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Cosmétiques pour bébés: Imbroglio autour d’un conservateur
On n’a pas fini d’entendre parler du phénoxyéthanol. Ce conservateur très utilisé dans divers produits cosmétiques (plus de 50 000 sur les 164 000 de notre base de données et notre application QuelCosmetic) fait l’objet d’une bataille d’experts depuis des années entre l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et le Comité d’experts européens (SCCS, Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs). Aujourd’hui, l’ANSM a décidé de ne plus se contenter de « recommandations », elle prend une mesure de police sanitaire qui s’impose aux fabricants. Et ça rue dans les brancards.


L’ANSM avance une exposition réelle au phénoxyéthanol supérieure aux estimations

La polémique dure depuis 2012. Cette année-là, l’ANSM rend un avis sur le phénoxyéthanol, attirant l’attention sur le cas particulier des produits destinés aux bébés. Considérant leur fragilité particulière, l’agence estime que la teneur maximale fixée par la réglementation (1 % de phénoxyéthanol dans le produit) ne suffit pas à protéger les tout-petits des éventuels effets toxiques pour le foie et le sang du conservateur. Elle recommande en particulier de l’exclure des produits destinés au siège (lingettes, crèmes pour le change, etc.) compte tenu de leur fréquence d’utilisation. Cette recommandation n’a cependant aucune valeur contraignante, si bien que de nombreux fabricants continuent à utiliser du phénoxyéthanol sans en tenir compte, d’autant que le SCCS, de son côté, conclut en 2016 que la dose maximale de 1 % est sûre. Au vu de cet avis, l’ANSM s’empare à nouveau du dossier. L’an dernier, se basant sur une étude inédite sur l’exposition des Français, notamment des enfants, aux produits cosmétiques, elle confirme sa recommandation de bannir le phénoxyéthanol des produits destinés au siège des bébés. Elle évoque aussi le fait que certains produits pas spécialement destinés aux tout-petits sont tout de même utilisés lors des soins prodigués par les parents : lingettes pour adultes, crèmes hydratantes, etc.

D’où la décision prise le 20 mars : les produits non rincés, « spécial bébés » ou non, contenant du phénoxyéthanol doivent désormais porter une mention selon laquelle ils ne peuvent être utilisés sur le siège des enfants de moins de 3 ans. Les fabricants ont théoriquement neuf mois pour se mettre en conformité. Sauf que, pour compliquer un peu le dossier, une telle mesure doit règlementairement être communiquée à la Commission européenne, qui doit interroger le SCCS pour savoir si elle est scientifiquement justifiée ou pas. Si les experts européens approuvent leurs homologues français, la mesure sera étendue à toute l’Union européenne, s’ils les contredisent, elle sera abrogée.


Une décision fortement contestée par les industriels

Autant dire que pas un fabricant ne se sent obligé de respecter la décision de l’ANSM. Chez Cosmed, organisme représentant les PME du secteur, on conteste la représentativité de l’étude d’exposition. De plus, une mesure de police sanitaire ne peut théoriquement être prise qu’en cas de « risque grave pour la santé humaine ». « On ose croire que s’il y avait un risque grave, les autorités ne se seraient pas contentées d’une mesure d’étiquetage, plaide Jean-Marc Giroux, président de Cosmed. Elles auraient interdit le phénoxyéthanol dans les produits destinés au siège des bébés. » De fait, la situation semble ubuesque : l’ANSM laisse le droit aux fabricants d’utiliser ce conservateur dans des lingettes spécial change, à condition d’indiquer qu’elles ne peuvent pas être utilisées pour cet usage ! Autre absurdité pointée par Cosmed : l’Agence demande l’étiquetage de tous les produits non rincés à l’exception des déodorants, des produits de coiffage et du maquillage qui, à l’évidence, ne seront jamais utilisés sur les fesses d’un tout-petit. Mais elle oublie d’ajouter aux exemptions bien d’autres produits du même ordre : crèmes antirides, autobronzants, crèmes de massage pour les pieds, antivergetures, etc., les exemples sont légion. Même type de remarques du côté de la Febea, organisme qui regroupe les poids lourds du secteur. Anne Dux, sa directrice des affaires scientifiques et réglementaires, conteste en outre l’interprétation des études toxicologiques faites par l’ANSM. Elle assure également qu’en réduisant le panel de conservateurs à disposition des industriels, les risques de résistance des bactéries aux substances restantes augmentent, ainsi que les risques d’allergie. Enfin, elle conteste la validité juridique de la décision de l’ANSM, si bien que l’organisme a décidé de demander son annulation au Conseil d’État.

Quelle attitude adopter si vous avez un tout-petit ? Utilisez pour le change un liniment ou autre produit lavant et rincez-le si possible, même s’il est indiqué que ce n’est pas nécessaire. Et bien sûr, pour choisir un produit sans phénoxyéthanol, utilisez notre appli QuelCosmetic. L’avis de l’ANSM étant plus protecteur que celui du SCCS, nous avons pris le parti de le suivre : si ce conservateur ne fait pas partie des produits que nous déconseillons pour le reste de la population, il vaut mieux l’éviter pour les moins de 3 ans.

