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Accueil > Liste des articles publiés en 9 / 2019:

Épandage de pesticides: Des distances de sécurité insuffisantes
On peut voir le verre à moitié plein et se féliciter de la décision du gouvernement. Il prévoit en effet de protéger la santé des riverains en imposant des zones sans traitement phytosanitaire aux agriculteurs, à proximité des habitations. C’est une mesure salutaire très attendue, qui n’avait jamais encore été prise. Ceci dit, elle n’a rien de spontané, elle intervient après la fronde de quelques maires soucieux de protéger leurs administrés. Mais surtout, elle répond à une exigence du Conseil d’État. La haute juridiction administrative avait en partie retoqué l’arrêté du 4 mai 2017 réglementant l’utilisation des pesticides en juin dernier. Ses motifs ? Une protection insuffisante de la ressource en eau d’une part, et des riverains de zones traitées d’autre part. « Or ces riverains, précisait le Conseil d’État, doivent pourtant être regardés comme des habitants fortement exposés aux pesticides sur le long terme. » Le gouvernement était sommé de publier un arrêté plus protecteur dans les 6 mois. La création de distances de sécurité sans épandage de pesticides s’inscrit dans ce cadre.

Pourtant, à lire les projets de décret et d’arrêté, il est assurément plus réaliste de voir le verre à moitié vide. Les distances sans traitement prévues sont seulement de 5 mètres pour les cultures dites basses, céréales, légumes, et de 10 mètres pour les cultures hautes, vignes, arbres fruitiers. De plus, ces distances pourront respectivement être réduites à 3 et 5 mètres dans le cadre des chartes d’engagement départementales qui vont se négocier entre agriculteurs, élus locaux et riverains.

Lobbying de la FNSEA

Le gouvernement a beau jeu de souligner qu’il s’appuie sur les distances préconisées par un récent rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation et de l’environnement (Anses). Il dit vrai, mais l’Agence a travaillé sur des données qui datent, les travaux d’actualisation étant en cours ! Il aurait pu se référer aux distances très supérieures préconisées par la Direction générale de l’alimentation (DGAL), une direction du ministère de l'Agriculture. En 2016, elle a ciblé la protection des espaces fréquentés par les enfants, les élèves, et tous les établissements de santé, quel que soit le public accueilli. Pour obtenir moins de 1 % de dérive du produit phytosanitaire utilisé, elle fixait les distances sans épandage de pesticides à 5 mètres pour les céréales et les légumes, mais à 20 mètres pour la viticulture et à 50 mètres pour l’arboriculture.

Voilà des distances plus adaptées que celles qui sont proposées, mais la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) a une nouvelle fois gagné la partie, n’hésitant pas à annoncer une multitude de « zones de gravats et de déchets de chantier » dans les espaces sans traitement. Il est assez pathétique de constater qu’en 2019, le principal syndicat représentatif des agriculteurs n’imagine toujours pas de zones cultivées sans pesticides !

Donnez votre avis !

Vous pouvez donner votre avis sur le projet de décret et d’arrêté du gouvernement jusqu’au 1er octobre sur :

http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/consultation-publique-sur-un-projet-de-decret-et-a2032.html

L’UFC-Que Choisir vous invite à participer à cette consultation, les distances de zones non traitées sont en effet trop limitées dans le projet actuel. Elles ne sont pas suffisantes pour protéger les riverains. Obtenir les distances préconisées par la DGAL en 2016 serait un progrès énorme.

UFC Que Choisir en ligne
Élisabeth Chesnais


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Consigne des bouteilles en plastique: Le drôle de jeu du gouvernement
Entendre la secrétaire d’État Brune Poirson sur France Inter le 24 septembre dernier avait de quoi laisser pantois. Interrogée sur son projet de consigne des bouteilles en plastique et les oppositions qu’il suscite, elle a attaqué « le lobby des gros recycleurs » qui envoie « le plastique en Afrique et en Asie » ! Un propos éminemment populiste qui marche à tous les coups, mais en l’occurrence c’est surtout une énorme contre-vérité.

