les résultats de cette enquête en ligne portant sur 2 000 Français de 18 ans et plus (représentatifs de la population nationale), le nombre de consommateurs de bio en France reste globalement stable par rapport à l’an dernier. Ainsi 71 % des Français consommeraient des aliments bio au moins une fois par mois, les consommateurs quotidiens étant en léger recul (12 %).

Le baromètre souligne cependant des écarts géographiques. Les régions les plus consommatrices sont la Bretagne (77 % de consommateurs réguliers), l’Île-de-France (77 %) et l’Auvergne-Rhône-Alpes (75 %), quand les Hauts-de-France plafonnent à 61 %. « La production et la consommation de bio sont fortement corrélées », analyse Florent Guhl.

Bien-ĂŞtre animal et environnement : de nouvelles incitations Ă  consommer bio

L’agence s’est également intéressée aux « nouveaux » consommateurs définis par l’enquête comme achetant bio depuis moins d’un an. En forte progression, ils sont passés de 9 % en 2017 à 17 % en 2018. Parmi les populations récemment converties, les 18-24 ans sont les plus représentés, devant les personnes à faibles revenus (20 %) et les femmes (19 %).

Autre enseignement, les motivations des jeunes consommateurs les poussant à se tourner vers le bio sont sensiblement différentes de celles de leurs aînés. Les premiers invoquent davantage des raisons éthiques et de bien-être animal quand les seconds s’attachent plus à préserver leur santé et sont à la recherche d’aliments de qualité et goûteux. La protection de l’environnement s’avère en revanche un levier majeur pour toutes les générations de consommateurs.

Des produits toujours perçus comme trop chers et pas assez transparents

Pas de surprise non plus du côté des freins à la consommation de bio : le prix s’avère problématique pour 84 % des jeunes consommateurs, même si 43 % estiment normal de payer plus cher un produit bio.

Un point d’autant plus sensible pour la filière qu’ont lieu actuellement et jusqu’à fin février 2019 les négociations commerciales annuelles entre la grande distribution – qui concentre 81 % des achats bio en France – d’une part et les producteurs et transformateurs en bio d’autre part. Selon le Synabio, syndicat regroupant des transformateurs et réseaux de distributions bio, 28 % des entreprises alimentaires bio se voient aujourd’hui réclamer des baisses de tarifs par la grande distribution avant toute négociation. « Le bio est désormais au cœur de la stratégie des grandes enseignes, et fait son entrée dans la fameuse "guerre des prix" qu’elles se livrent », analyse le syndicat qui craint que les distributeurs se tournent vers des offres moins chères extérieures à la France. « Tirer les prix vers le bas n’est pas la solution : on a vu ce que cela a donné en conventionnel, mettant à genoux les producteurs français », s’alarme Didier Perréol, vice-président de l’Agence bio et administrateur de Synabio. À défaut d’une baisse des prix de vente, ce dernier prône plus de clarté pour le consommateur sur les marges, citant en exemple la marque C’est qui le patron qui joue la transparence dans la formation de ses prix et vient de sortir récemment un beurre, première référence bio de la gamme.

Un effort de transparence indispensable alors que ce nouveau baromètre révèle également une confiance mitigée des consommateurs de tout âge vis-à-vis des produits bio. Les principaux reproches faits à la filière sont un manque de clarté sur la réglementation bio, la certification et les contrôles des produits et, enfin et surtout, au sujet de l’origine des produits bio. Si les aliments made in France ne font généralement pas secret de leur origine, les consommateurs en ont assez du manque de traçabilité des produits transformés non français. Une opacité qui les condamne à buter le plus souvent sur un énigmatique sigle UE ou Hors-UE pour toute information sur l’origine du produit.

Système de production à repenser

Ce problème de traçabilité ne se limite certes pas aux produits estampillés AB. Mais qui pense bio pense souvent circuit court et de proximité. Or la France est encore loin d’être autosuffisante en bio sur certaines familles d’aliments. Notamment les fruits et légumes et les céréales. « Nos besoins en blé meunier ont grimpé de 15 % l’an dernier alors que la production française [en raison notamment de maladies comme la rouille et d’aléas climatiques, ndlr] a reculé de 30 % », constate sans détour Olivier Deseine, directeur du Moulin de Brasseuil qui produit de la farine bio pour la boulangerie en Île-de-France. La filière céréale va devoir repenser en profondeur son système de production alors que la loi alimentation parue en 2019 vient d’annoncer un plan de transformation des filières dont l’objectif est de doubler les surfaces de grandes cultures bio d’ici 2022.