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Fabienne Maleysson


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Contamination alimentaire toxique: Rappel massif de haricots verts
On le surnomme herbe du diable ou herbe aux sorciers. Le Datura est une plante très toxique. Au point que si vous en consommiez à forte dose, ce serait possiblement la fin des haricots. Or c’est justement dans diverses préparations à base de ce légume que la plante toxique a été retrouvée ces dernières semaines !

Tout a commencé en février 2019 quand la marque de plats préparés Comme j’aime rappelle des plats préparés « porc à la provençale et ses haricots plats », possiblement contaminés par du Datura.

Puis mi-mars, ce fut au tour de Leclerc de rappeler des haricots surgelés vendus sous la marque Notre jardin et de Carrefour pour des haricots également surgelés. Des produits des marques D’aucy et Cuisine de France sont également rappelés.

Une liste qui pourrait encore s’allonger selon la DGCCRF qui précise que l’enquête de traçabilité indique que d’autres produits devraient être concernés.

Le conditionneur de ces haricots contaminés n’est autre que la société Greenyard. Le géant belge du légume surgelé, leader européen du secteur, était déjà à l’origine via une de ses usines hongroises de la vague d’infections de Listeria en juillet dernier. Une contamination ayant entraîné 48 cas humains de Listeria dont 9 décès (aucun cas n’avait été identifié en France).

La Datura stramonium est une plante courante en France que l’on retrouve notamment en bord de champs ou dans les cultures et dont la couleur verte est assez proche de celle des feuilles de haricots. La récolte mécanique des plantes peut accidentellement laisser passer la plante même si ce type de contamination est exceptionnel, la belle empoisonneuse étant généralement détruite par les herbicides.

« Les propriétés de ses alcaloïdes atropiniques sont bien connues de la pharmacopée pour leurs propriétés antispasmodiques, explique Evelyne Ollivier, enseignante et chercheuse en pharmacognosie à l’université d’Aix-Marseille. Mais ces principes actifs (en particulier la scopolamine) sont très toxiques. » Si ces alcaloïdes sont sensibles à la chaleur, les traitements thermiques brefs ne suffisent généralement pas à les détruire selon les précisions de la chercheuse. D’après les ouvrages de référence (1), 30 à 50 graines de Datura induiraient, chez la majorité des patients, hallucinations visuelles et mydriase (125 graines correspondent environ à 1 g). À plus forte dose, les alcaloïdes peuvent entraîner des insuffisances respiratoires ou des troubles cardiaques. Selon le site du ministère de l’Agriculture et de l’alimentation, « ils peuvent entraîner une intoxication modérée persistant 8 à 12 heures ou une intoxication sévère durant 2 à 3 jours (la dilatation de la pupille étant particulièrement lente à disparaître) ».

Les autorités recommandent donc d’appeler le 15 si vous ressentez les symptômes d’une intoxication après l’ingestion d’un produit concerné par cette alerte (sécheresse de la bouche, pupilles dilatées, troubles de la vue, tachycardie, agitation, confusion, désorientation spatio-temporelle, hallucinations, paroles incohérentes).

Enfin, si vous détenez des lots de produits concernés par la mesure de retrait-rappel, ne les consommez surtout pas et ramenez-les en point de vente pour remboursement.



(1) Plantes toxiques, végétaux dangereux pour l’homme et les animaux, 3e édition, Jean Bruneton, Lavoisier 2005.
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Marie-Noëlle Delaby


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Pensions de retraite: C’est enfin possible de les demander en ligne
La mise en place de ce nouveau service est une réelle simplification pour tous les futurs retraités. Jusqu’à présent, pour demander sa retraite en ligne, plusieurs étapes étaient nécessaires. Un salarié du secteur privé qui avait également travaillé quelques années pour la fonction publique sans être titularisé par exemple, devait ainsi créer trois espaces personnels différents sur ses actuels et anciens régimes de retraite pour bénéficier de toutes ses pensions de retraite : sur Lassuranceretraite.fr pour sa pension de base de salarié et d’agent contractuel, sur l'Agirc-arrco.fr pour sa pension complémentaire de salarié et sur Ircantec.retraites.fr pour sa retraite complémentaire publique. S’il le souhaitait, il pouvait aussi choisir de se rendre dans les différents points d’accueil de ces trois régimes de retraite pour faire valoir ses droits.

Concrètement, comment procéder?



Désormais, plus rien de tout cela : pour bénéficier de toutes ses pensions, tous régimes confondus, il suffit de créer son « compte retraite individuel » sur Info-retraite.fr et de se connecter avec France Connect comme cela est le cas par exemple avec le site Ameli.fr ou avec Impots.gouv.fr. Cette nouvelle démarche vaut pour la quasi-totalité des 42 régimes que compte l’actuel système de retraite. Seuls 7 sont absents pour le moment de ce dispositif : les 4 régimes de retraite des parlementaires et de leurs assistants, le régime de retraite du Conseil économique social et environnemental, celui des allocations viagères des gérants de débit de tabac ainsi que le régime temporaire de retraite des enseignants du privé.