Les bouteilles en plastique se recyclent bien

Car si l’exportation de déchets existe, notamment celle de plastiques, elle ne concerne en aucun cas les bouteilles. Cette filière de collecte, de tri et de recyclage est même en France celle qui fonctionne le mieux, à l’exception du verre qui bat tous les records. Contrairement à tous les autres plastiques, les bouteilles sont faciles à trier et elles intéressent les recycleurs. Leur PET clair est d’ailleurs le matériau qui rapporte le plus aux centres de tri des collectivités locales. Alors pourquoi s’en prendre à cette filière qui fonctionne ?

De la part de Danone, Coca-Cola, Nestlé et autres producteurs d’eau et de sodas, c’est compréhensible. L’image du plastique se dégradant à grande vitesse, instaurer la consigne, un geste a priori plébiscité par le grand public, c’est le moyen idéal pour l’assimiler à la bonne image de marque du verre, qui fut longtemps consigné. De plus, c’est moins cher que la publicité puisque les consommateurs financeront le dispositif et surtout, ça détourne l’attention du débat de plus en plus insistant sur le « trop-plein de plastiques jetables » qui les concerne au premier chef.

De son côté, le gouvernement met en avant le tri insuffisant des bouteilles en plastique, face aux impératifs européens fixés à 90 %... à l’horizon 2029. De fait, on n’est qu’à 57 % actuellement, mais ce taux cache de grandes disparités. En collecte sélective auprès des ménages, on atteint en réalité 74 %, et des collectivités locales passées à la redevance incitative sont même au-dessus de 80 %, autrement dit pas loin du but.

Les vraies coupables : les bouteilles en plastique à emporter non triées !

En réalité, l’essentiel du gisement de bouteilles en plastique non trié et non recyclé vient d’ailleurs. Il s’agit de tout ce qu’on consomme hors de chez soi, dans les fast-foods, les stands de vente à emporter, les stades, les festivals, les gares, sur les lieux de travail, dans les distributeurs automatiques… Tous ces déchets se retrouvent jetés dans la nature, envoyés en décharge ou à l’incinération, et pour une raison simple. Aucune collecte sélective n’a jamais été imposée à tous ces professionnels. Or s’il reste un gisement de bouteilles plastiques qu’il faut trier pour atteindre les 90 %, c’est bien celui-là. Contraindre tous ces acteurs économiques au tri serait autrement moins coûteux pour les consommateurs et pour les contribuables que de leur faire financer de multiples bornes de consigne, qui de surcroît priveront les centres de tri de leur principale recette.

Quant au « geste pour la planète » invoqué par le gouvernement pour défendre la consigne, il existe au moins autant quand on met ses bouteilles dans le sac ou le conteneur de tri sélectif !

2 millions de tonnes d’emballages plastiques non recyclables contre 350 000 tonnes de bouteilles

Si le gouvernement veut vraiment s’attaquer aux plastiques, il a de quoi faire. Il serait bien inspiré d’instaurer une consigne sur les 2 millions de tonnes d’emballages plastiques non recyclables (contre 350 000 tonnes de bouteilles), qu’il s’agisse des pots de yaourts, des barquettes, alimentaires ou pas, des bouteilles de lait en PET opaque, des blisters, des sacs et films plastiques… Ces plastiques-là n’étant pas valorisables par les centres de tri, il serait pertinent de les renvoyer à leurs producteurs qui ne se donnent même pas la peine de les concevoir en matériau recyclable.

Enfin, si le gouvernement veut réellement privilégier le réemploi comme il le prétend, instaurer une consigne sur les bouteilles en verre, qui sont réutilisables 20 fois après lavage, serait pertinent si on ne leur fait pas traverser la France. De même que limiter drastiquement la vente de bouteilles en plastique, via une écotaxe dissuasive par exemple, en faisant la promotion de l’eau du robinet.
UFC Que Choisir en ligne
Élisabeth Chesnais


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