Enfin côté fruits et légumes, le maraîchage français se butte essentiellement à la concurrence des produits de contre-saison. Difficile de faire avaler des poireaux à des consommateurs qui voudraient des tomates toute l’année. Mais les mentalités évoluent, rappelle l’Agence qui constate que 58 % des déclarants de l’enquête disent acheter plus de produits de saison. De bonnes résolutions dont la grande distribution compte bien tirer parti, Carrefour ayant annoncé le 5 février 2019 expérimenter pendant 3 mois une offre en fruits et légumes uniquement de saison dans l’ensemble du parc de Carrefour bio et dans 8 hyper et supermarchés de l’enseigne.
Lire aussi

Voir aussi: Le dossier de l'UFC consacré à l’alimentation bio
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Marie-Noëlle Delaby


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La contribution des consommateurs au Grand débat national: Pour une progression durable du pouvoir d’achat de 9 milliards d’euros
Le pouvoir d’achat n’est pas qu’affaire de revenus

La première réponse du gouvernement aux légitimes attentes des Français en termes de pouvoir d’achat aura été un plan de 10 milliards d’euros de hausse des revenus et de baisses de taxes. Mais l’UFC-Que Choisir tient à rappeler que le pouvoir d’achat doit être abordé dans ses deux aspects conjointement : le niveau des revenus mais aussi celui des prix. C’est pourquoi l’association a établi une liste de douze mesures concrètes, à même de faire diminuer les prix en s’attaquant à divers rentes ou dysfonctionnements de marché. Par exemple, la suppression du relèvement du seuil de revente à perte sur les produits alimentaires, entré en vigueur au 1er février, pourrait permettre 800 millions d’euros d’économie, quand la portabilité du numéro de compte bancaire générerait 1,2 milliard de baisse des tarifs bancaires.

Ces réformes concernent prioritairement les dépenses contraintes des consommateurs, comme l’alimentation, la santé, l’énergie ou encore la banque. C’est ainsi un total de plus de 9 milliards d’euros qui peuvent être durablement dégagés en faveur des consommateurs, soit plus de 320 € par ménage et par an. Un plan qui doublerait l’ampleur des annonces présidentielles, sans peser sur les finances publiques.



Le Grand débat doit être l’occasion de construire une société de consommation durable

S’il n’est pas acceptable de maintenir artificiellement des prix élevés en raison d’une concurrence insuffisante ou d’une régulation inadaptée, l’UFC-Que Choisir, loin des caricatures, ne promeut pas pour autant le « consommer toujours plus », mais le « consommer mieux ». C’est tout l’enjeu de ce plan, qui contient des propositions structurantes à même d’orienter les comportements de tous les acteurs vers une consommation plus vertueuse. Celle-ci se doit en effet d’être respectueuse de la santé et de l’environnement, et garantir à tous, où qu’ils se trouvent sur le territoire et quels que soient leurs revenus, l’accès aux biens et services essentiels. C’est dans cet esprit que nous demandons par exemple un allongement de la durée de garantie légale ou encore la libéralisation de la vente des pièces de carrosserie automobiles, pour favoriser la réparation et le réemploi des produits, plutôt que leur remplacement.

Aux consommateurs de voter pour soutenir leurs propositions prioritaires !



Pour que les consommateurs puissent soutenir et orienter ce plan en faveur du pouvoir d’achat, l’UFC-Que Choisir propose à partir d’aujourd’hui aux consommateurs de le signer, et de voter pour dégager les trois propositions les plus urgentes à leurs yeux. Cette mobilisation donnera plus de force à l’association pour porter ces réformes, avec l’aide de ses associations locales, dans le cadre du Grand débat national.

Décidée à mettre au cœur du débat actuel les enjeux du pouvoir d’achat et d’une consommation vertueuse et durable l’UFC-Que Choisir appelle les Français à voter en masse pour la Contribution des consommateurs, et demande aux pouvoirs publics la mise en œuvre dès cette année des mesures de ce plan.



Télécharger le dossier de presse


Retrouver les 12 mesures



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