Prendre systématiquement les devants



Pour que cette démarche aboutisse en temps et en heure, il faut d’abord avoir atteint l’âge légal (62 ans) ou l’âge minimal d’ouverture de ses droits qui est par exemple de 60 ans pour les personnes qui peuvent s’inscrire dans le dispositif carrière longue. Il faut également effectuer sa demande de retraite non pas à la dernière minute, mais 4 à 6 mois environ avant la date d’effet souhaitée pour le premier versement des pensions. Les futurs retraités de l’éducation nationale, ceux de la fonction publique au sens large et ceux de la Banque de France ou des Industries électriques et gazières doivent toutefois s’y prendre encore un peu plus en amont : respectivement de 6 à 18 mois, 6 à 9 mois ou encore 12 mois avant.

Oser les vérifications



Avant toute demande de retraite en ligne, il est prudent d’éditer son relevé de carrière et le vérifier consciencieusement. En cas d’erreurs ou d’oublis, il est nécessaire de les faire corriger sans tarder, en téléchargeant les copies ou les PDF des justificatifs nécessaires (bulletins de salaires, copie du livret de famille pour bénéficier d’une majoration de pension pour enfants, etc.). En revanche, si le relevé de carrière et l’estimation indicative globale (à télécharger également sur Info-retraite.fr) sont complets, et si les informations personnelles vous concernant le sont aussi (date de naissance…), inutile d’attendre : une fois lancée, votre demande de retraite sera communiquée et traitée par tous les régimes auxquels vous avez été affilié. Par la suite (comptez 2 à 3 mois) vous recevrez par courrier une notification vous informant du montant de chaque pension.

Pour presque toutes les demandes de retraite…



Dans sa première version, ce service prend en compte « 95 % des demandes » selon l’Union retraite, le groupement d’intérêt public qui réunit 35 organismes de retraite de base et complémentaire. De ce fait, aujourd’hui, les demandes de retraite progressive (possible dès 60 ans sous certaines conditions), de retraite au titre du handicap, de retraite pour pénibilité ou les préretraites amiante doivent encore être effectuées, régime par régime, et de préférence sur rendez-vous, compte tenu de la plus forte complexité de ces dispositifs. Il en va de même pour les professionnels libéraux qui souhaitent liquider leurs différentes pensions à des dates échelonnées, du fait d’un âge de taux plein souvent plus tardif (65 ou 67 ans parfois) dans leurs régimes complémentaires respectifs.

Une montée en charge attendue



Enfin, les demandes de pension de réversion (4,4 millions de personnes en percevaient une, fin 2016) sont pour le moment aussi exclues de ce dispositif et aucune échéance n’a été fixée quant à cette faisabilité. Pour cette première année, l’Union retraite espère une montée en charge des demandes de retraite en ligne, avec un objectif : atteindre le cap des 120 000 demandes en ligne d’ici à la fin de l’année. Sachant qu’en 2016, pas moins de 795 000 personnes, tous régimes confondus, ont demandé à faire valoir leurs pensions de droit direct (1), cela représenterait tout de même 20 %.



(1) Source : Les retraités et les retraites, DREES, édition 2018.
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Roselyne Poznanski


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Rénovation énergétique Le crédit d’impôt 2019 enfin clarifié
Avant de faire le point sur les plafonds de dépenses, il est nécessaire de revenir sur les changements intervenus, tant les débats et les actions de lobbying ont pu semer le trouble.


Le fioul exclu du crédit d’impôt



Premier point, la messe est dite sur le fioul. Les chaudières fioul n’ont définitivement plus droit au crédit d’impôt. Les réintroduire aurait d’ailleurs été un non-sens, le ministre de la Transition écologique ayant annoncé en janvier dernier vouloir éradiquer le chauffage au fioul, trop polluant.


Crédit d’impôt pour les fenêtres : nouvelles conditions



Second point, après avoir été supprimé au second semestre 2018, le crédit d’impôt est réintroduit sur les fenêtres. Mais attention, son taux est seulement de 15 %, avec un plafond de dépenses fixé à 650 € TTC par fenêtre. Pour y avoir droit, il faut impérativement que les nouvelles viennent en remplacement de fenêtres à simple vitrage. Si les professionnels du secteur ont en partie gagné le bras de fer qui les opposait au ministère de la Transition écologique, les garde-fous posés visent à limiter les effets d’aubaine et les marges colossales réalisées en vente et pose de fenêtres.


Crédit d’impôt à 30 % plafonné



Concernant le crédit d’impôt de 30 %, il est limité à des plafonds de dépenses pour certains travaux, notamment les plus courants :

3 350 € TTC pour une chaudière à condensation (hormis au fioul) dotée d’un rendement en chauffage d’au moins 92 %.
3 000 € TTC pour un chauffe-eau thermodynamique. Mais 4 000 € TTC, en incluant la pose, pour les ménages modestes dont les revenus entrent dans les limites définies par l’Agence nationale de l’habitat (Anah).
150 € TTC/m2, matériel et main-d’œuvre compris, pour l’isolation par l’extérieur.
100 € TTC/m2, matériel et main-d’œuvre compris, pour l’isolation par l’intérieur.

Les ménages modestes ont également droit à 50 % de crédit d’impôt sur la dépose de leur cuve à fioul.

Rappelons enfin que tant qu’à faire des travaux d’isolation, il ne faut jamais lésiner sur l’épaisseur de l’isolant. Ajouter quelques centimètres ne coûte pas cher. Il faut un minimum de 30 cm dans les combles, plus si l’isolant est projeté car il va se tasser, 15 à 20 cm pour l’isolation des murs par l’extérieur, 15 cm pour l’isolation du plancher bas.
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Élisabeth Chesnais


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Pneus renforcés: Mauvais sur route mouillée
Affublés de la lettre C (pour Commercial ou Cargo avec mention Reinforced ou Extra Load -XL- sur leurs flancs), les pneumatiques renforcés 215/65 R16C sont appelés à supporter une forte charge. Ils sont particulièrement destinés aux véhicules utilitaires légers ainsi que leurs variantes pour particuliers comme le Renault Traffic Combi, le Master Transport de personnes ou encore le Volkswagen Multivan. Grâce à leur construction interne adaptée, ces pneumatiques possèdent un indice de charge inférieur ou égal à 128, c’est-à-dire une charge maximale acceptable inférieure ou égale à 1 800 kg. Mais si nos tests confirment leur très bonne résistance à l’usure, ils mettent en avant leur contre-performance sur route mouillée. La sentence est alors terrible : sur les 15 modèles testés, 8 sont éliminés et déconseillés à l’achat !

Pneus durs = pneus glissants


Le plus difficile pour un pneu est de répondre à une multitude de critères alors que certains sont antagonistes. Le casse-tête pour les manufacturiers est alors de réaliser des enveloppes capables d’y répondre sans compromis. Par exemple, plus un pneu est dur, plus il sera résistant à l’usure et sera capable de supporter de charge, mais moins il sera confortable et efficace sur la pluie ou la neige. Notre test du Sava Trenta 2 le démontre. Il est capable de parcourir plus de 80 000 km avant de devoir être remplacé. Un record. Mais ce pneu très résistant écope de scores médiocres () en freinage et tenue de route sur le mouillé et s’avère mauvais () en virage dans ces mêmes conditions. Seule la résistance à l’aquaplaning est acceptable avec une . On retrouve des résultats similaires pour les 7 autres enveloppes que nous déconseillons à l’achat. Notre test montre aussi que tous les modèles se montrent relativement bruyants avec une seule sur ce critère. Rien d’illogique, puisque si un pneu ne peut pas se déformer facilement, il devient plus bruyant. Pour couronner le tout, il faut savoir que pour ces enveloppes « C », les mesures pour l’étiquetage sont moins exigeantes que celles des pneus pour véhicule de tourisme. Ainsi, un indice de freinage A pour un pneu renforcé correspond plutôt à un indice B ou C selon les critères appliqués aux pneus de tourisme. Les fabricants de pneumatiques devraient donc s’atteler à obtenir des performances minimales sur route mouillée de leurs pneus renforcés et faire passer les aspects de sécurité avant les aspects purement commerciaux tels que la longévité des pneus, surtout recherchée par les professionnels et les gestionnaires de flottes plutôt que par les particuliers qui privilégient la sécurité.

Remplacement impossible


Dommage pour les utilisateurs qui n’ont d’autre choix que d’utiliser ces pneus renforcés sur leur véhicule. Légalement, il n'est en effet pas possible de remplacer un pneumatique type C par un pneumatique standard. L'article 3.4 de l'arrêté du 24 octobre 1994 stipule qu'il est interdit de monter sur les véhicules automobiles et leurs remorques visés par le titre II du code de la route « des pneumatiques sur lesquels figurent un indice de capacité de charge ou un symbole de catégorie de vitesse inférieurs aux capacités maximales prévues par le constructeur du véhicule ». Le TNPF (Travaux de normalisation du pneumatique pour la France, organisme qui regroupe plusieurs manufacturiers) précise de son côté que « ces pneumatiques ne sont pas homologués selon les mêmes règlements et par conséquent aucune équivalence ne saurait être établie entre eux. De plus, cette substitution pourrait modifier le comportement du véhicule ». Les conducteurs, obligés d’utiliser ces types de pneus peu efficaces sur route mouillée, devront donc prendre un maximum de précautions et anticiper au mieux pour éviter les déconvenues.

Les 8 pneus renforcés dont nous déconseillons l’achat

Uniroyal RainMax 3
Falken Linam Van01
Michelin Agilis+
Nexen Roadian CT8
Sava Trenta 2
Semperit Van-Life 2
Hankook Vantra LT
Kleber Transpro

→ Voir les résultats complets de notre test pneus renforcés

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Yves Martin


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Arnaque en ligne: Le vol de formulaire agit en secret
L’arnaque au formjacking, ou vol de formulaire, est invisible mais bien réelle. De quoi parle-t-on ? Des hackers s’infiltrent dans le code de sites d’e-commerce afin de dérober les données personnelles des visiteurs. Lorsqu’un internaute entre ses coordonnées pour procéder à un paiement en ligne, ses informations (nom, adresse, coordonnées bancaires…) sont aspirées en direct lors de l’opération d’achat par le programme malveillant, qui enregistre les touches frappées. Sauf que cette arnaque est indétectable : le consommateur finalise sa commande, sans moyen de déceler le piratage, qui ne laisse aucune trace. Seuls des débits frauduleux sur le relevé de compte le révèleront enfin, mais trop tard. L’entreprise Symantec, qui édite des solutions de sécurité informatique, recense dans un récent rapport sur les menaces à la sécurité Internet (« Internet Security Threat report ») une augmentation du nombre d’attaques par formjacking, avec 4 800 sites Internet touchés par mois en 2018. Un chiffre à relativiser selon Jérôme Notin, directeur général de la plateforme Cybermalveillance : « Ce n’est pas forcément énorme. Mais si un gros site est attaqué, le nombre de victimes peut monter très vite. » En effet, Ticketmaster a vu plusieurs dizaines de milliers de ses clients anglais se faire voler leurs coordonnées bancaires via ce procédé l’an passé. Les hackers avaient infiltré le code d’un prestataire (support client) de la billetterie en ligne. Comme le rapportent nos homologues anglais Which?, la banque Monzo a sonné l’alerte après avoir constaté une quantité croissante de fraudes, dont une grande partie émanaient de personnes ayant effectué un achat sur Ticketmaster entre décembre 2017 et avril 2018.

British Airways victime de formjacking



La compagnie aérienne British Airways a également été la cible d’un tel piratage l’année dernière : l’attaque, qui a sévi durant plusieurs mois avant que l’entreprise ne s’en rende compte au mois de septembre, a touché 244 000 personnes. La compagnie a assuré à ses clients qu’elle rembourserait toute victime volée. L’ICO (« Information Commissioner’s Office », l’équivalent de la Cnil en Angleterre) enquête sur ce dossier et « pourrait infliger une amende pouvant aller jusqu’à 4 % du chiffre d’affaires mondial, s’il pensait que British Airways était en faute », exposait Which? dans un article du 25 octobre 2018. Une sanction conforme aux dispositions du Règlement général sur la protection des données (RGPD) en vigueur depuis le 25 mai 2018, qui représenterait dans ce cas près de 500 millions de livres.

Effets à retardement



Les dommages causés par ce type de vol sont rarement immédiats. Une fois les informations récoltées, les hackers les vendent à des réseaux mafieux, qui vont ensuite s’en servir pour effectuer des achats frauduleux ou mener des campagnes de phishing. Le remboursement ne sera pas automatique. La banque ne peut pas plaider la négligence du consommateur qui se verrait dérober de l’argent, car le piratage s’effectue en sous-marin lors d’un véritable achat. Mais de son côté, l’internaute ne peut pas prouver qu’il s’est fait aspirer ses données. Le RGPD oblige cependant les sites à informer leurs visiteurs victimes de toute « violation de données à caractère personnel » qui comporte un risque (article 34). Averti, le client peut notamment prévenir sa banque, qui peut à son tour surveiller les mouvements suspects sur son compte et remplacer la carte bancaire.

Que faire si vos données personnelles sont volées



Éviter de tomber dans un tel piège s’avère ardu. Un antivirus installé sur l’appareil de l’internaute ne pourra ni empêcher ni détecter l’attaque qui est à l’œuvre sur le serveur du site d’e-commerce et non dans l’ordinateur ou le smartphone de l’utilisateur.

Préférez les systèmes de paiement en ligne dotés d’une sécurisation renforcée comme le 3D-Secure (code unique de validation reçu par SMS).

Si vous apprenez avoir été victime de cette arnaque, prévenez immédiatement votre banque, qui pourra surveiller votre compte et sera plus à même d’accepter de rembourser ce paiement non autorisé en ayant connaissance du problème. Elle procédera éventuellement au changement de votre carte.

Changez vos identifiants de connexion sur le site concerné. Si vous utilisez le même mot de passe pour d’autres sites, changez-le également.

Usurpation du numéro de carte, le danger numéro 1



Dans son dernier rapport annuel (données 2017), l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (Banque de France) précise que « l’usurpation de numéros de cartes pour réaliser des paiements illicites reste toujours la principale origine de la fraude sur le paiement et le retrait par carte » (66 % en montant). Le phishing et les malwares, dont le formjacking fait partie, représentent les techniques les plus fréquentes pour y parvenir. De telles arnaques posent la question de la sécurisation des données des utilisateurs. « Le temps où un site “https” était sécurisé est terminé. Ce n’est plus vrai du tout », déclare Jérôme Notin, observant la facilité d’obtention d’un tel certificat aujourd’hui pour les sites. Revient donc aux e-commerçants la responsabilité de se prémunir des attaques, notamment depuis l’entrée en vigueur du RGPD, le 25 mai 2018, en déployant des systèmes comme le 3D-Secure. De tels « dispositifs d’authentification forte », désormais rendus obligatoires par la directive européenne sur les services de paiement (DSP2) entrée en vigueur en 2018, expliquent une baisse du montant des fraudes, indique l’observatoire. La somme des fraudes concernant les paiements à distance par carte bancaire (transactions nationales) s’élève à 131,9 millions d’euros en 2017, contre 152,3 millions d’euros en 2016.

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Marie Bourdellès


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Alimentation bio: Les jeunes consommateurs rebattent les cartes
« Le bio n’est plus un phénomène de mode mais de société », a déclaré Florent Guhl, président de l’Agence Bio, en introduction de la conférence annuelle présentant les chiffres-clés de la filière. Selon les résultats de cette enquête en ligne portant sur 2 000 Français de 18 ans et plus (représentatifs de la population nationale), le nombre de consommateurs de bio en France reste globalement stable par rapport à l’an dernier. Ainsi 71 % des Français consommeraient des aliments bio au moins une fois par mois, les consommateurs quotidiens étant en léger recul (12 %).

Le baromètre souligne cependant des écarts géographiques. Les régions les plus consommatrices sont la Bretagne (77 % de consommateurs réguliers), l’Île-de-France (77 %) et l’Auvergne-Rhône-Alpes (75 %), quand les Hauts-de-France plafonnent à 61 %. « La production et la consommation de bio sont fortement corrélées », analyse Florent Guhl.

Bien-être animal et environnement : de nouvelles incitations à consommer bio

L’agence s’est également intéressée aux « nouveaux » consommateurs définis par l’enquête comme achetant bio depuis moins d’un an. En forte progression, ils sont passés de 9 % en 2017 à 17 % en 2018. Parmi les populations récemment converties, les 18-24 ans sont les plus représentés, devant les personnes à faibles revenus (20 %) et les femmes (19 %).

Autre enseignement, les motivations des jeunes consommateurs les poussant à se tourner vers le bio sont sensiblement différentes de celles de leurs aînés. Les premiers invoquent davantage des raisons éthiques et de bien-être animal quand les seconds s’attachent plus à préserver leur santé et sont à la recherche d’aliments de qualité et goûteux. La protection de l’environnement s’avère en revanche un levier majeur pour toutes les générations de consommateurs.

Des produits toujours perçus comme trop chers et pas assez transparents

Pas de surprise non plus du côté des freins à la consommation de bio : le prix s’avère problématique pour 84 % des jeunes consommateurs, même si 43 % estiment normal de payer plus cher un produit bio.

Un point d’autant plus sensible pour la filière qu’ont lieu actuellement et jusqu’à fin février 2019 les négociations commerciales annuelles entre la grande distribution – qui concentre 81 % des achats bio en France – d’une part et les producteurs et transformateurs en bio d’autre part. Selon le Synabio, syndicat regroupant des transformateurs et réseaux de distributions bio, 28 % des entreprises alimentaires bio se voient aujourd’hui réclamer des baisses de tarifs par la grande distribution avant toute négociation. « Le bio est désormais au cœur de la stratégie des grandes enseignes, et fait son entrée dans la fameuse "guerre des prix" qu’elles se livrent », analyse le syndicat qui craint que les distributeurs se tournent vers des offres moins chères extérieures à la France. « Tirer les prix vers le bas n’est pas la solution : on a vu ce que cela a donné en conventionnel, mettant à genoux les producteurs français », s’alarme Didier Perréol, vice-président de l’Agence bio et administrateur de Synabio. À défaut d’une baisse des prix de vente, ce dernier prône plus de clarté pour le consommateur sur les marges, citant en exemple la marque C’est qui le patron qui joue la transparence dans la formation de ses prix et vient de sortir récemment un beurre, première référence bio de la gamme.

Un effort de transparence indispensable alors que ce nouveau baromètre révèle également une confiance mitigée des consommateurs de tout âge vis-à-vis des produits bio. Les principaux reproches faits à la filière sont un manque de clarté sur la réglementation bio, la certification et les contrôles des produits et, enfin et surtout, au sujet de l’origine des produits bio. Si les aliments made in France ne font généralement pas secret de leur origine, les consommateurs en ont assez du manque de traçabilité des produits transformés non français. Une opacité qui les condamne à buter le plus souvent sur un énigmatique sigle UE ou Hors-UE pour toute information sur l’origine du produit.

Système de production à repenser

Ce problème de traçabilité ne se limite certes pas aux produits estampillés AB. Mais qui pense bio pense souvent circuit court et de proximité. Or la France est encore loin d’être autosuffisante en bio sur certaines familles d’aliments. Notamment les fruits et légumes et les céréales. « Nos besoins en blé meunier ont grimpé de 15 % l’an dernier alors que la production française [en raison notamment de maladies comme la rouille et d’aléas climatiques, ndlr] a reculé de 30 % », constate sans détour Olivier Deseine, directeur du Moulin de Brasseuil qui produit de la farine bio pour la boulangerie en Île-de-France. La filière céréale va devoir repenser en profondeur son système de production alors que la loi alimentation parue en 2019 vient d’annoncer un plan de transformation des filières dont l’objectif est de doubler les surfaces de grandes cultures bio d’ici 2022.

Enfin côté fruits et légumes, le maraîchage français se butte essentiellement à la concurrence des produits de contre-saison. Difficile de faire avaler des poireaux à des consommateurs qui voudraient des tomates toute l’année. Mais les mentalités évoluent, rappelle l’Agence qui constate que 58 % des déclarants de l’enquête disent acheter plus de produits de saison. De bonnes résolutions dont la grande distribution compte bien tirer parti, Carrefour ayant annoncé le 5 février 2019 expérimenter pendant 3 mois une offre en fruits et légumes uniquement de saison dans l’ensemble du parc de Carrefour bio et dans 8 hyper et supermarchés de l’enseigne.
Lire aussi

Voir aussi: Le dossier de l'UFC consacré à l’alimentation bio
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Marie-Noëlle Delaby


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Lunettes antilumière bleue: Une efficacité décevante
Si vous avez acheté récemment une paire de lunettes, on vous a sûrement proposé un traitement antilumière bleue. Peut-être même que l’opticien (voir notre vidéo), à l’aide d’un laser, a tenu à vous démontrer l’efficacité des verres ainsi traités. En réalité ces expériences ne prouvent strictement rien.



La lumière bleue présente en grande quantité dans la lumière qui émane de nos écrans d’ordinateurs ou des smartphones est soupçonnée d’effets nocifs sur la rétine et les rythmes chronobiologiques. Les informations très alarmistes autour de la question incitent les personnes qui utilisent souvent ordinateurs et smartphones à s’équiper de verres filtrants. Ils sont disponibles sur les lunettes de vue mais les opticiens vendent aussi des modèles antilumière bleue sans correction. Pour avoir une idée de leur efficacité, nous avons testé deux de ces modèles : celui de Krys (eProtect, 39 €) et celui d’Afflelou (Blueblock, 39 €). En suivant la norme servant à déterminer la dangerosité des ampoules LED (1), nous avons mesuré la différence entre la lumière bleue émanant de l’écran d’un ordinateur et d’une tablette sans, puis avec, ces verres filtrants. Les résultats ont été convertis en temps pendant lequel il est possible de regarder l’écran avant que cela devienne dangereux pour la rétine.

Le bilan est très décevant : on gagne seulement entre 14 % (Krys) et 17 % (Afflelou) de temps avant dangerosité. Autrement dit, si le temps avant dangerosité calculé selon la norme est de 1 heure sur un écran, il sera d’à peine 1 h 10 avec ces lunettes. Nous n’avons pas pu tester les traitements de verre proposés par Essilor aux porteurs de lunettes de vue car il aurait fallu mesurer sur les mêmes verres avec et sans traitement. Mais le fabricant nous a précisé que la protection de ses verres Eye Protect System s’élevait à 20 % environ, en phase avec nos résultats sur ses concurrents.

Pour ceux qui sont vraiment inquiets, à tort ou à raison, des solutions gratuites et plus efficaces sont disponibles pour diminuer leur exposition.

(1) Norme IEC 62778 pour l’évaluation du risque lié à la lumière bleue.
UFC Que Choisir en ligne
Fabienne Maleyson


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Alimentation: Les aliments ultra-transformés augmentent le risque de mortalité
Après une série d'études en 2018 sur nos pratiques alimentaires et leurs conséquences sur la santé, par exemple sur l’alimentation bio, l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle Eren (1) a publié son nouvel opus dans la prestigieuse revue JAMA Internal Medicine. Le suivi épidémiologique de 44 551 volontaires de plus de 45 ans (2) entre 2009 et 2017, dans le cadre de l'étude NutriNet Santé, montre « une association statistiquement significative » entre une hausse de la consommation d’aliments ultra-transformés (AUT) et un accroissement de la mortalité, toutes causes confondues et après prise en compte de nombreux facteurs socio-démographiques et de modes de vie (niveau d’étude, revenu, activité physique, consommation d’alcool, antécédents familiaux de pathologies chroniques…).

Les régimes alimentaires des volontaires ont été relevés sur les deux premières années de l’étude. Les AUT représentaient en moyenne 14 % du poids total des aliments, mais 29 % de l’apport énergétique total. Leur consommation est plus importante chez les jeunes, les catégories sociales avec un revenu et un niveau d’études plus faibles, les célibataires, les personnes plus corpulentes ou avec une activité physique moindre. Parmi ces 44 551 volontaires en début d’étude, 602 décès ont été enregistrés entre 2009 et 2017, et leurs causes documentées.

Liens avec les pathologies



« Il est déjà avéré que des aliments riches en gras, en sel et en sucre sont mauvais pour la santé, rappellent Bernard Srour et Mathilde Touvier, chercheurs à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et deux des co-auteurs de l’étude. Or les AUT sont en général denses en énergie, riches en sucres, sel et en gras, et pauvres en fibres et vitamines. » Ce qui pourrait expliquer cette association entre AUT et mortalité. Mais « l'association persiste après prise en compte de ces aspects nutritionnels des AUT, soulignent les chercheurs. Ce qui signifie que d'autres mécanismes pourraient être invoqués. » Ils avancent plusieurs hypothèses :

Une présence fréquente d’additifs, dont les conséquences sur la santé sont encore mal connues. Certains, comme le dioxyde de titane, pourraient être associés à une inflammation chronique de l’intestin et à certains cancers. D’autres, comme certains émulsifiants, pourraient altérer la flore intestinale, engendrant des inflammations et des désordres métaboliques. Ces additifs sont régulièrement évalués par les autorités françaises (Anses) et européennes (Efsa), qui se basent sur la littérature scientifique existante pour conclure ou pas à leur innocuité. Cependant, « sauf rares exceptions pour quelques substances, il n’existe pas d’étude évaluant l’exposition chronique aux additifs et les liens avec le risque de pathologies chroniques chez l’homme, rappelle Bernard Srour. De plus, les potentiels effets cocktails dus à l’exposition simultanée à plusieurs additifs alimentaires sont encore moins connus. »

→ Base de données Que Choisir : Évaluation Additifs alimentaires

La présence de composés néoformés créés lors des processus de transformation des aliments (comme l’acrylamide, l’acroléine ou les hydrocarbures aromatiques polycycliques). Or, certains sont suspectés d’être cancérogènes et génotoxiques.
Certains plastiques et encres des emballages, en contact avec les aliments, sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens en cas de migration vers les aliments (nos analyses sur la migration des emballages alimentaires).


Une probable sous-estimation des risques



Les chercheurs soulignent également les limites de l’étude, comme c’est l’usage dans toute publication scientifique. Tout d'abord, cette étude épidémiologique, basée sur l'observation et non des essais cliniques (3), ne permet pas d'établir de lien de causalité, elle ne peut qu'établir des arguments en faveur d'un lien causal. Ensuite, la cohorte étant constituée de volontaires, les personnes soucieuses d’une alimentation équilibrée sont sans doute surreprésentées dans l'étude. De plus, cette recherche d’alimentation équilibrée est souvent associée à une meilleure hygiène de vie en général. Ce qui signifie que « l’étude aurait plutôt tendance à sous-estimer la force des associations », souligne Bernard Srour, c'est-à-dire que « ces associations seraient peut-être plus fortes dans la population globale, où les consommations sont encore plus contrastées entre forts et faibles consommateurs d’AUT ».

Quant à la fiabilité des réponses récoltées par Internet pour le suivi de la cohorte NutriNet, elles limitent à ce que les chercheurs nomment « le biais de désirabilité sociale » : face à un enquêteur en chair et en os, les personnes sondées ont tendance à déclarer des pratiques plus saines que dans la réalité.

Autres biais possibles, des erreurs de classement sur le degré de transformation des aliments, ou encore une puissance statistique limitée par le faible nombre de décès. Pour autant, ces limites ne suffisent pas à remettre en cause ses conclusions générales.

Santé publique France prend d’ailleurs en considération plusieurs études de l’Eren lorsqu’elle publie ses recommandations nutritionnelles. Dans son tout dernier Programme national nutrition santé (PNNS 4), il est pour la première fois recommandé de limiter fortement la consommation d’AUT et de privilégier les produits bruts.

Qu’est-ce qu’un aliment ultra-transformé ?



Les produits ultra-transformés sont des aliments qui ont subi un haut degré de transformation par des procédés industriels (hydrogénation, hydrolyse, extrusion, prétraitement par friture) et auxquels sont ajoutées des substances qui ne sont pas à disposition des consommateurs dans les commerces alimentaires, comme des huiles hydrogénées, des amidons modifiés, des additifs (colorants, émulsifiants, texturants, édulcorants…). Formulés pour être goûteux et microbiologiquement sains, ils se caractérisent en général par une qualité nutritionnelle plus faible : ils sont plus riches en sel, sucre et acides gras saturés, et plus pauvres en fibres et vitamines. Ils sont souvent portés par un marketing fort, avec des emballages colorés et attrayants, destinés à attirer l’attention des consommateurs, en particulier des enfants.

Quelques exemples de listes d'ingrédients de produits ultra-transformés (de gauche à droite, mousses au chocolat La Laitière, saucisses de Strasbourg Stoeffler, poulet purée pommes de terre Leader Price).

(1) Associant l’université Paris-XIII, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam).
(2) Âge à partir duquel les problèmes de morbidité et de mortalité augmentent significativement.
(3) Une étude clinique est impossible en pratique et éthiquement, car il faudrait alimenter un groupe de personnes avec des AUT durant plusieurs années, et comparer les pathologies apparues avec un groupe témoin.
UFC Que Choisir en ligne
Elsa Casalegno


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Protection des abeilles: Une réglementation sur les pesticides trop laxiste
Dans un avis qui vient d’être publié, l’Anses rappelle que « les abeilles et autres pollinisateurs jouent un rôle crucial dans la biodiversité et l’agriculture » et que leur protection vis-à-vis des produits phytopharmaceutiques est une priorité.

Or la réglementation actuelle sur les pesticides est inadaptée, elle ne protège pas les abeilles, toutes les données de surveillance sur les colonies et les ruchers le prouvent. Des mortalités massives continuent à se produire et 76 % des échantillons de pollen sont contaminés.

L’Agence émet donc des recommandations précises pour renforcer la réglementation et mieux encadrer l’usage des pesticides. C’est ainsi qu’actuellement, seule la pulvérisation d’insecticides et d’acaricides est interdite pendant les périodes de floraison. L’Anses préconise d’étendre cette interdiction à l’ensemble des pesticides pulvérisés, fongicides et herbicides compris. Une interdiction qui doit aussi s’appliquer aux substances actives systémiques utilisées en pulvérisation avant floraison ou en traitement de semences.

Puissance du lobby agricole

L’Union nationale de l’apiculture française a aussitôt salué « une avancée importante » et réclame « une refonte urgente de la réglementation ».

La logique voudrait qu’elle intervienne rapidement, ce sont en effet les ministres de l’Agriculture et de la Transition énergétique qui avaient saisi l’Anses. Le moins qu’ils puissent faire serait de suivre son avis. Reste que les lobbys de l’agriculture intensive sont à l’affût. En 2014 déjà, quand le ministre de l’Agriculture d’alors a voulu imposer que les pulvérisations de pesticides n’aient lieu qu’à la tombée de la nuit, une mesure proposée par l’Anses, il a reculé face à la levée de boucliers de la FNSEA, le principal syndicat agricole. Ses successeurs oseront-ils l’affronter ? Le déclin préoccupant des abeilles l’impose, c’est la survie de ces indispensables pollinisateurs qui est en jeu.
UFC Que Choisir en ligne
Élisabeth Chesnais


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